Soutenez Midnight on Campus avec Patreon !
Colbey Ross Pepperdine USC 2019
(Crédit photo : Hans Gutknecht - Los Angeles Daily News/SCNG)

“Gem of the Week” : Pepperdine Waves (WCC)

En cette saison de basketball universitaire, Midnight on Campus renouvelle son rendez-vous hebdomadaire (a minima) sur la perle inconnue qui nous a impressionné au cours de la semaine : la “Gem of the Week“. Troisième épisode de la saison : après New Orleans et Nicholls State, place à Pepperdine en WCC.

Pepperdine est souvent considéré comme une équipe moyenne (voire un punching-ball) en West Coast Conference. En même temps, il est difficile d’exister avec des équipes telles que Gonzaga, Loyola Marymount ou Saint Mary’s.

Mais, à chaque saison, les Waves opposent une belle adversité aux cadors (hormis Gonzaga). Le bilan général est souvent négatif en fin de saison, comme en 2018-19, avec un bilan général de 16 victoires pour 18 défaites et seulement 6 victoires (et 10 défaites) en WCC.

Bonne nouvelle : une vieille connaissance est revenue au poste de head coach : Lorenzo Romar.

Entraîneur de Pepperdine pendant 3 saisons à la fin des années 90 avant de partir pour une grande partie de sa carrière à Washington, il est de retour et entame sa deuxième pige avec les Waves. Et les résultats sont immédiats avec un premier exercice plus que prometteur pour une équipe qui sortait d’une saison 2017-18 catastrophique (6 victoires sur le saison).

Il faut du temps pour reconstruire un programme ; Lorenzo Romar, avec ses contacts dans le paysage universitaire, est la personne idéale pour ce job.

Les Waves ont prouvé leur potentiel face à Arizona

Que vaut Pepperdine sur le début de saison ? Et bien, c’est plus qu’encourageant.

D’un point de vue strictement comptable (3 victoires pour 6 défaites), cela ne mérite pas nécessairement une place de “Gem of the Week”. Mais, quand on se penche sur les matchs et leur contenu, les Waves affichent un niveau aux antipodes des saisons précédentes et c’est beaucoup plus cohérent.

Les 3 victoires interviennent contre 3 équipes de même niveau (même si Abilene Christian déçoit en ce début de saison).

Auparavant, Pepperdine aurait perdu ces matchs serrés… surtout que lors du match d’ouverture, les Waves ont perdu de manière significative sur le parquet de California (87-71), face à une équipe très athlétique au niveau des postes intérieurs.

Puis, au cours de la fameuse période des tournois de novembre, Pepperdine est invité au Wooden Legacy face à des équipes comme #19 Arizona, Long Beach State, UCF, Providence, Wake Forest ou Penn.

Le tournoi commence fort avec le favori, Arizona, qui se dresse sur le chemin. Je vais aller droit au but : la rencontre passe directement dans mon Top-3 des matchs du début de saison.

Un match dantesque avec 2 équipes qui se répondent coup après coup et 40 minutes de très haut niveau, digne d’un grand tournoi en mars. Au final, Pepperdine s’incline sur un tir ultra-clutch de Nico Mannion, sur le score de 93 à 91.

Rien que sur ce match, on peut entrevoir le potentiel d’un jeune groupe qui est capable de rivaliser avec le futur champion de la conférence Pac-12.

Les deux autres matchs de ce tournoi se soldent aussi par une défaite, à chaque fois, de peu : -13 contre UCF puis -3 contre Providence. Les Waves terminent le Wooden Legacy avec un bilan de 0 victoire pour 3 défaites, mais prouvent que sur un match, l’équipe peut rivaliser contre n’importe qui.

3 revers, certes, mais c’est encourageant pour la suite de la saison.

“Pepperdine, it’s all about offense !”

Amateur de défense (que je suis), Pepperdine n’est pas fait pour vous.

Il faut regarder un match de Virginia pour le coup (et des matchs avec des scores de poussins). Lorenzo Romar prône un jeu plus qu’offensif, up-tempo, bien typé pour la West Coast. L’équipe joue vite, surtout en transition, et n’hésite pas a prendre des tirs. De toute façon, la meilleure philosophie reste “il vaut mieux louper un tir que perdre une balle”.

Un tel dicton représente bien l’équipe, qui affiche des statistiques très élevées dans certains domaines.

34ème meilleure équipe sur le pourcentage à 3-pts, 2ème (!) sur le pourcentage aux lancers-francs et 46ème sur l’efficacité offensive de manière générale.

