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Isaiah Miller UNC Greensboro vs Kansas 2020
(Crédit photo : Jay Biggerstaff - USA TODAY Sports)

“Gem of the Week” : UNC Greensboro (SoCon)

En cette saison de basketball universitaire, Midnight on Campus renouvelle son rendez-vous hebdomadaire (a minima) sur la perle inconnue qui nous a impressionné au cours de la semaine : la “Gem of the Week“. Huitième épisode de la saison : après New OrleansNicholls StatePepperdineDelawareNorthern Colorado, Little Rock et Rhode Island, place à UNC Greensboro (SoCon).

D’ici à la March Madness, on présente les possibles “Cendrillons”. Aujourd’hui, le potentiel meilleur programme de la SoCon, l’une des conférences les plus denses en Mid-Majors, passe à la casserole en la personne de UNC Greensboro.

En effet, UNC Greensboro est un habitué du podium dans la SoCon.

La saison dernière, les Spartans étaient une nouvelle fois dans la course pour le titre de conférence malgré un effectif encore “jeune” (une majorité de juniors). L’équipe se hisse jusqu’en finale du tournoi de conférence après une saison régulière solide (26 victoires pour 5 défaites) et une victoire contre Furman en 1/2 finale du tournoi au terme d’un match incroyable, digne de l’adversité en SoCon.

Cependant, les Spartans n’ont rien pu faire en finale face au trio magique de Wofford, composé de Fletcher Magee, Nathan Hoover et Cameron Jackson.

Ceci dit, le bon exercice en 2018-19 permet à UNC Greensboro d’être invité au NIT. Après une mise en route sans difficultés contre Campbell (84-69), les Spartans s’inclinent dès le tour suivant face à Lipscomb (86-69), en passant complètement au travers de la rencontre.

Malgré cet accident de parcours, UNC Greensboro a prouvé son statut de contender numéro 1 de Wofford en SoCon et arrive en 2019-20 avec un effectif qui n’a pas subi trop de pertes (sauf l’intérieur Francis Alonso, un des leaders offensifs) et qui conserve son noyau dur.

Ainsi, avec les possibles saisons de transition des cadors de la conférence (excepté Furman), les attentes sont simples et claires : la March Madness. Point.

Une masterclass pour lancer la saison de UNC Greensboro en SoCon

Forcément, en tant qu’équipe des Mid-Majors capable de battre n’importe qui sur un match, les grosses écuries sur le plan national sont frileuses et ne programment pas de matchs contre UNC Greensboro.

Le programme limite la casse avec des matchs contre Georgetown, Vermont, Northern Kentucky, Kansas et NC State. Seulement 2 défaites face à Kansas et NC State, à chaque fois de peu, ce qui est frustrant mais aussi tellement fondateur pour la suite de la saison.

Hormis une défaite surprise contre Montana State (sur un tir du milieu de terrain au buzzer) UNC Greensboro a plutôt bien géré cette première partie de saison.

Battre Georgetown et Radford à l’extérieur reste une belle performance qui fait un bien fou au CV. Pourtant, la défaite contre NC State est extrêmement dommageable tant les Spartans avaient la partie en mains.

C’est donc avec une confiance maximale que l’équipe débute les matchs de conférence. Un véritable marathon, aucun match cadeau (surtout à l’extérieur) et une bataille de tous les instants.

Les Spartans enchainent bien contre Mercer (72-63) avant de connaître une défaite à Wofford, après 2OT, au terme d’un match qui rentre directement dans mon Top-10 des plus belles parties de la saison. Tous les ingrédients pour un match dantesque étaient présents. Mais, au final, UNC Greensboro s’incline (92-98). L’équipe n’y arrive décidément plus contre les Terriers.

Quatre jours plus tard, UNC Greensboro reçoit un concurrent direct pour le podium en SoCon, East Tennessee State, pour une nouvelle défaite (64-57). Les Spartans ne sont pas loin du burnout, épuisés physiquement (et mentalement) par la défaite à Wofford. Une attaque peu inspirée et une défense qui limite la casse.

2 défaites dès le début des matchs de conférence, UNC Greensboro ne connait pas un départ idéal.

