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Quel visage pour la Big South en 2020-21 ?

Le guide ultime des Mid-Majors s’intéresse évidemment aux universités de la conférence Big South, de Campbell à Winthrop, pour conclure la série de #CBBPreviews avant la saison 2020-21 de basketball universitaire.

Notre spécialiste, Julien, s’est attelé depuis de longs mois à la création d’un guide unique et original qui regroupe des dizaines de présentations plus pointues les unes que les autres. Il y décortique les universités qu’il faut absolument connaitre avant cette nouvelle saison au sein des Mid-Majors.

Découvrez l’ensemble du calendrier de rencontres en Big South à cette adresse.

Les équipes fortes de la Big South ?

 
Winthrop Eagles
 

Retour sur la saison de Winthrop en Big South :

24 victoires pour 10 défaites – 15 victoires pour 3 défaites.

  • 81.3 points de moyenne inscrits, 40.8 rebonds captés, 15.9 passes décisives délivrées et 71.5 points encaissés de moyenne ;
  • 10 apparitions en March Madness, 1 lors des tournois post-season pour un record d’une victoire pour dix défaites ;
  • #1 en saison régulière dans la conférence Big South, victoire en finale du tournoi de conférence contre Hampton (76-68) ;
  • Meilleur marqueur de l’équipe la saison dernière : Hunter Hale avec 13.9 points de moyenne ;

Victoire(s) notables(s) : Saint Mary’s (61-59) ;

Défaite(s) notable(s) : East Tennessee State (61-58), Duke (83-70), TCU (70-60), Furman (80-73) ;

Résultats lors des matchs de conférence (en gras les victoires) : Longwood (91-67), Campbell (87-72), High Point (79-57), Gardner Webb (99-95, 3OT), Hampton (116-95), Radford (61-56), USC Upstate (79-53), Presbyterian (72-57), Charleston Southern (77-60), UNC Asheville (104-71), Campbell (62-53), Longwood (70-68), Radford (81-77), Gardner Webb (74-70), Presbyterian (89-88), Hampton (87-81),USC Upstate (90-82), High Point (84-76) ;

Quelques chiffres clés : 34.4% à trois points, 54.1% à deux points (25ème meilleure équipe du pays), 63.4% sur la ligne des lancers francs (342ème équipe du championnat).

Les nouveaux visages de Winthrop :

Toneari Lane (freshman, ailier) : arrive de High School (Grayson H.S) ;

Kelton Talford (freshman, ailier) : arrive de High School (Great Fall H.S) ;

Adonis Arms (redshirt junior, arrière) : transfuge en provenance de Northwest Nazarene (division II), où il affichait une moyenne de 20.6 points, 5.4 rebonds et 3.3 passes. Sort d’une saison blanche suite à ce transfert.

Le joueur à suivre de très près :

D.J. Burns (redshirt sophomore) : 11.9 points, 4.1 rebonds et 1.2 passes de moyenne.

Dès ses premiers pas en College Basketball avec Tennessee, D.J. Burns avait un mauvais pressentiment quant à son avenir chez les Vols… Concurrence XXL, un joueur qui est loin des profils athlétiques de ses coéquipiers, l’avenir s’assombrissait de plus en plus. Du coup, le prospect a décidé de partir du campus et c’est Winthrop qui attire le joueur, avec la promesse d’un temps de jeu dans un futur proche, que ce soit sur son année de redshirt freshman mais surtout, pour préparer l’après Josh Ferguson.

Comme prévu, l’intérieur est sorti du banc, en amenant son talent offensif, mais problème, défensivement, ce n’était pas trop ça, difficile de concurrencer efficacement le senior Ferguson. Cependant, au fil de la saison, le freshman grappille des minutes, se montrant toujours efficace. Il devient la seconde option en sortie de banc chez les intérieurs et se distingue de plus en plus. Il passe même devant la hiérarchie en fin de saison, glanant une place de titulaire, qui récompense son excellente saison.

Sa ligne de statistique parle d’elle-même. Il devient l’un des freshmen les plus hype de la conférence, avec notamment cinq nominations pour le freshman de la semaine. C’est logiquement qu’il remporte le titre de meilleure première année dans la conférence, le tout avec quelques performances historiques à la clé.

Il termine sa saison avec 394 points au compteur, soit le deuxième meilleur marqueur pour un freshman (sur une saison), de l’histoire de Winthrop ! Il bat le record de paniers réussis dans un match dans l’histoire de sa fac, en étant le deuxième meilleur marqueur de son équipe et le meilleur joueur, toute Big South confondue, au niveau des paniers inscrits…

C’est aussi le seul joueur de la conférence à passer la barre des 10 points de moyenne avec moins de 20 minutes de jeu… Oui, D.J. Burns n’avait même pas 20 minutes de moyenne sur le parquet ! Quand je vous dis que c’est un joueur propre et surtout, terriblement efficace ! C’est un prospect plus axé sur l’aspect offensif, et dans son jeu, il me fait penser à Cameron Krutwig, le joueur de Loyola Chicago. 

