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Christian Laettner Duke Blue Devils Kentucky The Shot Elite 8 1992
(Crédit photo : The Washington Post)

“Midnight Throwback” : le replay (complet) de Duke-Kentucky lors de l’Elite 8 1992

La MoC Madness est off aujourd’hui. Un jour de repos pour nos joueurs. Mais, aucune inquiétude, on vous propose de revivre quelques matchs de légende de l’histoire de la March Madness. Deuxième arrêt : en 1992, pour un duel de légende entre Duke et Kentucky.

Un “Retour vers le Futur”, édition Midnight on Campus.

28 mars 1992, Philadelphie.

The Shot.

Réception, feinte sur sa droite, dribble, demi-tour à 180 degrés et… l’inimaginable s’en suit. Un tir inscrit dans la légende du basketball universitaire.

C’était il y a presque 30 ans maintenant, mais, le geste de Christian Laettner est encore et restera dans toutes les mémoires pour longtemps. En ce soir de printemps sur la côte est des Etats-Unis, dans un Spectrum rempli de 18.000 fans en délire, le basketball est devenu une oeuvre d’art.

Le “back-to-back” de Mike Krzyzewski à Duke

Duke contre Kentucky.

C’est évidemment un classique entre 2 powerhouses légendaires. Et les voir s’affronter lors de l’Elite 8 de la March Madness en 1992 est un privilège. Pourtant, leurs parcours sont différents. Les Wildcats doivent se racheter d’un passé terni par les scandales tandis que les Blue Devils sont à la recherche d’un back-to-back.

Arrivé en 1981 (oui, cela fait bien 40 ans qu’il entraine cette équipe), Mike Krzyzewski est confronté à un début délicat à la tête de Duke. Alors que Bill Foster, son prédécesseur, avait terminé sa carrière chez les Blue Devils avec 3 participations à la Grande Danse, il connaît 3 premières saisons difficiles.

17, 10 et 11 victoires pour des bilans toujours négatifs en matchs de conférence.

Mais c’est bel et bien dans la douleur que Mike Krzyzewski inculque la culture de la gagne au programme. De 1985 à 1990, les Blue Devils arrivent à chaque fois jusqu’au Final Four, excepté en 1987, avec une élimination au Sweet Sixteen face à Indiana, le futur champion.

Il manque toujours un petit rien pour monter sur la plus haute marche.

Un petit rien comblé par une génération dorée. En 1991, Duke remporte le National Championship contre Kansas (72-65) après avoir éliminé UNLV en demi-finale dans une autre rencontre de légende.

Mike Krzyzewski Christian Laettner Duke Blue Devils 1992
(Crédit photo : Eric Risberg – Associated Press)

Un an plus tard, les Blue Devils reviennent encore plus fort. 75% du collectif est de retour sur le campus de Durham.

En tête de liste, Christian Laettner (21.5 points et 7.9 rebonds), Bobby Hurley (13.2 points et 7.6 passes) et Grant Hill (14 points, 5.7 rebonds et 4.1 passes). Un trio lui-aussi légendaire qui permet à l’équipe de finir la saison à 28 victoires et 2 défaites avec un titre de champion dans la conférence ACC.

Duke est un rouleau compresseur. Et personne n’arrête les hommes de Mike Krzyzewski à la March Madness.

Campbell, Iowa, Seton Hall sont écrasés. Et c’est seulement lors de l’Elite 8 que Duke est bousculé… par Kentucky. Mais, encore une fois, les Blue Devils sont trop forts, même au bord de l’élimination.

Le Final Four est parfaitement géré et Duke remporte le tournoi final pour la 2ème saison consécutive dans un match à sens-unique face à Michigan (71-51).

Kentucky doit redorer son blason

Sur le banc des Wildcats, on retrouve un autre head coach de renom en la personne de Rick Pitino.

Après plusieurs aller-retours entre la NCAA et la NBA, il revient à l’échelon universitaire et s’engage avec Kentucky. L’objectif premier n’est pas de gagner, mais, de faire oublier un scandale. Les Wildcats ont sali leur image sous la houlette de Eddie Sutton (1985-1989). En 1989, un scandale sur le recrutement éclate au plus grand jour et Kentucky devient la honte du pays.

(Petite parenthèse : c’est plutôt cocasse que Rick Pitino tente de redorer l’image d’une équipe ternie par un scandale).

Kentucky Sports Illustrated Scandale 1989
(Crédit photo : Sports Illustrated)

Pendant 2 saisons, Kentucky est privé de March Madness… jusqu’en 1992, où les Wildcats atteignent ainsi l’Elite 8.

L’équipe est composée de joueurs locaux et expérimentés. Plus de 80% de l’effectif a été conservé par rapport à 1991. John Pelphrey (12.5 points, 4.2 rebonds et 4 passes), Deron Feldhaus (11.4 points et 3.8 rebonds) et Richie Farmer (9.6 points) forment un trio de seniors qui se connaît parfaitement. Et, pour renforcer le tout, Jamel Mashburn (21.3 points et 7.8 rebonds) réalise une saison sophomore incroyable.

Kentucky termine la saison à 26-6 et rejoint Duke en finale de la Région Est après un parcours maîtrisé face Old Dominion, Iowa State et Massachusetts.

Duke et Kentucky pour une ode au basketball

Le seed #1 face au seed #2. Deux programmes au sommet de leur art entrainés par 2 head coaches emblématiques. Un Elite 8 digne d’une finale nationale, en somme.

Considéré comme le plus grand match de l’histoire du basketball universitaire par de nombreux spécialistes et fans, le combat entre Duke et Kentucky est une ode au basketball. Une véritable oeuvre d’art où chaque geste, chaque passe, chaque tir semble en décalage avec le réel. Une véritable oeuvre d’art créé par une vingtaine d’artistes.

Il faut bien évidemment compter sur Christian Laettner (no spoil), mais Bobby Hurley et Thomas Hill pour Duke ainsi que Jamal Mashburn, Sean Woods et Dale Brown (sorti de nulle part) pour Kentucky livrent une prestation fantastique.

Et cela offre une boxscore que l’on peine à imaginer.

Gametime !

Le reste n’est que légende.

Pendant 45 minutes (oui, il y a du rab), Duke et Kentucky offrent un spectacle grandiose. Les deux programmes sont au coude à coude avant que la magie du basketball universitaire ne scelle le sort de la rencontre.

Bon match !

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