Sauf que, dans la foulée, un déplacement sur le terrain du supposé patron de la SoCon, Furman, se termine avec une masterclass des Spartans. Ils contrôlent Jordan Lyons à merveille et arrivent de nouveau à faire parler leur collectif. A la hauteur de l’engagement et de l’investissement de l’équipe, UNC Greensboro repart avec une belle victoire (86-73).

Depuis cette victoire ? Trois autres succès contre The Citadel (+10), contre Chattanooga (+20) et contre Samford (+7). Tout roule.

Pourquoi, me demandez-vous ? Grace à son véritable ADN : la défense.

Des fondamentaux défensifs qui propulsent l’attaque

Lors de cette dernière série de victoires, la défense est de nouveau productive.

Elle provoque surtout un nombre important de pertes de balles adverses. Contre Furman, qui était encore invaincu à l’époque, les Spartans forcent 17 pertes de balles. Oui, Furman perd pas mal de ballons cette saison, mais la force d’UNC Greensboro est de transformer ses pertes de balles en points : 24 face aux Paladins (sur un total de 86 inscrits).

C’est assez énorme, surtout pour une équipe qui évolue loin de ses terres.

Une statistique a émergé sur les réseaux sociaux et elle est assez éloquente. Contre Furman, The Citadel et Chattanooga, UNC Greensboro a forcé 68 pertes de balles et elles ont donné 74 points au tableau d’affichage.

74 points !

2ème meilleure équipe du championnat au niveau des pertes de balles provoquées, 6ème dans la catégorie “hors interceptions”, le tout en limitant l’apport offensif de son adversaire avec efficacité.

Oui, UNC Greensboro est une équipe avec des fondamentaux défensifs plus que correctes et c’est un énorme avantage, surtout en conférence Southern, connue pour ses forts scoreurs.

Offensivement, c’est un peu moins bien.

Certes, il est difficile d’être bon dans les deux domaines au niveau universitaire. UNC Greensboro compte toutefois dans ses rangs un joueur incroyable en la personne du junior Isaiah Miller.

Isaiah Miller, leader et intercepteur de UNC Greensboro

Isaiah Miller, meilleur joueur de la SoCon en pré-saison, tient toutes ses promesses et assume parfaitement son rôle de leader. Il est actuellement le meilleur marqueur (18.5 points), deuxième intercepteur (2.7) et septième passeur (3.1) de la conférence.

C’est forcément un joueur qu’on est obligé d’aimer quand il évolue sur un parquet. Un joueur énergique qui adore agresser le cercle et qui finit le plus souvent de manière très autoritaire. Il est surtout le premier joueur dans la fameuse presse tout-terrain (1-2-2) des Spartans, d’où son nombre important d’interceptions.

Il s’est mué comme le leader de UNC Greensboro et c’est un prospect qui, s’il continue de progresser comme il le fait actuellement, peut attirer les yeux des scouts en NBA.

Mais il n’est pas le seul joueur intriguant des Spartans.

Le bondissant intérieur James Dickey (8 points, 8.8 rebonds) s’est notamment distingué contre Furman, avec 8 points, 12 rebonds… et 7 passes décisives.

Le duo de sophomores entre Kaleb Hunter et Angelo Allegri est une agréable surprise. Ils sont maintenant titulaires et sont parfaits dans leurs rôles respectifs. De plus, Kaleb Hunter revient bien après une petite blessure et il apporte vraiment un relais important au niveau du scoring.

Le banc est jeune mais le coaching staff n’hésite pas à responsabiliser les joueurs secondaires sur des petites séquences. Il faut dire que la profondeur de banc est assez bonne et les Spartans peuvent se permettre de faire souffler ses cadres.

UNC Greensboro est une équipe collective qui s’appuie surtout sur une philosophie défensive.

Ce savoureux mélange permet au programme de viser à la March Madness en 2019-20. Et un tel objectif est d’autant plus accessible quand on regarde les rencontres contre Furman ou contre certains cadors qui se qualifieront normalement à la March Madness (on pense à Kansas). Ce serait une juste récompense pour le programme, qui, rappelons-le, n’était pas loin de sortir Gonzaga au First Round du NCAA Tournament en 2018 (défaite de 4 points).

Après de nombreuses années de galères et de NIT, UNC Greensboro s’est installé dans le peloton de tête en SoCon. Le travail paye tôt ou tard, c’est bien connu.

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