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Walter McCarty Evansville
(Crédit photo : Midnight on Campus)

“A day with Evansville” : les Purple Aces, des jeunes aux dents longues

20 ans. Il faut remonter à la saison 1998-99 pour voir la dernière participation d’Evansville à la March Madness.

Depuis, le programme est en difficulté. 12 saisons dans le négatif, aucun titre de conférence et pourtant, les Purple Aces affichent clairement leur ambition à l’aube de la nouvelle saison.

Cette saison, j’espère que l’on va remporter la conférence, aller à la March Madness et jouer un haut niveau. C’est le but de toute l’équipe.

certifie K.J. Riley à notre micro.

L’objectif est effectivement partagé par tout l’effectif lorsque l’on sonde quelques joueurs après leur match amical remporté à Brétigny-sur-Orge contre AK Training Camp. Après un voyage européen conclut avec 3 victoires en 3 rencontres, Evansville vise haut cette année.

L’ancien joueur des Wildcats de Kentucky commence sa deuxième saison à la tête d’Evansville.
(Crédit photo : Midnight on Campus)

Walter McCarty, le head coach des Purple Aces, est lui plus tempéré lorsqu’on évoque les attentes de la saison à venir.

On veut continuer à grandir, se rapprocher et se faire confiance. On veut se battre avec tout le monde et jouer encore plus dur pendant 40 minutes. [En remplissant ces conditions], on aura une chance de gagner.

S’il se veut, non pas moins ambitieux, mais plus mesuré, c’est parce qu’il sait que le chemin est long. Avant de penser à la March Madness, il faut se rappeler d’où vient cette équipe.

Evansville doit repartir de zéro pour oublier

Classé en dernière place de la Missouri Valley Conference en pré-saison, Evansville n’a pas déjoué les pronostics en terminant 10e et dernier de la saison régulière en 2018-19. Seulement 11 victoires pour 22 défaites (5-13 en MVC) et une élimination en tournoi de conférence. Un bilan très négatif.

Evansville est reparti de zéro avec Walter McCarty. L’ancien joueur de Kentucky (1993-1996), champion national avec les Wildcats et sélectionné en 19e position de la NBA Draft 1996, est arrivé avec une nouvelle philosophie de jeu.

Ce n’est pas la saison dont j’espérais. On a débuté dans une situation où nos deux meilleurs marqueurs ont été transférés et avec beaucoup de joueurs inexpérimentés. Jouer pour un nouveau coach, avec un nouveau style, c’était nouveau pour les joueurs. Ce n’était pas une question de victoires, mais plus d’apprentissage.

Les Purple Aces ont appris à perdre, ils veulent désormais gagner. Walter McCarty le premier.

Avant d’arriver sur le campus d’Evansville, le head coach s’est construit, lui aussi, auprès de grands noms : Brad Stevens avec les Boston Celtics (2013-2018) et Rick Pitino à Lousiville (2007-2010).

C’est d’ailleurs avec ce dernier qu’il estime se rapprocher le plus. Il faut dire que Walter McCarty a côtoyé Rick Pitino, qu’il considère comme son mentor, durant de très longues années, en tant que joueur puis assistant.

Je le connais depuis que j’ai 17 ans quand il a commencé à me recruter. Je le connais depuis plus de la moitié de ma vie maintenant (NDLR : il a 45 ans aujourd’hui). […] J’ai beaucoup appris. Nous entretenons une bonne relation et c’est quelque chose que j’essaye de transmettre à mes joueurs. Des fois je suis un coach, d’autres fois je suis un mentor, un père ou un ami.

Un head coach apprécié de ses joueurs

Walter McCarthy souhaite être proche de ses joueurs et cela leur plaît. Loin de l’image de l’entraîneur uniquement strict, il veut construire des liens de confiance avec son effectif.

Artur Labinowicz, guard redshirt junior, apprécie travailler sous les ordres de l’ancien joueur de Kentucky.

Je ne peux même pas le décrire. Il est différent de tous les coachs. Il prend soin de toi en tant que personne, pas seulement en tant que joueur. Il veut que tu réussisses. C’est un coach qui a joué comme nous en NCAA, il sait de quoi il parle. Il veut qu’on prenne du plaisir en jouant. Mon jeu est devenu plus structuré avec lui, mais il laisse beaucoup de libertés en attaque. Tant que tu défends fort et que tu donnes le maximum (sourire).

Cette deuxième année à la tête de l’équipe serait-elle le (vrai) nouveau départ pour Walter McCarty ? C’est en tout cas ce que Evansville espère.

