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Cade Cunningham et Jalen Suggs : deux joyaux utilisés de façon différente

Jalen Suggs et Cade Cunningham ne joueront pas l’un contre l’autre d’ici la fin de saison. Pourtant, les noms du meneur de Gonzaga et du point forward de Oklahoma State sont sur toutes les lèvres.

Promis au plus bel avenir en NBA, les deux jeunes hommes foulent les parquets de basketball universitaire pour la première fois en 2020-21.

Mais avant de (virtuellement) serrer la main d’Adam Silver, les freshmen connaissent fortune diverse dans le monde universitaire. Surtout en début de saison. Pendant que l’ancien de Minnehaha alignait les “W” sur son calendrier avec les Zags, l’ex-joueur de la Montverde Academy avait un peu plus de mal à se faire une place en NCAA malgré des statistiques avantageuses.

Une raison à cela : la situation.

Sur le terrain, Jalen Suggs et Cade Cunningham sont utilisés de manière différente par leur head coach respectif ; Mark Few du côté de Spokane, Mike Boynton à Stillwater.

Le natif du Minnesota se fond dans un moule.

Intégré dans un roster qui se connaît par coeur et bien que l’athlétique joueur des Bulldogs possède carte blanche pour marquer, le jeu de l’équipe reste l’option numéro un. Et ça, l’ancien quarterback l’a bien compris.

Dans l’autre camp, Cade Cunningham est la star incontestée d’un programme qui a reçu 7 newcomers à l’intersaison. C’est simple : tout passe par lui dans le jeu des Cowboys.

Et ça, lui-aussi, l’a bien compris.

Spacing… pour Jalen Suggs

Des différences d’utilisations qui s’observent sur le terrain, Jalen Suggs évolue dans un cinq en mouvement qui créé du spacing de façon permanente. Et, surtout, un cinq dans lequel il n’est pas la principale force offensive.

Face à Santa Clara (25 février 2021)
Contre Kansas (26 novembre 2020)

Ces phases offensives huilées lui offrent toute la liberté nécessaire pour jouer son basketball. Le spacing lui permet d’être à son avantage. C’est-à-dire attaquer et couper vers le cercler à sa guise et délivrer des passes décisives (4.5 de moyenne).

Quand ça se complique, ses collègues prennent le relais.

La défense s’adapte et Jalen Suggs peut sanctionner à 3-points (33% sur la saison) comme il l’a très bien réalisé face à Iowa.

Héliocentrisme… pour Cade Cunningham

Pour le natif d’Arlington, la situation est plus difficile.

À l’image d’un Luka Dončić avec les Mavericks de Dallas, toutes les phases offensives commencent et se terminent avec lui. Doté d’un jeu de passe et d’une vision “élite”, il affiche uniquement 3.5 passes décisives par rencontre. Un chiffre pas très reluisant lié aux quatre éléments à ses côtés sur le terrain.

Cade Cunningham a besoin d’évoluer avec de l’espace.

D’évoluer aux côtés de joueurs qui étirent le jeu et savent tirer.

Or, c’est tout l’inverse.

Face à Oklahoma (1er mars 2021)

Un exemple criant face à Marquette en début de saison.

Le ballon lui revient en tête de raquette, et, sans aide, il est ciblé par la défense. La seule solution est de se débarrasser du cuir.

Contre Marquette (1er décembre 2020)

Cependant, le tir à 3-points n’est pas la principale force des Cowboys.

Sur l’ensemble de la saison, ils inscrivent 34% de leurs tirs lointains. Le meilleur dans cette exercice ? Cade Cunningham à 42% (sur près de 5 tentatives par match). Le deuxième sur la liste est le junior Isaac Likekele à 41% ; mais, avec moins d’une tentative par rencontre. Le Texan se retrouve logiquement ciblé par les défenses adverses.

Mais quand le terrain s’ouvre, il devient très difficile de stopper le freshman.

En témoigne sa prestation sur le parquet d’Oklahoma : 40 points, 11 rebonds, 3 interceptions et une passe.

Contre Oklahoma (26 février)

Ces différents styles de jeu permettent à l’un d’être plus à son avantage que l’autre. De façon réductrice, on peut dire que l’un apprend à jouer au basketball quand l’autre apprend à se vendre.

Pourtant, leur rendement est quasiment identique.

Dans les chiffres ? Cade Cunningham tire (beaucoup) plus

Cette différence de contexte se ressent bien évidemment dans les chiffres.

Cade Cunningham a tenté la bagatelle de 312 tirs en 22 matchs sur la saison, soit 14 en moyenne par match. Le plus grand consommateur de tir d’Oklahoma State. Loin derrière, le second de l’équipe, Avery Anderson III avec ses 168 tentatives.

À l’inverse, Jalen Suggs n’est que le 3ème joueur des Bulldogs au niveau des tirs pris (217 contre 295 pour le premier, Corey Kispert et 269 pour le second, Drew Timme). Une différence d’utilisation qui s’observe également avec les chiffres concernant les lancers-francs.

Le Texan a voyagé 123 fois sur la ligne (premier avec Oklahoma State) quand l’ancien de Minnehaha seulement 85 fois (deuxième à Gonzaga).

Stats Hoop-math.com au 2 mars

Une efficacité quasiment identique

Malgré une avance dans certains chiffres, Cade Cunningham se retrouve pourtant avec un PER ou Player Efficiency Rating (qui résume les accomplissements statistiques d’un joueur en un seul nombre) moins bon que Jalen Suggs.

21.6 pour le patron d’Oklahoma State contre 23.4 pour son confère de Gonzaga.

Avec moins de tirs tentés, le meneur des Zags est aussi le plus adroit (50% aux tirs contre 45%). Pourtant, au niveau du true shooting pourcentage (qui mesure l’efficacité des tirs), les deux hommes sortent quasiment le même chiffre (59% pour Suggs, 58% pour Cunningham).

Jalen Suggs ou Cade Cunningham, chacun a et aura une préférence.

Le départage se fera par ceux qui glisseront tel ou tel nom pour nommé le Freshman de l’Année à la fin du mois. Mais avant ça, place aux tournois de conférence puis à la March Madness (à laquelle Oklahoma State ne devrait pas participer, à moins que…).

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