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(Crédit photo : San Diego State Athletics)

“Mid-Majors Mock Draft” : les 5 sleepers à suivre à la prochaine Draft NBA !

Les mock drafts fleurissent par milliers, avec parfois des énormes inepties, lors de cette fameuse période qui suit la saison universitaire. Vous le savez, sous mon impulsion (et mon forçage quotidien pendant la saison), la rédaction de Midnight on Campus se tourne de plus en plus vers les Mid-Majors.

Ainsi, à l’aube de la Draft NBA, il semble judicieux de produire une liste des 5 sleepers sur lesquels il faudra garder un oeil dans les prochaines semaines. Le temps de nos meilleurs prospects universitaires viendra, mais pour l’heure, les joueurs sous-côtés.

 

 

1. Jalen McDaniels (sophomore) : 15.9 points, 8.3 rebonds et 2.1 passes cette saison à San Diego State.

 

Je ne le cache pas, j’ai toujours eu de l’affection pour San Diego State. Il faut dire que le programme de basketball n’est pas mauvais (sans être excellent non plus depuis quelques temps) et surtout, il y règne une ambiance de folie lors des matchs à domicile.

Et depuis deux saisons, un ovni évolue à San Diego State : la pépite Jalen McDaniels.

Son recrutement venait à point nommé, à la suite d’une belle génération qui terminait son cursus. Jalen McDaniels est donc devenu la tête d’affiche d’un jeune groupe, avec, pour ambition, une qualification à la March Madness. Sa saison freshman s’est révélée bien décevante, avec une adaptation au jeu universitaire délicate : seulement 10 points de moyenne en un peu plus de 24 minutes sur le parquet et une défense inexistante. Bref, pas le début de carrière que l’on espérait de lui.

Cependant, il est devenu le patron cette saison et il n’a pas (trop) déçu. Malheureusement, son dernier tournoi de conférence Mountain West, hormis un quart de finale à 25 points, fut bien loin des standards : 12 points face à Nevada, avec des problèmes de fautes, puis 8 points à 4/12 pour LE match de la saison, en finale, contre Utah State. Dans ces deux matchs, on a pu voir le plus mauvais visage du prospect et ce dernier termine son cursus prématurément, laissant de la frustration chez les fans, qui attendaient beaucoup plus de leur leader.

C’est d’ailleurs l’un des défauts du joueur : l’ailier ne possède pas les qualités pour être un leader. Son mental est défaillant quand l’adversité est plus importante dans les grands rendez-vous. Défensivement, c’est aussi très limite, se contentant d’user de son profil athlétique.

Mais voilà, je pense honnêtement qu’il ne faut pas prendre le cursus universitaire pour exemple dans ce cas-là. Oui, Jalen McDaniels peut intégrer une franchise NBA, de par sa taille, son envergure et sa capacité à défendre sur trois postes. On sent que le prospect en gardait sous la poche, ne se faisant pas “mal” avec San Diego State (d’ailleurs, c’est que reproche le plus la fanbase des Aztecs, cette nonchalance et cette capacité à en faire le moins possible).

C’est clairement un joyau à polir. Son arrivée dans le monde professionnel peut lui faire du bien, l’obligeant à faire des efforts pour gagner sa place. Il possède une marge de progression encore énorme, surtout sur son tir, mais il peut faire du bien en sortie de banc avec son profil.

Reste à voir s’il peut se faire violence afin de progresser, où il finira en G-League à taper des highlights, en regrettant sa deuxième année en basketball universitaire.

 

2. Killian Tillie (junior) : 6.2 points, 3.9 rebonds et 1.5 passes de moyenne à Gonzaga.

 

On ne présente plus Killian Tillie.

L’intérieur français de Gonzaga n’a pas connu une saison de junior exceptionnelle, en partie à cause des blessures. Mais dès son retour en fin de saison, il a fait un bien fou à son équipe, notamment avec un travail de l’ombre tellement essentiel dans le jeu des Zags.

Malgré des statistiques moyennes, Killian Tillie peut trouver sa place au sein d’une franchise NBA. En effet, son profil correspond au basketball moderne où les intérieurs s’écartent de plus en plus. Il est un intérieur élégant, avec une fluidité dans ses mouvements, dans ses gestes… et une absence technique inhabituelle pour un prospect de son type.

Offensivement, Killian Tillie excelle sur les situations de pick-and-pop (comme le pick-and-roll, mais l’intérieur ne déroule pas au panier après son écran mais s’écarte à 3-points). Il est adroit à longue distance et, avec sa taille, n’a pas trop de difficulté à prendre le tir malgré l’adversaire. Il peut aussi sanctionner son défenseur au poste bas, profitant de sa technique et fondamentaux, notamment sur ses appuis, pour prendre l’ascendant.

Défensivement, il risque d’avoir du mal à défendre sur des intérieurs, avec un manque criant d’explosivité sur ses premiers appuis. Il manque aussi de verticalité, ce qui va lui rendre la vie un peu plus compliquée au sein de la grande ligue. Fort heureusement, son QI basket et son sens de l’anticipation arrivent à masquer ces défauts.

Killian Tillie est le profil même du stretch 4 moderne avec un bagage technique supérieur à la normale. De plus, le travail de l’ombre ne lui fait pas peur. Si jamais une franchise NBA ne le prend pas, notre français connaitra une belle carrière en Europe, sans l’ombre d’un doute.

