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Yves Pons Tennessee Volunteers Dunk 2019
(Crédit photo : Kenny Richmond - Rocky Top Insider)

“CBB Preview” : qui sont les 18 français en Division I en 2020-21 ?

Le nombre de français en NCAA augmente à vue d’œil à chaque nouvelle saison.

Malgré la situation exceptionnelle, de nouveaux basketteurs ont traversé l’Océan Atlantique pour tenter l’aventure américaine et découvrir les parquets universitaires. L’implémentation dans un nouvel effectif et dans une nouvelle ligue n’est jamais facile, d’autant plus au sein d’une culture différente. Certains réussissent, d’autres non.

Il est important de médiatiser et d’aider à connaitre les athlètes français en NCAA, et notamment au plus haut niveau, en Division I. La chronique “French Corner” existe déjà pour vous garder à jour. Aujourd’hui, on fait mieux avec une liste exhaustive des français qu’il faudra suivre en cette nouvelle saison.

À l’aube d’une nouvelle saison de basketball universitaire, nous avons listé les 18 français qui joueront en Division I en 2020-21.

Les français sous les lumières :

Olivier Sarr (Kentucky)

13.7 points, 9.0 rebonds et 1.2 contres en tant que junior

On ne présente plus Olivier Sarr.

Après avoir fait les beaux jours de Wake Forest durant 3 ans, et notamment une fin de saison dernière terminée sur les chapeaux de roue, le pivot français a longtemps hésité à l’intersaison avec un départ pour la NBA Draft. Il quitte bien les Demon Deacons au final… pour un transfert en direction de Kentucky. Un transfert rude et long avec la pandémie du COVID-19, comme il nous a confié.

Olivier Sarr obtient une opportunité dorée de conclure sa carrière universitaire sur une saison d’exception. Le senior devrait récupérer une place de choix dans la rotation intérieure de John Calipari. Et, du fait de son expérience, il devient de facto un leader du vestiaire des Wildcats.

Le titre de conférence SEC ? Une apparition à la March Madness ? Ou même un titre national si toutes les étoiles s’alignent ?

Qu’advienne la saison collective de Kentucky, Olivier Sarr peut espérer une saison terminée avec un double-double de moyenne (si ce n’est à plus de 20-10 de moyenne). Et puis, le senior originaire de Toulouse affrontera les meilleures équipes du pays avec Kansas, Notre Dame, UCLA, Louisville avant le calendrier de conférence SEC. Parfait pour se montrer à son meilleur jour devant des millions de paires d’yeux.

Et nous, français, auront Olivier Sarr sur nos écrans à chaque semaine de la saison. On ne peut pas rêver mieux.

Yves Pons (Tennessee)

10.8 points, 5.4 rebonds et 2.4 contres en tant que junior

Le SEC Defensive Player of the Year en titre est revenu sur le campus de Knoxville pour une ultime saison, à la suite d’un détour par le processus de la NBA Draft. Les Volunteers peuvent sauter de joie.

Yves Pons devrait également franchir un nouveau palier en tant que senior.

Excellent défenseur et force athlétique hors du commun, le français peut devenir une superstar dans la raquette de Tennessee s’il continue d’améliorer son shooting. Les progrès étaient déjà notables en 2019-20, notamment lorsqu’il s’écartait derrière l’arc, avec des réussites régulières à 3-pts. Son apport offensif sous le panier est déjà remarquable ; mais, à l’instar d’autres éléments de son jeu, il peut encore s’améliorer.

A l’inverse de Olivier Sarr, le collectif des Volunteers est taillé pour jouer le titre de conférence SEC grâce à une énorme expérience. Ils sont même les favoris.

4 des 6 meilleurs marqueurs sont de retour (Yves Pons inclus), E.J. Anosike est arrivé sur “graduate transfer” (15.7 points, 11.6 rebonds et First-Team All-NEC à Sacred Heart) et la promotion de recrutement est excellente avec 3 joueurs du Top-100 en Jaden Springer (#16), Keon Johnson (#19) et Corey Walker (#72).

