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DeMarcus Nelson Défense Duke Blue Devils vs Clemson 2007
(Crédit photo : Streeter Lecka - Getty Images)

Un seul maître-mot pour Marcus Ginyard (UNC) et DeMarcus Nelson (Duke) : la défense

En 2007-08, UNC et Duke se disputent l’hégémonie de la conférence ACC jusqu’à la dernière rencontre.

Les Tar Heels s’imposent au Cameron Indoor Stadium (76-68) pour conclure la saison et ils sortent, finalement, vainqueurs de la guerre. Un titre de saison régulière, un autre au tournoi de conférence et une place de leader à l’AP Top 25. Qui plus est, Tyler Hansbrough (désigné MVP avec 22.6 points et 10.2 rebonds de moyenne) a dominé la concurrence sans partage au cours de cette saison.

Cependant, les deux équipes rivales (sur un nombre significatif de points) se rejoignent tout de même sur un élément : une excellente défense.

Le junior Marcus Ginyard est la caution défense de North Carolina tandis que DeMarcus Nelson, nommé “ACC Defensive Player of the Year”, joue le rôle de la pointe de lance défensive à Duke. Logiquement, les deux hommes se sont retrouvés dans la All-ACC Defensive Team en 2008.

Les anciens rivaux se sont à nouveau retrouvés, en 2020.

Tout d’abord, sous le même maillot du CSP Limoges. Et puis, au micro d’Envergure dans un podcast exceptionnel (à retrouver en fin d’article) auquel nous avons participé, avec des questions centrées sur leur expérience en basketball universitaire.

“Je ne connais pas de rivalités du niveau de UNC-Duke.”

On a gagné plus que l’on a perdu que Duke pendant mon temps là-bas. Mais, à la fin, c’est une rivalité très équilibrée. Mais, pour être honnête, au cours de ma carrière, je ne connais pas de rivalités du niveau de UNC-Duke.

explique Marcus Ginyard (UNC) au micro d’Envergure.

Il est presque impossible de concevoir la ligue de basketball universitaire sans la rivalité entre UNC et Duke. Elle est si importante que cela.

Les exploits des rivaux, l’un face à l’autre, ont permis et permettent encore à l’heure actuelle d’écrire la légende de chaque université. Rien qu’en 2020, les Blue Devils se sont imposés en prolongation au terme de l’une des fins de match les plus folles de l’histoire de la rivalité, grâce à Tre Jones.

Les écoles, bien que séparées de seulement 11 miles, sont différentes en bien des aspects.

Mais, un aspect de leur jeu est aussi important l’un que pour l’autre : la défense.

Aussi loin que notre mémoire remonte, la pression défensive est un précepte fondateur du jeu de chaque équipe. Dans des formes distinctes, évidemment. Mike Krzyzewski a longtemps prôné (depuis son arrivée à Duke en 1980) une défense “homme-à-homme” agressive. Roy Williams est arrivé à UNC de Kansas, en 2003, avec une volonté de mettre la pression avant que la balle ne franchisse le milieu du terrain.

Cependant, ces stratégies ne sont plus vraiment en vigueur en 2020.

Les Blue Devils, marqués par la “tradition” novatrice du one-and-done, a dû adapter ses opinions défensives. C’est alors que la défense en zone est apparue. Non pas à cause des relations privilégiées de “Coach K” avec Jim Boeheim au sein de la Team USA, mais, plutôt à cause de l’inexpérience et des mensurations physiques des nouvelles recrues d’exception.

Les Tar Heels ont également changé leur fusil d’épaule au fil des années. La pression tout-terrain a laissé la place à un verrou défensif sur les extérieurs. Afin de pallier au manque d’hommes imposants sous le cercle et à l’apparition de slashers sur l’aile et de guards agressifs en percussion.

De nouvelles stratégies, certes, mais une importance toujours aussi prégnante.

“Le record passe par la fenêtre.”

En 2004-05, UNC remporte la March Madness.

Les Tar Heels ont dominé la saison et, malgré une sortie de route au tournoi de conférence ACC (élimination en demi-finale contre Georgia Tech), ils ont sorti une performance impeccable au NCAA Tournament. Sauf que DeMarcus Nelson se souvient de cette saison pour une autre raison.

Parce que Duke a renversé une des meilleures équipes de UNC dans l’histoire récente. Marvin Williams, Raymond Felton, Sean May et Rashad McCants. 4 lottery picks dans le même effectif.