 

3. Cody Martin (senior) : 12.1 points, 4.9 passes et 4.5 rebonds de moyenne à Nevada.

 

Ah, Nevada, un programme qui donne une seconde chance aux prospects qui ont fait un mauvais choix d’université à leur sortie de lycée. Cody Martin est une belle image du succès de cette philosophie au sein du programme du Wolfpack.

Avec son frère jumeau, Caleb (gros shooteur et scoreur, qui mérite aussi une mention dans cette catégorie de sleepers) et Jordan Caroline, le trio a porté à bout de bras Nevada jusqu’à de belles performances en March Madness.

Cody Martin est un peu le troisième larron, celui dont on ne parle pas beaucoup mais qui possède un profil recherché dans le monde professionnel. C’est simple, il peut tout faire sur un parquet. Leader dans l’âme, c’est un véritable métronome pour son équipe qui dicte le tempo offensif mais aussi défensif. Son intention première est de faire briller ses coéquipiers avant lui-même. Il peut aussi prendre le match à son compte, puisqu’il aime bien agresser le cercle adverse.

Son plus gros défaut reste sur son tir, enfin surtout sur sa sélection. Souvent, il est forcé de prendre un tir en fin de possession, ce qui baisse son pourcentage global (surtout à trois points).

Mais Cody Martin peut se montrer efficace à mi-distance, un nouvel aspect de son jeu en cette saison. Il peut monter après 2 ou 3 dribbles. Son adresse à 3-points est en baisse par rapport à sa saison junior mais on a pu voir en fin de saison une nette amélioration dans la sélection de tirs (et ainsi une adresse qui revient).

Cody Martin est grand, dribble correctement et est un gros bosseur, ce qui se répercute dans sa progression depuis deux ans à Nevada. Il reste un point d’interrogation : son envie, par moments, où il est semble absent et nonchalant. Cela reste épisodique mais cela peut lui desservir au niveau supérieur.

Le prospect peut tout faire sur un parquet mais n’excelle pas dans un domaine en particulier. Un sleeper en puissance.

 

4. John Konchar (senior) : 19.5 points, 8.5 rebonds et 2.4 passes de moyenne à Purdue Fort Wayne.

 

Après trois saisons plutôt bonnes avec Purdue Fort Wayne, John Konchar est passé à la vitesse supérieure cette saison en prenant le leadership de l’équipe.

Oui, John Konchar est un scoreur incroyable, extrêmement doué et adroit. Il peut sanctionner la défense dans n’importe quelle position sur le parquet, que ce soit à trois points ou alors à mi-distance. Toutefois, sa “release” est un peu lente et risque de lui poser un petit soucis en NBA. Sinon, John Konchar peut se créer une place en sortie de banc dans la grande ligue, en sniper désigné, qui doit inscrire des paniers avec un temps de jeu limité. C’est un rôle qui lui correspondra à merveille.

Evidemment, comme tout prospect du genre, il ne défend pas beaucoup et son jeu sans ballon est proche du néant. Il aime bien avoir le ballon en mains, créant ses positions de tirs tout seul. Dès qu’il n’est pas sous le contrôle du ballon, c’est un plot (son jeu à l’opposé de l’action est digne d’un poussin première année…).

Physiquement ce n’est pas l’athlète de l’année non plus, son “handle” reste perfectible, et, dernier point d’interrogation, il manque de référence face à des programmes plus forts.

John Konchar a donc un rôle pré-défini en NBA (ou Europe) et peut faire parler de lui de temps en temps.

 

5. Justin James (senior) : 22.1 points, 8.5 rebonds et 4.4 passes de moyenne à Wyoming.

 

Encore une fois, on présente un shooteur mais, à l’inverse d’un John Konchar, Justin James est un prospect intéressant de par son profil.

Sa grande taille lui permet de prendre des tirs contestés sans aucune difficulté. Justin James, au cours de sa saison de senior avec Wyoming, a commencé à prendre des tirs distance NBA, en ne perdant pas son adresse.

Mais il n’est pas qu’un simple shooteur à longue distance : son physique lui permet d’aller chercher des points faciles dans la raquette, en provoquant des fautes, lui qui est adroit sur la ligne de réparation. Son profil lui permet de prendre des rebonds mais aussi défend avec efficacité (grâce à son envergure). Après, il manque de certitude sur sa mécanique de tir. Il est adroit à trois points, mais pas à mi-distance, et sa sélection de tirs demeure perfectible.

Il faut surveiller ses capacités à aller vers le cercle avec des intérieurs plus dominants physiquement en NBA. Et puis, encore une fois, on n’a pas pu le voir face à des grandes écuries cette saison. Difficile de connaitre son réel niveau.

 

Mentions spéciales :

 

Difficile de sortir une quinzaine de noms quand, pendant 5 mois, vous regardez plus d’une soixantaine d’équipes en Mid-Majors.

Il faut tout de même mentionner le magnifique shooteur de Wofford, Fletcher Magee. Son profil à la Jimmer Fredette peut intéresser en NBA mais un avenir radieux l’attend en Europe. Tout comme Yoeli Childs (BYU), Isaiah Pineiro (l’intérieur de San Diego, ma découverte de la saison, est terriblement efficace) ou encore Neemias Queta, l’international portugais de Utah State, qui commet à mon goût une petite erreur en se présentant à la Draft NBA, encore jeune et pas suffisamment prêt pour la grande ligue (mais le potentiel est énorme).

Enfin, il ne faut pas oublier la pépite de Vermont, Anthony Lamb, un joueur extraordinaire qui n’a aucune hype parce qu’il joue à Vermont, et, aux yeux des scouts, ce n’est pas un programme qui sort des tops prospects. Mais je vous assure que le talent est bien présent.

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