Oui, Pepperdine joue l’offensive (un peu trop même) et, pour les spectateurs, c’est un réel plaisir à regarder.

Bien souvent, vous ne comptez pas plus de 3 ou 4 passes avant un tir. Petite nouveauté : les Waves essayent de jouer sur demi-terrain. On a pu entrevoir de telles actions avec parcimonie lors du Wooden Legacy.

La finalité reste la même avec souvent un tir à 3-points en fin de système.

Le meneur de Pepperdine, Colbey Ross (qui est le leader offensif mais aussi le métronome de l’équipe) affiche une moyenne de 20.1 points, 7.3 passes et 4.1 rebonds depuis le début de saison.

Mais on reparlera du meneur junior en début de semaine prochaine, avec une “Film Room” spéciale à propos de sa performance incroyable contre Arizona.

Colbey Ross n’est pas le seul joueur important de l’effectif. Il faut dire que le cinq majeur est très productif, avec des joueurs du banc qui propose un apport bien maigre. Cela explique notamment la défaite en fin de match contre Providence, avec des cadres complètement carbonisés…

A l’intérieur, les frères Kameron et Kessler Edwards réalisent un travail exemplaire. Kessler est davantage un joueur de l’ombre alors que Kameron pèse vraiment sur les défenses adverses, avec son profil très athlétique. Les deux compères sont très actifs sur les rebonds, notamment, offensifs.

Lorenzo Romar encourage ses intérieurs à jouer le rebond offensif, en sachant qu’ils peuvent rapidement revenir en défense. Le problème, c’est que cela augmente le facteur de faute et c’est une chose que ne peut pas se permettre l’équipe quand on voit la petite rotation.

En tout cas, cela fait plaisir de retrouver Kameron Edwards à un tel niveau, lui qui a connu des multiples blessures durant son cursus universitaire.

Skylar Chavez, l’atout défensif de Pepperdine.

Lorenzo Romar présente toujours du bon travail pour dénicher des pépites freshmen mais également sur le marché du Junior College. Et son plus beau recrutement n’est autre que Skylar Chavez.

Le prospect sort d’un cursus complet de deux ans en JUCO, avec Santa Rosa Junior College, où il affichait une moyenne de 27.8 points, 6.9 rebonds, 2.5 passes et des multiples distinctions à la fin de sa saison de sophomore (comme une place dans le cinq majeur de l’Etat). Il a connu quelques coups de chaud, avec notamment 9 matchs à plus de 30 points et 3 à plus de 40 points.

C’est une belle revanche pour le joueur, snobé à sa sortie du lycée, malgré un excellent cursus. Son passage en JUCO a été formateur, lui qui est maintenant titulaire à Pepperdine, avec le statut de “3&D” par excellence.

Fort défenseur sur l’homme, Skylar Chavez est aussi un shooteur très adroit à longue distance (c’est lui qui inscrit le tir un peu plus haut). Il affiche une moyenne de 10.8 points depuis le début de saison, en étant la 3ème option offensive de Pepperdine.

Il adore prendre des tirs en première intention sur le jeu en transition, mais il est surtout efficace sur jeu placé, profitant des bons écrans des frères Edwards.

Pepperdine alterne entre la défense de zone et l’individuelle ; et Skylar Chavez se coltine le meilleur joueur adverse. En zone, il défend surtout en bas et malgré la différence de taille, il est efficace avec un modèle de défense au corps.

Le problème ?

C’est que Skylar Chavez est l’un des seuls joueurs des Waves à défendre de la sorte. Et les chiffres ne mentent pas : Pepperdine côtoie les pires défenses de Division I.

Les Waves, nouveaux outsiders de la WCC ?

Pepperdine aime jouer les grandes équipes avec un calendrier qui propose de l’adversité.

Offensivement, ils sont l’une des meilleures équipes du championnat et la performance contre Arizona est exceptionnelle (j’insiste, le match est trouvable sur YouTube et c’est un must-see). Donc oui, on peut entrevoir une possible belle surprise et les Waves sont capables de flirter avec le Top-4 en 2019-20.

Cela dépendra surtout de l’impact des blessures, avec un banc assez inexpérimenté. Mais au niveau du cinq majeur, c’est extrêmement solide et cohérent.

En tout cas, Pepperdine est un vrai coup de coeur. Pourtant, je ne suis pas le plus grand fan de Lorenzo Romar mais son travail commence à porter ses fruits dès sa deuxième saison avec les Waves, cela promet pour la suite !

Plus de lecture ?
Tre Jones Duke vs Georgia State Week 2 2019
MoC Top 25, Week 3 : Duke chipe déjà la place de leader à Kentucky