Avec de la compétition au poste pour le pousser dans ses retranchements et un support épatant à chaque poste, Yves Pons se retrouve en position de continuer son explosion… et on ne parle pas (que) de ses dunks dévastateurs.

Joël Ayayi (Gonzaga)

10.6 points, 6.3 rebonds et 3.2 passes décisives en tant que sophomore

La spécialité de Joël Ayayi était de noircir sa ligne de statistiques à chaque sortie de Gonzaga. Il n’est pas passé loin de plusieurs triples-doubles, d’ailleurs. Le guard français s’est révélé en tant que danger sur chaque phase de jeu et il est rapidement devenu une pièce maitresse de la rotation de Mark Few.

Après une saison de redshirt sophomore réussie et terminée avec un titre de MVP au tournoi de conférence WCC, le Bordelais peut et doit viser plus haut.

Il est revenu chez les Bulldogs après un passage par le processus de la NBA Draft avec, certainement, une envie de faire mieux que Killian Tillie et Ronny Turiaf à Spokane. C’est-à-dire, remporter un titre national. Gonzaga est considéré comme un immense favori et propose un effectif en conséquence ; où Joël Ayayi possède une place de titulaire presque indiscutable.

Son association avec le freshman 5-étoiles Jalen Suggs permet possiblement de composer le duo le plus dynamique de la ligue.

Le français est déjà réputé pour être un des meilleurs guards rebondeurs du pays et son apport défensif sur le périmètre est une force dont on ne parle pas assez souvent. S’il peut diversifier son capital offensif d’autant plus et avec une meilleure régularité, le titre de WCC Player of the Year n’est pas une utopie… au même titre que plusieurs triples-doubles.

Pour sa 4ème année sur le campus de Gonzaga, Joël Ayayi devient a fortiori un leader de l’équipe sur et en dehors du terrain. Le meilleur est encore à venir pour lui.

Les français qu’il faut surveiller :

Alexis Yetna (South Florida)

12.3 points et 9.6 rebonds en tant que freshman

Le meilleur français que vous ne connaissez pas, sans aucun doute.

Alexis Yetna a réalisé une sublime saison de freshan à South Florida en 2018-19. Elle était si belle qu’il a terminé avec le titre de Freshman of the Year de la conférence AAC. Pourquoi ? Il terrorisait déjà les raquettes adverses. 14 doubles-doubles en 34 rencontres ainsi que 13 matchs à 15 points ou plus (dont une pointe à 28 points).

On attendait beaucoup de lui en 2019-20… jusqu’à la tuile.

Une lourde blessure au genou à quelques jours de la reprise et fin de saison avant qu’elle ne commence. Une terrible désillusion.

Mais, de retour à 100% de ses capacités, Alexis Yetna peut à nouveau entreprendre de casser toutes les raquettes de la conférence AAC. Surtout que 5 des 6 meilleurs marqueurs des Bulls sont revenus sur le campus et que Brian Gregory entre dans sa 4ème année à la direction de l’équipe.

Josh Mballa (Buffalo)

10.8 points et 9.6 rebonds en tant que sophomore

A la suite d’un faux-départ universitaire à Texas Tech, Josh Mballa s’est trouvé une situation favorable à Buffalo et le français peut continuer de construire sur une très belle saison de sophomore.

Il a graduellement pris ses aises au cours de l’année jusqu’à devenir le meilleur rebondeur des Bulls avec presque 10 rebonds de moyenne. Et, le duo composé avec Jeenathan Williams dans la raquette a été productif à chaque sortie. Bonne nouvelle : les deux big men seront à nouveau associés en 2020-21. Le Francilien devrait bénéficier de cette continuité pour prendre du galon.

Vous l’aurez compris, Josh Mballa s’impose en véritable maître du panier. Ce n’est pas pour rien qu’il conclut cette saison de la rédemption avec près de 4.6 rebonds offensifs par match !

Titulaire indiscutable, il est impossible qu’il ne franchisse pas un nouveau palier pour une 2ème saison complète à Buffalo.

