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Makur Maker Hillcrest Prep High School 2019
(Crédit photo : John Jones - Icon Sportswire via Getty Images)

Makur Maker (#17, 2020) à Howard : la vague des HBCUs est-elle lancée ?

Makur Maker (#17, 2020) a choqué le monde du basketball universitaire, vendredi. La recrue 5-étoiles a annoncé un engagement impromptu à l’Université de Howard, située en plein coeur de Washington D.C.

En effet, le pivot de 7ft0 (2m13) devient ainsi la première recrue majeure (et très certainement la meilleure recrue de l’histoire) à rejoindre une université issue des HBCUs ou “Historically Black Colleges and Universities”. Ces dernières connaissent une médiatisation accrue depuis le jaillissement des tensions raciales et l’implantation du mouvement #BlackLivesMatter aux Etats-Unis.

Le cousin de Thon Maker a qui plus est laissé de côté des programmes d’envergure en NCAA, tels que Kentucky, Memphis et UCLA, qui composaient son Top-4 final avec le Bison.

Mais le choix de Makur Maker n’est pas inconsidéré, bien au contraire :

J’ai besoin de lancer le mouvement des HBCUs pour de bon, afin que d’autres le suivent.

écrivait-il sur Twitter au moment de son annonce d’engagement.

L’Université de Howard, plutôt que la NBA

Après avoir été reclassé dans la promotion 2020, le projet immédiat de Makur Maker était de s’engager à la Draft NBA dès 2020. Il avait même communiquer sur son inscription dans le processus en avril, tout en gardant ses options ouvertes.

Mais, la pandémie du COVID-19 a fortement altéré ses plans.

J’avais prévu de m’entrainer avec quelques équipes ; et je ne sais toujours pas comment cela va se passer. Avec le corona (sic), cela a tout changé des plans de tout le monde.

La G-League s’est rapprochée et a ouvert le dialogue avec mon head coach. Mais, si ce n’est pas la NBA, je préfère aller à l’université parce que je suis jeune et que j’ai encore des choses à apprendre.

se confiait Makur Maker à Evan Daniels (247 Sports) en avril dernier.

Selon HBCU Gameday, le produit de la célèbre Hillcrest Prep avait visité le campus de Howard en septembre (pour le “homecoming” de l’université) à la même époque que Josh Christopher, qui s’est ensuite engagé avec Arizona State.

Sauf que Makur Maker a, lui, franchi le pas.

Il existe toutefois une chance qu’il conserve son nom dans le processus de la NBA Draft. Il possède jusqu’au 17 août pour prendre une décision finale. Mais, sans une place certaine au premier tour, l’Université de Howard demeure une direction plus que plausible.

Le premier à prendre le pari des HBCUs

Alors que Mikey Williams (#3, 2023 selon ESPN) laisse entendre depuis quelques semaines qu’il pourrait s’engager auprès d’une école des HBCUs, Makur Maker devient le premier grand nom à prendre un tel pari.

Car, oui, c’est une réelle prise de risques.

Il ne suffit que d’une seule carrière à succès dans une université historiquement noire pour lancer une vague d’engagements d’athlètes afro-américains. A l’heure actuelle, c’est encore le flou total. Les infrastructures de ces écoles se trouvent à des années lumière de celles que proposent Duke, Kentucky, Kansas ou UCLA. De même que leur médiatisation ou que leur nombre d’étudiants qui accèdent à la ligue professionnelle.

Kyle O’Quinn est le dernier athlète-étudiant passé par une HBCU (Norfolk State) à avoir été sélectionné à la NBA Draft… en 2012.

Le niveau sportif au sein des HBCUs n’est pas non plus digne de l’élite universitaire.

Makur Maker s’est engagé avec Howard, une école plus connue pour son excellence académique et pour la formation de politiciens, journalistes, médecins et artistes d’origine afro-américaine que pour ses athlètes de premier plan. Ce n’est pas pour rien qu’elle est surnommée “Black Harvard”.

Makur Maker pour lancer le mouvement des HBCUs ?

Un véritable challenge sportif attend la pépite originaire du Kenya et élevée en Australie.

Howard évolue en Mid-Eastern Athletic Conference, très peu connue et au niveau assez faible, où le champion hérite d’un seed #15 ou #16 à chaque March Madness. Et le Bison n’est même pas un cador de la MEAC. Kenny Blakeney a terminé sa première saison au poste de head coach, en 2019-20, avec un record de 4-29 et une dernière place en MEAC à 1-15.

Et la dernière participation de Howard au NCAA Tournament ? En 1992.

Il peut oublier les matchs en primetime sur ESPN. Il faudra se contenter des 2,700 places du Burr Gymnasium vieux de 57 ans plutôt que de jouer dans des salles flambant neuves de plus de 20,000 places. Et le cap des 15 victoires en une saison tient plus de l’utopie à ce jour.

Mais, Makur Maker ne perdra pas forcément au change.

Les recrues aussi talentueuses que lui (5-étoiles) n’existent pas en MEAC et, avec une position de leader incontesté, il existe une vraie chance qu’il puisse hisser Howard au sommet de la conférence. Ce qui veut dire ? Une participation à la March Madness avec un titre au tournoi de conférence.

L’adversité ne sera pas mauvaise. Howard n’a pas encore publié son calendrier pour 2020-21 ; mais, en 2019-20, le Bison a affronté des universités telles que Notre Dame, Robert Morris, Toledo ou Marshall. Que des “buy-games” joués à l’extérieur pour empocher des chèques et assurer la survie du programme, aux dépens des succès.

S’il peut accomplir des miracles et outrepasser les sacrifices sportifs, il peut ouvrir la voie à d’autres athlètes afro-américains.

Il n’est pas dit que sa cote pour la NBA Draft souffre d’un passage en HBCU.

Mais, pour qu’une telle direction se pérennise et donne envie à d’autres recrues de grand talent, il faut que l’ensemble du basketball universitaire suive et supporte le changement. Une meilleure visibilité sur les chaines nationales et des invitations à des tournois de début de saison mènent à de plus grands revenus reversés aux universités, donc de meilleures recrues et ensuite de meilleurs résultats.

Le cercle (vicieux) peut alors se poursuivre dans le bon sens.

Et d’autres athlètes peuvent relancer l’intérêt des HBCUs. Mais il faut que l’expérience de Makur Maker soit positive pour transformer l’essai dans la durée.

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