Le leader K.J. Riley lors du match amical à Londres (crédit photo : Evansville Basketball/Twitter)
Le leader K.J. Riley lors du match amical à Londres.
(Crédit photo : @UEAthletics_MBB)

Cette saison, les Purple Aces peuvent compter sur un groupe plus étoffé. Capitaine exemplaire, K.J. Riley en sera le leader sur le terrain (13.6 points, 5 rebonds et 3 passes en 2018-19), mais également en dehors. Même si le senior se veut humble et ne se considère pas comme le “Big Brother” de cette équipe.

Je fais au mieux pour être un leader, mais on a d’autres gars qui ont de l’expérience et qui sont aussi des leaders.

Mais, aux yeux de son head coach, il est pourtant le joueur à suivre et sur lequel il faut prendre exemple.

Il fait tout de la bonne manière. C’est comme un coach sur le terrain. C’est très important d’avoir un gars comme ça. Tous les joueurs prennent exemple. Si K.J. fait quelque chose, c’est le chemin à suivre.

Un cinq majeur d’Evansville très remanié

Avec les départs de Marty Hill et Sheah Feeh, respectivement 2ème et 3ème meilleurs marqueurs des Purple Aces la saison passée, K.J. Riley sera le seul senior de l’effectif.

Artur Labinowicz sera le ‘role player‘ par excellence des Purple Aces.
(Crédit photo : @UEAthletics_MBB)

Pour l’accompagner, les Purple Aces pourront compter sur trois joueurs en sortie de saison redshirt : Artur Labinowicz, Sam Cunliffe et DeAndre Williams.

Ils ont pu s’entraîner la saison passée avec l’équipe et n’arrivent donc pas dans l’inconnue. Mieux encore, ils devraient tous les trois faire partie du cinq de départ avec K.J. Riley et John Hall.

Dur sur l’homme, vrai two-way player, “Art” Labinowicz a impressionnés lors du match amical. Il est l’archétype du joueur qui ne lâche jamais rien. La tête sur les épaules, il s’apprête à passer un cap à Evansville après 2 saisons à Coastal Carolina.

C’est très différent de Coastal Carolina. Tout le monde joue avec un QI basketball élevé. Evansville est un très bon programme, le basketball est au centre de l’université, avec de hauts critères et un haut niveau. Et je voulais vraiment jouer pour Coach McCarty.

Absent des débats sur le parquet francilien, Sam Cunliffe souhaite rebondir après un parcours universitaire où il a dû faire des choix. Après Arizona State et Kansas, Evansville représente pour lui un nouveau départ.

DeAndre Williams possède une large palette offensive.
(Crédit photo : @UEAthletics_MBB)

Il devrait faire partie d’un beau duo sur l’aile avec DeAndre Williams. C’est sûrement le nom à retenir du côté des Purple Aces. Walter McCarty lui-même conseille de garder un œil sur l’ancienne recrue 3-étoiles, qui a attisé les convoitises de nombreux programmes du Power Six.

Il peut marquer de beaucoup de manières différentes et c’est le rebondeur le plus solide sur le terrain. Il peut peser sur un match de différentes façons.

Il faut dire que le sophomore s’est mué en leader offensif lors des trois matchs amicaux disputés en Europe : 32, 24 et 17 points pour l’ultime exhibition.

Enfin un banc capable de peser sur le sort d’un match ?

Sur le banc, Evansville peut s’appuyer sur des profils différents.

Si le cinq majeur est très physique avec un backcourt de grande taille, Shamar Givance et Jawaun Newton apporteront de la vitesse et de la percussion en sortie de banc.

Les deux guards compensent leur déficit de taille par une grande intensité. Très vifs sur leurs appuis, ils font la différence rapidement en attaque et n’hésitent pas à se projeter très vite en contre-attaque.

Thomasi Gilgeous-Alexander, freshman guard et frère de Shai Gilgeous-Alexander (ancien étudiant de Kentucky actuellement à OKC), et Noah Frederking, junior guard adroit de loin, seront également des pièces importantes pour apporter de la fraîcheur.

Comme souvent en basketball universitaire, c’est défensivement qu’il faudra faire des efforts. Les Purple Aces ont montré des séquences défensives intéressantes lors du match amical parisien, mais il manque clairement de concentration et de sérieux dans cette partie du terrain avec des oublis défensifs trop récurrents.

Bonne nouvelle, il reste encore plus de 2 mois à Evansville pour se préparer physiquement et tactiquement.

On se construit et on se prépare pour jouer en mars.

exprime Walter McCarthy en conclusion.

Dans un premier temps mesuré, même le head coach finit quand même par annoncer l’objectif principal : la March Madness.

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