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(Crédit photo : Denny Medley-USA TODAY Sports)

Virginia, Michigan State, Texas Tech et Auburn : le Final Four des “underdogs”

Au terme d’un Elite 8 plus intense et spectaculaire que jamais, Virginia, Michigan State, Texas Tech et Auburn se sont qualifiés pour le Final Four, disputé dans le U.S. Bank Stadium de Minneapolis, les 6 et 8 avril prochains.

Le deuxième week-end de la March Madness a livré une compétition à la hauteur de l’événement, alors qu’en règle générale, il se range en second plan après deux premiers tours minés d’upsets et de moments marquants qui participent à la légende du NCAA Tournament.

Rien que pour le Elite 8, les quatre finales régionales se sont jouées au cordeau jusque dans les ultimes secondes, au point même que 2 des 4 matchs se sont poursuivis en prolongations. Et les circonstances, bien qu’elles n’aient pas accouché de surprises à proprement parlé, propulsent un groupe d’outsiders sur le devant de la plus grande scène en basketball universitaire.

Les favoris pour le titre national sont passés à la trappe. Les outsiders ont maintenant toute l’attention nécessaire pour montrer en quoi il mérite leur place au Final Four.

 

 

Virginia, un seed #1 auquel personne ne croyait (à 100%)

 

Tout le monde avait encore en mémoire la défaite stupéfiante face à UMBC, la saison dernière, à l’ouverture de cette nouvelle March Madness. Virginia, inclus.

Les Cavaliers ont peut-être hérité d’un seed #1, au terme d’une saison remarquable en ACC, mais le capital confiance envers l’équipe était assurément moins élevé que pour Duke, UNC et Gonzaga. Force est de constater que Virginia est la dernière équipe dotée d’un seed #1 encore en lice à l’aube du Final Four.

Avec DeAndre Hunter, Kyle Guy et Ty Jerome, Tony Bennett devait composer avec l’équipe la plus talentueuse que l’université n’a jamais eu pour conjurer le signe indien.

Gardner-Webb, lors du First Round, a rapidement montré ses intentions et a joué les yeux dans les yeux avec les Cavaliers. Ces derniers ont trébuché, mais, en l’espace de quelques minutes, ont repris le destin entre leurs mains pour éliminer les Bulldogs. Ils terminent le premier week-end de compétition en disposant sans coup férir d’Oklahoma et s’attaquent au second week-end sous les radars.

Le Sweet 16, face à Oregon, a été plutôt disputé sans pour autant que Virginia ne soit réellement disputé. Ainsi, les Hoos accèdent au Elite 8 sans grand péril et la première mission est déjà accomplie : UMBC n’est plus qu’un lointain souvenir et Tony Bennett montre que l’identité de son équipe fonctionne en mars.

Et puis, les Cavaliers se sont attelés à Purdue ; ou plutôt à Carsen Edwards, qui jouait sur une autre planète. Le guard junior s’est enflammé (42 points) et a montré, avec les Boilermakers, les failles de son adversaire : passer par-dessus la défense des Cavaliers à 3-points.

Mamadi Diakité a sauvé les siens au buzzer afin d’attraper une séance de prolongations, un terrain de jeu où DeAndre Hunter a creusé un trou duquel Purdue ne s’en est jamais relevé.

Virginia a joué avec les flammes, mais, à l’inverse des autres favoris de la compétition, l’équipe n’a pas succombé aux attaques adverse et accède à son premier Final Four depuis 1984. Deux missions ont été accomplies depuis deux semaines et un troisième défi attend les Cavaliers souvent sous-côtés : remporter le premier titre national du programme de basketball.

 

Michigan State a éliminé l’archi-favori pour le titre

 

La première conclusion à propos de Michigan State à la sortie du bracket ? Que les Spartans n’avaient pas hérité du meilleur placement en étant le seed #2 de la région où se trouvait Duke.

Les Blue Devils, archi-favoris de la March Madness, se sont finalement frottés aux hommes de Tom Izzo pour l’Elite 8, comme attendu. A l’inverse, le résultat n’a pas été celui que l’on imaginait deux semaines au préalable : Michigan State élimine l’équipe de “Coach K” dans les derniers instants, après un show de Cassius Winston et un tir primé salvateur de Kenny Goins, walk-on redshirt senior.

Désormais, les Spartans sont devenus califes à la place du calife.

Ils se posent en tant qu’équipe la plus expérimentée d’un tel événement, surtout que Tom Izzo participe à son 8ème Final Four à la barre de l’équipe. Les trois autres head coaches rencontrent le dernier carré pour la première fois de leur carrière à Minneapolis.