Eddy Kayouloud (Central Arkansas)

12.2 points, 6.1 rebonds et 1.9 passes décisives en tant que sophomore

Vous n’avez probablement jamais regardé une rencontre de Central Arkansas. Mais, peut-être que cela changera en 2020-21 avec l’émergence de Eddy Kayouloud en tant que leader des Bears.

L’ailier-fort français a occupé une place importante au sein d’une rotation jeune. Avec près de 10 tirs par match (soit le 2ème meilleur total de l’équipe), il était une option majeure de l’animation offensive aux côtés du pivot Hayden Koval. Mais, celui-ci s’en est allé sur transfert et laisse un grand vide sous le panier. Nul doute que Eddy Kayouloud peut augmenter son scoring et titiller les 15 points de moyenne.

Qui plus est, le collectif de Central Arkansas retrouve 86% de son scoring et les Bears devraient se retrouver au coeur de la course au titre de conférence Southland.

Une motivation supplémentaire pour que Eddy Kayouloud se surpasse et devienne un joueur au rendement (très) important.

Yvan Ouedraogo (Nebraska)

5.7 points et 6.3 rebonds en tant que freshman

Il n’a seulement que 18 ans. Il a débuté sur les parquets de conférence Big Ten à 17 ans, pour ses premiers pas aux Etats-Unis. Et, pourtant, Fred Hoiberg donne toute sa confiance à Yvan Ouedraogo.

Le jeune pivot français s’est imposé très vite comme une pièce importante de la rotation, si ce n’est, comme un titulaire indiscutable de Nebraska. Il a été titularisée pour 30 des 32 matchs de la saison et il a terminé meilleur rebondeur de l’équipe. Il est même arrivé à inscrire son nom dans le registre des records des Cornhuskers.

En nombre de rebonds pour un freshman (203).

En nombre de rebonds en un seul match pour un freshman (19).

En nombre de doubles-doubles en une saison pour un freshman (3).

Il est rare qu’un intérieur français, surtout si jeune, apporte un impact immédiat dans l’une des conférences les plus relevées du pays. Et pourtant. Il faut tout de même re-contextualiser et ne pas oublier que Nebraska a erré dans les profondeurs de la Big Ten. Toutefois, l’avenir semble radieux pour le français.

Yvan Ouedraogo aurait perdu du poids à l’intersaison et amélioré sa finition au panier, peut-être son plus grand point noir en tant que freshman. Si son scoring s’améliore, il pourrait confirmer en tant qu’arme principal de Fred Hoiberg dans la peinture.

Daniel Batcho (Arizona)

14.8 points, 11.3 rebonds et 1.8 contres au Adidas Next Generation Tournament en 2020

On attendait beaucoup des débuts de Daniel Batcho à Arizona. Malheureusement, la recrue 4-étoiles des Wildcats a récemment subi une opération du genou et doit ainsi manquer les 2 premiers mois de compétition. Si ce n’est plus.

Ce n’est pas une nouvelle rassurante.

Le jeune ailier-fort français a déjà manqué une saison en 2018-19 à cause d’une autre blessure au genou (fracture de la rotule). La compétition est également forte dans la raquette d’Arizona. Le sophomore Christian Koloko, le senior Ira Lee et le transfert de Nevada, Jordan Brown, prendront une ou plusieurs longueurs d’avance. Daniel Batcho se dirige fortement vers une année blanche.

Toutefois, il ne manque pas de talent. Le français est l’un des meilleurs prospects européens de la dernière classe de recrutement et a dominé le Adidas Next Generation Tournament à Belgrade en 2020 avec le CFBB Paris. Il y a compilé une ligne de 14.8 points et 11.3 rebonds, tout en empochant le titre de MVP.

Même s’il ne joue pas de la saison, Daniel Batcho devrait faire les beaux jours des Wildcats dès ses premières minutes.

Le reste des français en Division I :

Josaphat Bilau (Wichita State)

Josaphat Bilau s’est engagé à Wichita State avec 5 petites années de basketball derrière lui et les meilleures équipes de NCAA à sa poursuite. Son développement continue, mais, on peut rêver plus grand avec un potentiel immense et des qualités athlétiques dignes des meilleurs intérieurs de la ligue.