Pourquoi ? 

Physiquement, on est loin de standards que souhaite le basketball moderne, avec des intérieurs athlétiques, qui sautent partout et qui claquent des gros dunks. Non, D.J. Burns, c’est un joueur un peu old school, qui possède un QI basket et une panoplie offensive dos au panier incroyable. Bien souvent, les adversaires dans la Big South privilégient la défense de zone contre Winthrop… Erreur de débutant. Burns adore recevoir le ballon tête de raquette, face ou bien dos au jeu. Après, le talent parle. Une patte gauche splendide, un footwork lent mais ô combien efficace et un physique un peu lourd qui lui permet d’enfoncer physiquement ses adversaires directs, pour finir près du cercle (même s’il préfère finir à 3-4m sur un tir). On a pu le voir à son aise lors du tournoi de conférence et il a livré une masterclass contre Hampton en finale, avec 16 points (meilleur marqueur du match). Il ne cesse de progresser et avec une place de titulaire cette saison, il aura plus de responsabilité. Quand on voit son rendement de la saison dernière avec un temps de jeu limité, on est impatient de le voir en action ! Freshman de l’année sur son premier exercice, joueur de l’année pour le suivant ? C’est fort possible.

Le cinq majeur possible :

Chandler Vaudrin (redshirt senior) : 9.3 points, 5.8 rebonds et 5.8 passes de moyenne ;

Kyle Zunic (senior) : 5.5 points, 3 rebonds et 1.9 passes de moyenne ;

Charles Falden (senior) : 6.7 points et 2.9 rebonds de moyenne ;

Michael Anumba (junior) : 6.8 points et 4 rebonds de moyenne ;

D.J. Burns (redshirt sophomore) : 11.9 points, 4.1 rebonds et 1.8 passes de moyenne.

Présentation de la saison de Winthrop en Big South :

Winthrop a connu une intersaison plutôt tranquille, avec seulement deux départs importants, en la personne de son leader Hunter Hale et de son pilier intérieur, Josh Ferguson. Pour combler ce manque, trois recrutements, dont deux ailiers qui peuvent jouer poste 4 et surtout, Adonis Arms, qui sera enfin éligible et qui sera à la lutte pour une place dans le cinq majeur (à la place de Kyle Zunic sans doute). Aussi non, l’effectif reste le même, pour une nouvelle conquête dans la Big South.

Pour ceux qui découvrent Winthrop, c’est une équipe assez… Atypique. La cause ? C’est une équipe qui prône le jeu « small ball », en jouant avec quatre extérieurs / 4 combo guard, et un intérieur. Cela peut étonner, oui, mais les Eagles réussissent dans ce système, qui a ses points positifs et surtout, ses points négatifs. Jouer petit permet de jouer sur un tempo élevé, avec sur demi-terrain, quatre joueurs écartés à trois points et un intérieur poste haut, qui créer le jeu pour ses coéquipiers. Chaque joueur de Winthrop est capable de tirer à trois points, avec plus ou moins de réussite il est vrai…

Michael Aumba, le prospect italien, a connu quelques coups de chaud à longue distance et reviendra sur le campus avec plus d’attente sur ses épaules. Chandler Vaudrin est la pièce maitresse de cette équipe de Winthrop, que ce soit offensivement ou défensivement. C’est lui qui dicte le tempo sur les deux côtés du parquet, le tout en se montrant efficace au niveau du scoring et sur les autres aspects du jeu. Parlons de la défense, ce « small ball » permet de mettre une pression monstre sur le porteur de balle, mais pose un énorme souci à l’intérieur comme prévisible. La zone, un mix entre une 3/2 et une 1/3/1 trappe tout terrain, trompe souvent les adversaires, mais une fois que le premier rideau défensif est franchi, on serre les fesses derrière, surtout sans Josh Ferguson maintenant. D.J. Burns va devoir défendre, lui qui aura un nouveau statut après son excellente saison de freshman. On l’attendra en attaque mais aussi en défense, ce sera primordial si Winthrop veut faire quelque chose au niveau national. Fort heureusement, ce manque d’intérieur ne se fait pas trop ressentir sur les situations de rebonds, avec des extérieurs qui sont capables de se montrer efficace dans ce domaine. C’est surtout au niveau de la défense pure que cela coince…

Winthrop possède le talent nécessaire pour continuer sa domination dans la Big South, avec la March Madness en ligne de mire. C’est là où on verra si cette mentalité de jeu peut être efficace à long terme, ou si c’est juste une adaptation aux adversaires de la conférence. En tout cas, Winthrop est une équipe plaisante à voir sur un parquet et cela ne changera pas pour ce nouvel exercice !