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Evan Mobley Freshman USC Trojans Pac-12 2021
(Crédit photo : John McGillen - USC Trojans Athletics)

À USC, Evan Mobley est un modèle d’influence

L’an passé, alors que les Trojans pouvaient envisager de passer quelques tours à la March Madness, les observateurs ne juraient que par un homme : Onyeka Okongwu. Le costume d’intérieur des Trojans était à pourvoir après le départ de ce dernier pour la NBA, sélectionné en 6ème position de la Draft 2020 par Atlanta.

Arrivé avec l’étiquette de lycéen star, Evan Mobley a fait plus que répondre aux attentes.

Ils les a surclassés. 

Et, grâce aux performances impressionnantes de son pivot, USC rayonne.

Les hommes d’Andy Enfield ont conclu la saison régulière à la 2ème place de la conférence Pac-12. De quoi s’imposer, petit à petit, comme un outsider sérieux pour le NCAA Tournament. Avec 16.4 points, 8.6 rebonds, 2.9 contres et 2.1 passes de moyenne, Evan Mobley s’est déjà imposé comme le leader des Trojans aux côtés de son frère Isaiah.

Si, dès ses premiers pas dans la ligue de basketball universitaire, l’on pouvait imaginer un Evan Mobley dominant en attaque, c’est surtout en défense que le plus jeune de la fratrie impressionne.

Un impact global qui a profondément changé le jeu des Trojans. 

Evan Mobley, véritable tour de contrôle défensive

Cette saison, USC n’encaisse que 64.1 points en moyenne par match. C’est encore mieux que les 66 points encaissés par les Trojans en 2019-20.

Cette différence peut, sur le papier, paraître infime mais elle permet aux hommes d’Andy Enfield de se positionner en tant que 38ème meilleure défense du pays (contre une 77ème place la saison passé). Si la réussite n’est pas l’oeuvre du seul Evan Mobley, l’ancien pensionnaire de la Rancho Christian High School en est un acteur majeur.

Pour cause : avec ses 2,13m, le natif de San Diego est un excellent protecteur de cercle.

Vous me diriez, Onyeka Okongwu l’était également. Ce n’est pas faux, mais, Evan Mobley excelle ailleurs. 

Très bon contreur, il tourne à près de 2.9 contres de moyenne.

Le numéro 4 est l’archétype même de l’intérieur moderne.

Capable de sortir très loin sur le porteur de balle lors de situations de pick-and-roll, Evan Mobley peut également tenir les duels lorsqu’il faut switcher sur les extérieurs. Ainsi, ses facilités en défense rappellent étrangement celles de Jaren Jackson Jr., ancienne pépite de Michigan State qui brille aujourd’hui à Memphis en NBA.

Aussi, s’il pouvait se montrer naïf dans les rotations en début de saison, le freshman a affiché de sérieux progrès dans ce compartiment, essentiel, du jeu. Evan Mobley ressemble, un peu et à mon humble avis, à un joueur tel que Al Horford. Un joueur capable d’effacer, et de combler, les décalages grâce à un QI basket supérieur à la moyenne.

Les arrières des Trojans en ont profité pour mettre une grosse pression sur les porteurs de balle adverses sans avoir peur de perdre leurs duels. Une aubaine pour Ethan Anderson, meneur au profil pile électrique, Tahj Eaddy et Isaiah White, qui a excellé dans ce domaine au cours de la totalité de sa carrière en NCAA, de Utah Valley à USC. 

Autant dire que la défense apportée par Evan Mobley a permis à USC de remporter un grand nombre de rencontres.

Ce n’est pas un hasard si son “defensive win share” (une statistique un peu abstraite qui permet d’estimer le nombre de victoires apportées par un joueur grâce à ses habilités défensives) est le plus élevé dans l’effectif des Trojans. À seulement 19 ans, le petit frère d’Isaiah est déjà l’homme à tout faire dans le roster d’Andy Enfield.

Et, il a prouvé qu’il savait se sublimer dans les moments importants.

A l’instar de la rencontre qui opposait USC à Stanford.

Éblouissant, Evan Mobley avait permis aux siens de n’encaisser qu’un seul panier dans les 4 dernières minutes et de remporter une victoire salvatrice. Une telle capacité à exceller dans les moments chauds ne sera pas de trop lors de la March Madness.

Un impact offensif tout aussi évident

Résumer l’impact d’Evan Mobley à sa défense serait occulter le talent offensif du bonhomme.

Si l’on pouvait douter de son impact en attaque avant la saison, en raison de l’inconstance de Ethan Anderson dans la création, l’intérieur a impressionné. Il n’y a qu’à se pencher sur les statistiques pour se rendre compte de l’impact du freshman. Lorsqu’il est sur le parquet, les hommes d’Andy Enfield marquent 1.085 points par possession… contre 0.929 lorsqu’il est assis sur le banc.

Un domaine où Evan Mobley est, encore une fois, le Trojan avec le meilleur rendement. 

D’abord, l’intérieur s’avère être un excellent intérieur sur pick-and-roll.

Si on aurait aimé le voir évoluer avec un meneur de jeu plus playmaker (sans manquer de respect à l’excellent Tahj Eaddy qui a bien d’autres qualités), il est largement capable de finir rapidement, et souvent avec énergie, au cercle. Ses mains sont d’ailleurs excellentes et Evan Mobley devrait souvent être à la conclusion de alley-oops à l’échelon supérieur. 

Son excellent QI basket lui permet aussi d’être à l’aise lorsqu’il faut couper vers le panier.

Ainsi, il n’est pas rare de voir ses extérieurs le servir sur des situations de trailer. Intérieur moderne, il peut sanctionner ses adversaires au poste bas, notamment avec l’aide de ses hooks. Il n’hésite pas non plus à vite remonter pour conclure les actions tant il est efficace au rebond offensif.

Sauf que, surtout, le freshman a montré quelques belles choses à la passe.

De quoi être un facilitateur de jeu dans les différents systèmes d’Andy Enfield. Une qualité que ne possédait pas Onyeka Okongwu et qui explique, en partie, la progression des Trojans en 2020-21. 

Il reste néanmoins encore quelques progrès à faire pour le natif de San Diego.

S’il est capable de s’écarter, à 4 ou 5 mètres du cercle, il doit améliorer son tir extérieur pour dominer. Sa mécanique de tir est aujourd’hui très primaire et devra être améliorée. Heureusement, il possède un excellent toucher de balle. Et, pour conclure dans la catégorie des tirs, il tourne par exemple à près de 70 % aux lancers-francs.

La marge de progression est donc immense, et essentielle, dans ce domaine.

À la March Madness, Evan Mobley aura l’occasion de surprendre (un peu plus) les observateurs en menant son équipe de USC à un beau parcours.

Et si les Trojans étaient l’équipe surprise du mois de mars ?

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