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Quentin Grimes Houston Cougars vs Tulsa 2021
(Crédit photo : Andy Yanez - The Daily Cougar)

Mené par ses deux anges gardiens au Final Four, Houston a retrouvé les sommets

Houston attendait un tel événement depuis 27 ans.

Autrefois université flamboyante, grâce à des noms tels que Hakeem Olajuwon, Clyde Drexler ou encore Michael Young, les Cougars sont rentrés dans le rang et ne parvenaient plus à rejoindre le Final Four. Pire encore, avant l’arrivée de Kelvin Sampson en 2014, ils n’avaient plus vu le Sweet Sixteen.

Une aberration pour un programme de basketball universitaire si prestigieux.

Mais, heureusement, depuis la prise de fonction de l’ancien entraîneur d’Oklahoma (qu’il avait mené à un Final Four en 2002), Houston a retrouvé une identité et une partie de sa gloire d’antan.

Suffisant pour prétendre au titre national ?

Kelvin Sampson, de paria à héros à Houston

15 ans, presque jour pour jour, après son départ d’Oklahoma, Kelvin Sampson est de retour au sommet.

Beaucoup pensaient que la carrière du technicien était terminée en NCAA à la fin des années 2000. Et pour cause, après deux passages catastrophiques chez les Sooners puis à Indiana, qui auront amené beaucoup plus de controverses que de succès, Kelvin Sampson était un véritable paria.

Parti par la petite porte occuper des rôles d’assistant en NBA, personne n’imaginait alors un retour triomphant pour le natif de la Caroline du Nord.

Mais, à la surprise générale, Houston se cherchait un nouveau leader pour retrouver une âme et a décidé d’engager celui qui officiait alors chez les Houston Rockets. 

Il a accepté de prendre le poste parce qu’il ne voulait pas déménager. Il pensait que Houston avait le potentiel pour recruter de bons joueurs et créer un programme sérieux. Il savait pertinemment que Houston n’était pas un “blueblood” mais que, grâce à cela, il n’aurait pas une énorme pression.

déclarait un membre de sa famille, préférant rester anonyme à CBS Sports.

Alors qu’il avait déjà 57 ans à l’époque, Kelvin Sampson savait pertinemment qu’il s’agissait probablement de sa dernière expérience sur un banc en NCAA. S’il était revenu, c’est également pour former son fils, Kellen, qu’il engagea aussitôt comme assistant.

Un duo complémentaire qui a prouvé qu’il pouvait fonctionner depuis ses débuts.

Une progression linéaire, de 13 victoires lors de la première saison à 27 cette année, qui trouve désormais son apogée.

Kelvin Sampson a disputé son 1000ème match sur un banc universitaire, lundi, face à Oregon State, 7 ans après son arrivé à Houston. Le signe d’une carrière légendaire. 

Une identité défensive sublimée par un artiste

Mais, outre Kelvin Sampson, Houston avait besoin d’un joueur d’élite pour se hisser vers les sommets.

L’identité défensive des Cougars ne suffit plus à porter l’équipe vers les joutes lointaines de la March Madness. Heureusement, sur le très décrié portail des transferts, le head coach des Cougars a trouvé son bonheur. 

Quentin Grimes cherchait un nouveau port d’attache alors qu’il affrontait un échec à Kansas, très mal dirigé par Bill Self. Après avoir testé sa cote auprès des franchises professionnelles en amont de la Draft NBA en 2019, l’arrière a finalement retiré son nom et s’est dirigé vers une nouvelle université à Houston.

L’histoire aurait sans doute pu, et dû, s’arrêter là.

Quentin Grimes aurait alors passé un an loin des parquets, profitant ainsi de cette année redshirt pour travailler sur son jeu. Finalement, après un risible concours de circonstances, le jeune joueur était autorisé à jouer avec effet immédiat. Loin d’être anecdotique, cette décision a provoqué un vent de haine sur l’ancien lycéen star. Critiqué, raillé, l’élégant arrière a encaissé les coups en se contentant de répondre sur le terrain.

Et, à la vue de sa progression, il a bien fait. 

Une aubaine pour Kelvin Sampson.

Il faut dire qu’avant Quentin Grimes, le technicien n’avait jamais eu de joueur aussi talentueux sous la tunique des Cougars. Il y avait bien eu Damyean Dotson, premier Cougar sélectionné à la Draft NBA depuis 2001, Rob Gray et Corey Davis Jr., qui évoluent aujourd’hui dans notre chère Jeep Elite. Mais aucun de ces joueurs n’était capable de porter Houston au mois de mars.

Et, ces dernières années, sauf avec un effectif très dense comme ceux de Gonzaga ou Baylor, aucune équipe ne peut se hisser au Final Four sans un joueur sensationnel. 

Au noyau dur composé de DeJon Jarreau, Brison Gresham et Reggie Chaney, renforcé l’an passé par Marcus Sasser, s’est donc ajouté le revanchard Quentin Grimes.

Et c’est dans la revanche que Quentin Grimes tire sa force.

Il n’y a qu’à voir son match face à Rutgers pour le comprendre. 

Alors que Houston est mené de 5 points à moins de 3 minutes de la fin du match, l’ancien Jayhawk obtient 2 lancers-francs. Bon shooteur, il tourne à 77 % cette saison, le Texan manque l’opportunité de placer les Cougars à une possession. On se dit alors que Houston est mal embarqué ; il n’en est rien.

Quentin Grimes récupère son propre rebond, marque aussitôt et réalise une fin de match explosive pour emmener les siens au Sweet 16.

Sa rage de vaincre a eu raison de l’adversité. 

Je ne crois pas que j’ai été aussi fier d’un jeune homme dans toute ma carrière. Il a tellement progressé, il est un autre joueur depuis le premier jour où il est arrivé ici.

déclare Kelvin Sampson à propos de Quentin Grimes.

Indianapolis, là où tout a commencé

Si cette histoire est si belle, c’est parce que rien ne prédestinait Quentin Grimes à rester aussi longtemps à l’université.

Et, pour cause, arrivé en NCAA au même moment que Zion Williamson, Cam Reddish et R.J. Barrett, Quentin Grimes avait presque volé la vedette à tous ces messieurs avant même qu’ils ne foulent les parquets. Kansas affronte Michigan State en novembre 2018, à Indianapolis déjà, à l’occasion du Champions Classic. Alors que toute la salle attend Zion Williamson qui doit jouer dans la foulée avec Duke (face à Kentucky), Quentin Grimes livre un récital dans la première rencontre du Champions Classic.

21 points à 6/8 à 3-points. En patron.

Et l’impression visuelle laisse à penser que le gamin ira loin. 

Hélas, pour lui, la saison sera une succession de galères.

En délicatesse avec son tir extérieur, et pas franchement à l’aise dans le collectif des Jayhawks, Quentin Grimes n’a scoré plus de 10 points qu’à 12 reprises en 35 matches. Le besoin de changement se faisait sentir. À Houston, il a trouvé l’atmosphère familiale que Bill Self, sans doute trop aveuglé par les dollars, n’avait su lui donner. 

C’est donc ça l’histoire de Quentin Grimes.

Celle d’un lycéen surdoué qui a pris plus de temps pour éclore. Un beau récit que seul le basketball universitaire peut nous offrir.

À Indianapolis, là où son parcours universitaire avait débuté en apothéose, l’arrière aura l’occasion de compléter sa rédemption. Et même si Baylor, et son arrière virevoltant Davion Mitchell, se présente comme un redoutable adversaire, il serait triste que l’histoire se termine comme ça. 

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