Le poste 4 français possède le physique d’un pivot et des aptitudes d’ailier. S’il évite les blessures et que la situation se calme à Wichita State (vis-à-vis de Gregg Marshall), il pourrait enfin confirmer les attentes très élevées.

Ludgy Debaut (East Carolina)

Le Guadeloupéen, passé par la région marseillaise et Aix-en-Provence au lycée, est retombé sur ses pieds l’an passé à East Carolina après 2 années de Junior College (à Northwest Florida State College). Pas de chance : Ludgy Debaut a subi une blessure qui a mis un terme à sa saison après 3 matchs.

Paul Djoko (Northern Kentucky)

Paul Djoko a posé ses valises à Northern Kentucky depuis 3 ans. Et, après 2 saisons où il occupait le rôle de joueur de fond de banc, notre petit doigt nous dit que le redshirt junior originaire de Strasbourg peut franchir un palier.

Pourquoi ? Le guard devrait prendre la relève de Tyler Sharpe au poste de titulaire et à la mène des Norse. Une situation à suivre.

Melvyn Ebonkoli (Missouri State)

Melvyn Ebonkoli atterrit à Missouri State à la suite d’une saison de transition au sein de la Putnam Science Prep Academy, une des meilleures Prep Schools du pays. Le freshman est par ailleurs issu du centre de formation du Mans, où il a joué en Jeep Elite lors de la saison 2018-19, pour une moyenne de 6.1 points et 5.6 rebonds.

Nicolas Elame (UT Arlington)

Le Français d’origine camerounaise s’est installé doucement dans la rotation de UT-Arlington en tant que freshman. En effet, Nicolas Elame a bien terminé la saison passée avec une moyenne de 9.3 points sur les 3 derniers matchs, dont une pointe à 12 points et 8 rebonds face à Georgia State.

Nicolas Elame est déjà bien expérimenté au jeu américain. Le guard a passé une saison de sophomore au lycée à Christian Life Academy, près de Houston, avant de migrer dans l’Arizona à la Bella Vista Prep pour ses saisons de junior et senior.

Kane Milling (Nevada)

Après un bout de chemin au CSP Limoges et chez les Espoirs de Hyères-Toulon, Kane Milling s’est expatrié à Nevada. Il débute une saison de sophomore avec un joli bagage empoché dès ses débuts universitaires. Le guard originaire de Nantes a joué les 31 matches du Wolfpack en 2019-20 et a marqué lors de 17 confrontations.

Clarence Nadolny (Texas Tech)

Recrue 3-étoiles passée par le circuit des Prep Schools, Clarence Nadolny a commencé à fouler le terrain avec Texas Tech en tant que redshirt freshman, avec une moyenne de 6 minutes de jeu sur 24 participations.

Axel Okongo (Eastern Michigan)

Axel Okongo termine sa carrière universitaire à Eastern Michigan après 2 années en Junior College, à Northwest College, et une petite saison à Missouri. Il n’a quasiment pas joué avec les Tigers. Seulement 8 apparitions pour 3.8 minutes de moyenne en sortie de banc.

Alex Tchikou (Alabama)

Ne vous méprenez pas : Alex Tchikou est attendu au tournant à Alabama. La recrue 4-étoiles (58ème meilleur prospect et 11ème ailier-fort de la promotion) entre à l’université avec une belle pancarte et des qualités athlétiques non-négligeables.

Il a joué une saison à la Dream City Christian High School, dans l’Arizona, où il a enregistré une moyenne de 16.0 points, 9.0 rebonds et 4.0 contres.

Mais, une énorme tuile est survenue lors de la présaison : rupture du tendon d’Achille et fin de saison prématurée. Il faudra encore attendre pour que le jeune Parisien confirme un fort potentiel d’intérieur fuyant, grâce à une combinaison de taille et d’aptitudes pour jouer dans le périmètre.

Andre Toure (Southern)

Enfant d’un père nigérian et d’une mère russe, Andre Toure poursuit sa route en HBCU avec un transfert en direction de Southern. Il a passé les 2 dernières saisons à Howard, où il a occupé un rôle de remplaçant de fond de banc, sans succès.

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