DeMarcus Nelson n’était que freshman en 2004-05. Mais, il se souvient encore de la victoire (71-70) acquise en février… sur un stop défensif.

Lors de mon année de freshman, alors que North Carolina était clairement la meilleure équipe du pays (et qu’ils avaient 6 ou 7 lottery picks) et que le match était serré, tout s’est joué sur une possession défensive. Et on a terminé sur un stop défensif pour gagner.

C’est le genre de moment où, bien qu’une équipe soit plus forte ou talentueuse que l’autre, le record passe par la fenêtre.

raconter DeMarcus Nelson (Duke).

Le guard, une fois libéré de la présence accablante de J.J. Reddick à son poste, peut montrer ses propres qualités défensives. Il est d’ailleurs nommé “Defensive Player of the Year” de la conférence ACC en 2007-08. Cette fameuse saison où lui et Marcus Ginyard partagent une place dans la All-ACC Defensive Team.

Malheureusement, le chemin du guard des Tar Heels n’est pas aussi linéaire que son actuel coéquipier à Limoges.

A la suite de cette belle saison conclue au Final Four et dans la meilleure équipe défensive en ACC, il est nommé capitaine de l’équipe. Mais, il contracte rapidement une fracture de stress au pied gauche. Une blessure qui l’empêche de jouer pour le reste de la saison… et de participer à la victoire finale de UNC au National Championship.

Une telle situation ne l’a pourtant pas empêché de contribuer au succès des Tar Heels… à sa manière.

Le fait que je ne sois pas physiquement capable de participer aux matchs [en 2008-09] ne veut pas dire que je ne pouvais pas aider l’équipe. Et [Bobby Frasor] avait raison : j’étais le plus grand “cheerleader” sur le banc.

avoue Marcus Ginyard (UNC) lors de l’entretien avec Envergure.

Son colocataire pendant 4 ans, Bobby Frasor, le caractérisait comme “la cheerleader n°1” de UNC lorsqu’il était blessé en 2008-09.

Pourquoi ? Il donnait de la voix sur le banc durant les matchs des Tar Heels. A l’entrainement, il poussait ses coéquipiers afin qu’ils soient prêts pour les matchs. Il calmait les jeunes joueurs qui perdaient leurs moyens.

“Maintenant que l’on joue ensemble, on peut voir des éléments subtils dans le jeu de chacun.”

Je peux vous dire une chose : je suis content qu’on soit dans la même équipe aujourd’hui (rires).

répond Marcus Ginyard avec humour.

Aujourd’hui, le chemin des anciens rivaux se croise au CSP Limoges. La Jeep Elite n’est pas la conférence ACC, mais, ils n’ont pas perdu de leur superbe en défense.

Marcus Ginyard et DeMarcus Nelson sont toujours reconnus pour leurs qualités défensives au niveau professionnel. La donne change un tout petit peu, ceci dit. Ils ne jouent plus l’un face à l’autre : ils jouent l’un avec l’autre. Et cette complicité permet de rendre compte de certains détails qui ne sont pas visibles lorsqu’on ne partage pas la même équipe.

C’est une chose d’être dans des équipes différentes. Mais, maintenant que l’on s’entraine dans la même équipe et que l’on joue les matchs ensemble, on peut voir des éléments subtils dans le jeu de chacun.

commente DeMarcus Nelson.

Les discussions au cours du podcast d’Envergure reviennent régulièrement sur leurs qualités de défenseur. Qui de J.J. Reddick ou Gerald Henderson était le plus difficile à défendre à l’époque ? Quel est le meilleur shooter entre Danny Green et Wayne Ellington ?

Alors, une question brûle nos lèvres après plus d’une heure d’échanges. Quel est le meilleur défenseur entre les deux invités ?

DeMarcus Nelson donne lui-même la réponse, sans concession : Marcus Ginyard.

Marcus [Ginyard] est très versatile et puissant. Sa capacité à traverser les écrans et à se trouver en position pour récupérer des interceptions en fait vraiment l’un des meilleurs [défenseurs].

ajoute l’ancien guard de Duke en conclusion de podcast.

Une dizaine d’années plus tard, DeMarcus Nelson et Marcus Ginyard se sont retrouvés sous les couleurs du CSP Limoges, en Jeep Elite. L’occasion pour nos confrères d’Envergure de les inviter dans un podcast spécial de plus d’une heure.

La rivalité entre les deux facs, la vie d’étudiant-athlète ou bien les conseils de “Coach K” et de Roy Williams.

Morceaux choisis.

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