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(Crédit photo : Merrimack College Athletics)

“Gem of the Week” : Merrimack (NEC)

En cette saison de basketball universitaire, Midnight on Campus renouvelle son rendez-vous hebdomadaire (a minima) sur la perle inconnue qui nous a impressionné au cours de la semaine : la “Gem of the Week“. Neuvième épisode de la saison : après New OrleansNicholls StatePepperdineDelawareNorthern Colorado, Little Rock, Rhode Island et UNC Greensboro, place à Merrimack (NEC).

Alors que la saison régulière connaît ses derniers instants, on y voit plus clair dans la plupart des conférences en Mid-Majors et notamment dans la conférence NEC.

Une énorme sensation (et le mot est faible), tout juste arrivée de la Division II, est actuellement en tête de la conférence, à une journée de la fin de la saison régulière. Oui, Merrimack est un OVNI.

Joe Gallo, l’homme derrière le succès de Merrimack

Petit programme situé à North Andover (Massachusetts) et membre de la conférence Northeast-10, Merrimack faisait souvent partie des favoris de l’une des ligues historiques de la Division II.

Avec un succès en demi-teinte sur la scène nationale, les Warriors amorcent une nouvelle ère en 2016 avec le recrutement d’un jeune head coach, Joe Gallo. Ancien joueur de l’équipe, il connaît bien la mentalité et la philosophie de l’université. Mais il apporte aussi une touche personnelle avec un basketball plus moderne et plus en adéquation avec ce que l’on voit sur les divers parquets dans le monde.

Il rejoint le coaching staff de Merrimack, pendant 4 ans, à la fin de sa carrière universitaire. Il obtient par la suite une belle promotion en prenant la direction de la Division I à Dartmouth pendant 2 ans puis à Robert Morris pendant 4 ans, avec qui il a connu la March Madness en 2014.

Deux ans plus tard, il est contacté par son “alma mater” et il se voit confier le poste de head coach de Merrimack. Rapidement, il repositionne les Warriors au sommet de la conférence. Il obtient même un ticket pour le NCAA Tournament de Division II dès sa première saison (pour une défaite au premier tour). Sa deuxième saison est encore meilleure : une 2ème place dans la conférence et une demi-finale régionale au tournoi national !

Merrimack réapparait dans le paysage universitaire et, forcément, les recrues de qualité considèrent dorénavant le programme dans leur short-list.

La troisième saison est de même facture. Sauf que, cette fois-ci, Merrimack s’incline dès le 1er tour du NCAA Tournament avec un groupe un peu plus jeune.

Mais, le plus important est ailleurs : la NCAA a validé la demande de l’école pour une progression en Division I dès la rentrée de septembre 2019. Un coaching staff peut changer le visage d’un programme, c’est indéniable.

Une première saison en Division I tout bonnement… incroyable

Malheureusement, les programmes qui suivent une transition de la Division II à la Division I doivent toujours passer par une longue période d’adaptation.

La différence de niveau n’est pas anecdotique. Et, le but sur les deux premières saisons, c’est de se faire un nom, ramasser de l’argent et de la visibilité avec des séries contre des équipes plus connues (sans vraiment prendre en compte les résultats comptables).

Mais, Merrimack n’est pas comme un programme lambda, loin de là.

Le calendrier hors-conférence pour des premiers pas en Division I est assez solide, avec des équipes comme Providence, Northwestern, Akron, Brown, UC Santa Barbara ou Boston U. Étonnamment, les Warriors arrivent à exister dans ses rencontres, avec un bilan de 6 victoires pour 7 défaites

Oui, ils récupèrent une victoire de prestige contre Northwestern, une équipe issue du Power Six, dès la première semaine de compétition en novembre.

Et puis, arrive le moment des matchs de la conférence NEC.

Une lutte assez ouverte se déclare cette saison avec Bryant, St Francis (PA), Robert Morris et Sacred Heart pour le titre de saison régulière. D’ailleurs, Sacred Heart est la première victime de Merrimack en match d’ouverture, avant que les Warriors ne perdent que de peu face à Robert Morris.

S’en suit une série de 9 succès de rang. Oui, 9 victoires consécutives, face à des des programmes visant le podium à minima en NEC.

Merrimack est la sensation du basketball universitaire au cours du mois de janvier (au même titre que San Diego State).

Voir les Warriors aussi productifs, en s’imposant contre des programmes plus huppés, personne n’y croyait. Ni même les fans. Mais la vérité du parquet ne ment jamais et le programme caracole (déjà) en première place de la conférence NEC, avec une maîtrise déconcertante.

Il reste encore un match de saison régulière aux Warriors, contre Central Connecticut (4-25), qui normalement doit se solder par une victoire et un bilan de 14 victoires pour 4 défaites en NEC.

L’opposé de ce qui était prévu et c’est assez incroyable.

Malgré une saison extraordinaire et un possible (à 99% de chance) titre de conférence, Merrimack n’est pas éligible pour la March Madness.

La NCAA oblige (et c’est logique pour la pérennité d’un programme) une période d’inéligibilité de 4 ans sans tournoi d’après-saison. Une période qui permet une construction propre pour un programme qui réalise une telle transition.

Cependant, les Warriors sont éligibles pour les autres tournois d’après-saison. Le programme a reçu une invitation pour le CBI et le CIT, et, peut même espérer une invitation au prestigieux NIT.

Imaginez, Merrimack jouait en Division II l’année dernière !

Merrimack est-il le nouveau patron de la NEC ?

Après une saison en Division I et surtout lorsque l’on voit la progression sous l’ère de Joe Gallo, on ne peut répondre que oui à cette interrogation.

Le programme est structuré, attire les jeunes prospects et obtient des résultats. Que demander de plu, surtout quand on regarde près l’effectif des Warriors.

Certes, 3 seniors jouent dans le cinq majeur, mais, la jeunesse en sortie de banc est assez prometteuse. Et puis, le sophomore Mikey Watkins apparait comme le futur visage de Merrimack lors des prochaines saisons. Il profite pour le moment de l’expérience de Jaleel Ford et de Juvaris Hayes ; cependant, dès le prochain exercice, ce sera à lui de guider son équipe.

Il faut aussi garder un œil sur les freshmen Mykel Derring, Ziggy Reid et Jordan Minor, qui auront beaucoup plus de responsabilités dès 2020-21.

Merrimack est un programme typique qui n’excelle pas dans un domaine particulier et qui joue ensemble et dur. Aucun calcul sur le parquet. Chacun apporte sa pierre à l’édifice d’une équipe extrêmement bien coachée. C’est rare que je sois aussi optimiste pour une équipe en transition, car, Merrimack est à part.

Les Warriors sont une agréable surprise. Ils montrent la voie à d’autres équipes qui désirent évoluer vers la Division I. Et, oui, il est possible d’être productif dès la première saison.

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