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(Crédit photo : Shanna Lockwood-USA TODAY Sports)

Kyle Guy, au-delà de l’anxiété, pour vaincre la malédiction de Virginia

Voilà, c’est fini. Dans la nuit de lundi à mardi 9 avril, se jouait le dernier match de la saison. Le plus important de l’année, celui qu’il faut gagner. Cet honneur était réservé à deux programmes que l’on attendait pas forcément là : Virginia et Texas Tech.

D’un côté, les Cavaliers sont en mission. Une mission, au fond de leurs esprits depuis cette défaite au premier tour contre UMBC, qui est incarnée par un joueur : Kyle Guy, ancien All-American et Mister Basketball dans l’Indiana, son état natal.

Dans l’effectif de Tony Bennett depuis trois ans, Kyle Guy n’était pas un joueur recruté par les soi-disant gros programmes à sa sortie du lycée. Aujourd’hui, il est champion national.

 

 

L’ancien de Lawrence Central est apparu dans mes petits papiers à l’été 2015. Avec son lycée, il affronte un certain Jaylen Brown (ancien joueur de California, aujourd’hui chez les Celtics en NBA), la personne qui me fait regarder ce match de High School. Pourtant, très vite, mon regard change de joueur. Un petit bonhomme enchaîne les 3-points.

Il arrive à Charlottesville un an plus tard, au sein de la même promotion que Lonzo Ball, Markelle Fultz ou encore Jayson Tatum. Sur le campus, il n’arrive pas tout seul. Avec lui, Ty Jerome et De’Andre Hunter, aujourd’hui, champions avec lui.

Mais il arrive aussi avec un état d’esprit qui connaît des hauts et des bas. En effet, Kyle Guy est anxieux et est en proie à des crises de panique. C’est lui même qui le révèle, sur Facebook, il y a un peu plus d’un an dans une lettre adressé à lui même. C’était le 24 avril.

Personne ne le sait, mais tu prends un traitement pour des crises de panique toute la saison.”

Cette saison là, en 2017-2018, Kyle Guy est nommé dans la “First Team All-ACC“. Il est aussi le meilleur scoreur de la meilleure équipe du pays avec ses 13.9 points de moyenne. Une équipe, malheureusement, qui est éliminée au premier tour de la March Madness.

(Crédit photo : Streeter Lecka-Getty Images)

Et pourtant, il ne sent pas toujours au meilleur de sa forme.

Tu as gardé le secret car tu ne voulais pas que les gens pensent que tu es faible,” s’écrit-il à lui-même. “Tu étais inquiet que les gens pensent que tu ne sois pas fait pour ça.” 

Mais pour prouver le contraire, il revient pour une troisième année sous les couleurs de Virginia. Cette défaite face à UMBC, il y pense. Elle est là, présente dans un coin de sa tête.

Tu as mis le blinder en route [concernant les critiques] et tu t’es concentré sur ton objectif final. Cette équipe peut-être spéciale en mars. Nous savons que les gens disent sur Virginia une fois arrivée en mars… ‘ça ne fonctionne pas’, ‘ils jouent trop lentement’. C’est l’occasion de les faire taire.”

Un an après, en 2019, l’objectif est atteint. Kyle Guy et les Cavaliers viennent de soulever le trophée de champion national. Avec ses coéquipiers, il a réussi à vaincre la malédiction de mars. Et de quelle manière.

Au Final Four, son match n’est pas parfait, loin de là, mais il qualifie pourtant son équipe.

Il reste 9 secondes à jouer et Auburn mène de quatre points (61-57). L’arrière est en place en tête de raquette. Le système est lancé. De’Andre Hunter se met en position, lui propose un écran et Ty Jerome, balle main, le sait : Kyle Guy va débarquer de le corner.

Feinte, “nothing but net”. Virginia revient à un point.

 

 

Dans la foulée, Jared Harper se retrouve sur la ligne. Il a l’opportunité de donner 3 points d’avance aux Tigers. Les genoux claquent, il n’en marque qu’un. 62-60 Auburn mais il ne reste que 1.5 secondes à jouer. Ty Jerome tient la balle pour la remise en jeu.

Une nouvelle fois, De’Andre Hunter est à l’écran. Une nouvelle fois, Ty Jerome sait que Kyle Guy va débouler dans le corner, celui de gauche cette fois. Le jeune guard reçoit le ballon et s’élève : c’est manqué. Mais l’arbitre siffle. Samir Doughty bouscule l’arrière : 3 lancers-francs.

Il ne tremble pas, trois sur trois.

 

 

Vous avez dit anxieux ?

Tu as demandé l’opportunité de faire du bruit sur la scène national. Voilà ta chance. Ne la gâche pas”, écrivait-il il y a un an.

Chose faite. Kyle Guy s’offre l’opportunité d’y arriver face à Texas Tech.

Contre les Red Raiders, le junior est éblouissant dans le jeu et parfait sur la ligne des lancers-francs (4/4). Il termine avec 24 points à 8/15 aux tirs et 4/9 à trois points. Deuxième marqueur des Cavaliers derrière De’Andre Hunter, lui-aussi éblouissant.

Il l’a fait et il reste humble.

Je ne suis qu’un petit rouage du succès et j’en suis fier“, lance-t-il au micro de Andy Katz. “On s’était dit ‘plus jamais’ et cette fois on est du bon côté de l’histoire. Le ’30 for 30′ va être un documentaire incroyable”, sourit-t-il pour terminer.

Et en guide de happy end, le titre de champion national avec Virginia et celui du “Most Outsanding Player” du Final Four.

 

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