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“A la recherche de Cendrillon” : Jacksonville State, pour une première danse

Les Mid-Majors occupent une place très importante au sein de la rédaction. C’est pour cela que nous allons présenter au mieux les représentants de ces conférences « secondaires » qui seront à la March Madness cette saison. On commence avec le premier qualifié, Jacksonville State, qui représentera l’Ohio Valley Conference à la surprise générale, une première dans l’histoire du programme.

Carte d’identité

Jacksonville State Gamecocks

  • 20 victoires pour 14 défaites, 9 victoires pour 7 défaites dans la conférence Ohio Valley (3ème place dans la division Est)
  • Meilleur marqueur : Malcolm Drumwright (12.6 points de moyenne).
  • 69.7 points de moyenne (259ème), 35.9 rebonds (171ème), 14.1 passes (133ème) et 67.6 points concédés (64ème) sur cette saison.
  • Victoire notables (entre parenthèse le RPI de l’adversaire) : (143) Tulsa sur le score de 84 à 73 ; (160) Tennessee State sur le score de 86 à 79 (ainsi qu’une autre, 63 à 57).
  • Défaite notables : (284) Western Kentucky sur le score de 74 à 67, (270) Missouri State sur le score de 91 à 65, (260) Louisiana-Monroe sur le score de 88 à 83 après OT ; (274) Eastern Kentucky sur le score de 57 à 52 (ainsi qu’une autre sur le score de 68 à 65).

Tournoi de l’Ohio Valley Conference

Flashback de la saison

En début de saison, la situation au sein de l’Ohio Valley Conférence était assez claire. Belmont devait aller à la March Madness en survolant la saison régulière ainsi que le tournoi de la conférence. Encore une fois, la prédiction n’est pas réalisée, loin de là même.

Pour sa première saison à la tête de Jacksonville State, le vétéran Ray Harper a déjoué tous les pronostics concernant son équipe. Prévu dans le ventre mou de la conférence Ohio Valley (Est), les Gamecocks terminent à seulement une victoire de la deuxième place lors de la saison régulière.

Lorsque l’on regarde la saison, la première partie avec les matchs hors conférence est assez indécise. Capable d’enchaîner rapidement trois défaites comme de remporter les quatre suivants… puis de perdre les trois prochains. Un parcours en dents de scie, qui est surtout caractérisé par le fait que l’équipe a du mal loin de ses bases. Trois victoires à l’extérieur sur cette première partie de saison, dont une très importante lors du match d’ouverture, à Tulsa.

Jacksonville State a affronté des programmes du Top 50 et à chaque fois, cela se concrétise par une lourde défaite. On pense naturellement à celle sur le parquet de Maryland (92-66) ou encore à TCU (79-60). Un début de saison pas idéal pour attaquer les matchs de l’OVC.

Là, à l’image de la saison, les Gamecocks n’y arrivent pas face aux cadors. Deux défaites face à l’ogre Belmont, idem face à Eastern Kentucky. Cela termine donc avec un bilan de 9 victoires pour 7 défaites, avec un niveau de jeu toujours aussi brouillon.

La suite, on la connaît. Un premier tour maîtrisé, un upset retentissant, digne du mois de mars face à Belmont et une finale contrôlée à merveille. Jacksonville State reste néanmoins une énigme, capable du meilleur comme du pire. Sur un parquet, ce n’est pas forcément flashy mais les joueurs d’expérience ont su élever leur niveau de jeu pour décrocher ce fameux sésame, le ticket direct pour la March Madness.

Forces et faiblesses

Tout d’abord, que les choses soient claires : Jacksonville State n’est pas cette équipe qui va faire lever les foules avec son jeu très aérien. Bien au contraire.

Au niveau offensif, l’équipe affiche un 36.7% à trois points et à peine au-dessus de la moyenne sur les tirs à deux points (50.9%). Ce ne sont pas des statistiques reluisantes, je vous l’accorde. Passons là où ça fait mal, au niveau du pourcentage au tir, au niveau des pertes de balles.

Ces chiffres ont été calculés sur l’intégralité de la saison, y compris lors du tournoi de conférence. L’équipe tourne à 52.4% de réussite au tir, alors que son adversaire à 49.3%. C’est un tout petit peu en dessous de la moyenne nationale (50.5%). Mais la statistique la plus incroyable reste bien sûr le pourcentage de perte de balle. 20.7%, soit un peu plus d’un ballon sur cinq est rendu à l’adversaire ! C’est beaucoup trop pour espérer quoique ce soit, surtout face à une équipe plus douée techniquement. Au niveau défensif, le 16.8% de perte de balle de l’adversaire est assez inquiétant. Jacksonville State perd beaucoup de ballons… mais n’en récupère pas autant, avec un différentiel de 4 possessions de moyenne par match !

Donner 4 possessions supplémentaires dans face à des adversaires de l’Ohio Valley Conférence (hors Belmont), ce n’est pas si grave que cela. Face à une équipe du Power Five, c’est minimum trois paniers inscrits sur ce différentiel. Et ce n’est qu’en comptant les pertes de balles.

L’autre aspect inquiétant concernant les Gamecocks, c’est la profondeur de banc.

Comme l’illustre ce petit cadre statistique, Jacksonville State n’a pas de banc. Les joueurs du banc n’entrent que très peu et sur des petites séquences, histoire d’à peine faire souffler les cadres. Cela peut être un véritable casse-tête pour l’entraîneur lors de la March Madness. Si jamais l’un de ses joueurs majeurs se blesse ou doit sortir rapidement du parquet à cause des fautes, Ray Harper va devoir serrer les fesses et prier pour que ses jeunes loups du banc limitent la casse.

Car oui, les joueurs du banc n’ont pas beaucoup d’impact cette saison car c’est jeune, très jeune. Faisons le compte rapidement : cinq freshmens, trois sophomores, quatre juniors et un senior.

A part des programmes comme Duke, Kentucky & co. avec leur promotion dantesque de freshmen chaque année, il est difficile d’être présent lors des grands rendez-vous avec aussi peu d’expérience. Surtout dans une compétition comme la March Madness où tout d’un coup, vous vous retrouvez sous les spotlights.

Perspectives à la March Madness

Midwest Region : #2 Louisville vs #15 Jacksonville State.

32 ans que les fans attendaient ce moment. Le dernier grand événement de l’histoire du programme était ce fameux 23 mars 1985, avec un titre de champion en Division II.

L’essentiel est déjà assuré avec cette participation à la grande danse. Maintenant, ce n’est que du bonus, clairement. Attention, toutefois, au(x) futur(s) adversaires(s) : Jacksonville State a de quoi faire trembler une équipe.

Une première participation à la March Madness dans l’histoire de Jacksonville State, avec un groupe qui est loin d’être taillé pour ce genre de tournoi. Ce qui devait être une saison de transition avec un nouveau style de jeu, une nouvelle empreinte, se transforme en une épopée déjà légendaire. La magie Ray Harper, qui a déjà connu la grande danse au cours de sa carrière avec notamment quatre titres de champion national, aura un rôle important pour contrôler ses jeunes loups.

Il faudra surveiller avec attention ce groupe, qui fera encore parler de lui sur les deux ou trois prochaines saisons au sein de l’OVC.

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