Et le parcours de Michigan State depuis l’ouverture de la March Madness conforte un tel statut de favori.

Malgré une minuscule frayeur contre Bradley lors du First Round, la confrontation suivante face à Minnesota puis le Sweet 16 face à LSU se sont déroulés sans encombres. La victoire contre les Tigers s’est révélée réellement surprenante : les Spartans ont dominé de la tête et des épaules une rencontre qui devait très serrée et physique avec l’aide des freshmen Aaron Henry et Gabe Brown.

Et lors de l’Elite 8 contre Duke, les leaders se sont chargés de la marque afin de mener Michigan State à son premier Final Four depuis 2015.

Dès que des seconds couteaux deviennent des contributeurs majeurs, et que les blessures s’éloignent du banc (Nick Ward revient à son meilleur niveau), l’équipe de Tom Izzo devient très difficile à contourner. Et n’oubliez pas que la magie de Tom Izzo se met en marche en mars.

 

Premier Final Four de l’histoire pour Texas Tech et Auburn

Les présences de Texas Tech et Auburn au Final Four sont les plus surprenantes de cette édition de la March Madness. Les équipes étaient placées en second rideau pour le titre, mais les voilà aujourd’hui prêtes à rivaliser avec les plus grands à Minneapolis.

D’ailleurs, ces qualifications sont-elles réellement surprenantes ?

Les Red Raiders ont accompli une saison incroyable, possiblement la meilleure saison de l’histoire du programme (30 victoires et un titre de saison régulière en conférence Big 12), mais ils demeurent encore des novices sur la scène nationale. En seulement trois saisons, Chris Beard est en train de remédier à ce déficit de popularité nationale et Texas Tech grimpe les échelons à vitesse grand v.

Après leur premier Elite 8, les texans accèdent cette saison au premier Final Four de l’histoire de l’université et ce n’est pas comme si cela tombait de nulle part. Texas Tech a franchi chaque tour de la March Madness avec autorité.

Northern Kentucky n’a pas fait le poids en ouverture de compétition. Buffalo s’est littéralement cassé les dents sur la défense des Red Raiders, au même titre que Michigan, moins attendu, lors du Sweet 16. Et puis, Gonzaga a succombé au terme d’un Elite 8 d’une intensité folle, où les hommes de Chris Beard ont contenu la meilleure attaque du pays à 69 points.

Jarrett Culver réalise le tournoi que l’on attendait de lui (des performances à 29, 22, 19 et 16 points) et ses lieutenants combinent une défense d’acier avec une efficacité terrible en attaque.

On n’attendait pas Texas Tech à tel niveau, mais, force est de constater que les texans réalisent un mois de mars de champion. Dans une moindre mesure, le même constat peut être dresser pour Auburn.

Les Tigers connaissent un mois de mars fastueux, rebondissant après une période de doutes en février. Depuis la fin de saison régulière, conclue avec un upset de Tennessee à la maison, les hommes de l’Alabama volent sur la compétition avec un titre au tournoi de conférence SEC (où ils ont écrasé, à nouveau, les Volunteers en finale) et un parcours de haute volée à la March Madness.

Bruce Pearl a trouvé la solution gagnante avec une équipe agressive en tous points, que ce soit au travers d’une défense opportuniste et d’une attaque aussi rapide que l’éclair, pour porter le ballon en transition ou pour dégainer derrière l’arc.

Mais le NCAA Tournament n’était pas parti sur de bonnes bases : ils auraient dû être éliminés face à New Mexico State, lors du First Round, après la pire séquence de basketball du tournoi dans les 5 dernières minutes.

Auburn s’est sauvé et depuis lors, l’équipe a enchainé 3 upsets consécutifs avec une marge décente lors de chaque victoire. Kansas, UNC et Kentucky sont chacun leur tour passés au broyeur des Tigers.

La blessure de Chuma Okeke pourrait coûter cher au Final Four, mais ne croyez pas que Jared Harper et Bryce Brown s’apprêtent à baisser leur garde. Les deux guards continueront à mitrailler de loin et n’importe quelle défense se trouve en position de prendre l’eau face à la vague de 3-points bleue et orange.

Auburn est devenue la première équipe issue de l’Etat de l’Alabama à se qualifier pour un Final Four. Et malgré des hauts et bas, les Tigers possèdent les cartes en main pour utiliser leur statut d’underdog pour tenter de remporter le titre national.