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(Crédit photo : Doug Strickland-Times Free Press)

“Zooming On” : Ramon Vila, le nouvel atout old-school de Chattanooga

La conférence SoCon propose cette saison un scénario assez dingue (encore plus que les saisons précédentes qui étaient déjà bien passionnantes), avec une lutte acharnée entre cinq programmes pour le seul ticket (?) à la March Madness.

Parmi les cinq formations, on retrouve une belle surprise, Chattanooga.

Au sein d’un mix entre jeunesse et expérience (avec la présence d’un Français en la personne de Thomas Smallwood), un joueur est devenu indispensable à l’équipe en très peu de temps : l’international espagnol Ramon Vila.

 

 

Si vous êtes familiers des tournois de jeunes au niveau européen, le nom de Ramon Vila vous évoque quelque chose. Le prospect, issu de la formation de Barcelone (où il a joué en équipe réserve avant son départ pour les Etats-Unis), a défendu les couleurs de son pays lors des différents championnats d’Europe FIBA.

Au compteur, plus de 50 caps dans les équipes jeunes de la Roja, avec une participation aux 1/2 finales U20 en 2017 (avec 11.1 points et 4.9 rebonds de moyenne) ou encore la médaille d’or en 2016 avec un double-double monstrueux en finale contre la Lituanie (18 points et 14 rebonds).

 

Une première expérience manquée à Arizona State

 

Son avenir est tout tracé mais le joueur décide de tenter sa chance outre-Atlantique en rejoignant Arizona State. Cette décision montre effectivement que les prospects européens sont toujours attirés par la NCAA, malgré la mauvaise image que certains donnent du championnat.

Petit problème, son adaptation ne se passe pas comme prévu et il ne joue pas énormément chez les Sun Devils. En 33 matchs sur sa saison de freshman, seulement 4 titularisations pour un rendement bien loin du potentiel du prospect : 2.6 points et 2 rebonds en un peu plus de 12 minutes.

Voyons son avenir s’assombrir dans l’Arizona, Ramon Vila annonce son transfert et il reçoit une flopée d’offres, notamment chez les Mid-Majors. Chattanooga récupère le joueur et il arrive sur le campus en janvier 2018.

On passe du soleil espagnol puis du désert de l’Arizona… au Tennessee. C’est un changement de décor radical, mais qui va faire du bien au prospect.

 

Et Ramon Vila inversa la tendance 

 

A cause de son transfert, Ramon Vila passe une année sans jouer de manière officielle mais il s’entraîne tout de même avec ses coéquipiers, afin de créer un collectif et être prêt pour le mois de janvier 2019. Il lui reste trois années d’éligibilité universitaire, l’attente en vaut la peine.

Les Mocs affichaient un bilan équilibré de 5 victoires pour 5 défaites en SoCon, avant que Ramon Vila devienne éligible à la nouvelle année. Le collectif a du mal à se mettre en place et les jeunes digèrent encore la transition entre le lycée et l’université. Mais il faut être patient avec ce groupe et on sait que Chattanooga ne jouera qu’un rôle d’outsider cette saison.

Dès ses débuts le 12 janvier contre Georgia State, Ramon Vila montre son potentiel. 6 points et 6 rebonds en 17 minutes ; mais l’important est ailleurs.

Il offre une réelle alternative à l’intérieur, chose qu’il manquait aux Mocs. La plupart des joueurs aiment attaquer le cercle et tirer à trois points, délaissant les intérieurs par moments, ce qui peut être vraiment frustrant pour ces derniers.

Mais depuis que le prospect joue, la tendance semble s’inverser un tout petit peu. Preuve en est, son double-double contre Samford (18 points, 11 rebonds) avec des ballons à foison. Idem lors de la dernière rencontre, face à The Citadel, l’intérieur a été déterminant, avec 17 points et 6 rebonds.

Mais l’action de son début de saison, c’est bien un contre incroyablement important contre Mercer, avec la victoire de trois points derrière de Chattanooga.

 

Que vaut concrètement Ramon Vila sur le parquet ?

 

Comme tout bon intérieur européen qui se respecte (et qui sort d’un centre de formation aussi huppé que Barcelone), Ramon Vila possède un excellent QI basket. D’ailleurs, son head coach ainsi que ses coéquipiers mettent en valeur cet aspect de son jeu, qui facilite le jeu pour ses camarades.

Il est devenu un très bon point d’impact au poste bas. Il sait tout faire, que ce soit créer le jeu ou bien finir près du cercle. D’ailleurs, son entente avec le freshman Kevin Easley est déjà au top.

 

 

Ramon Vila n’est pas l’intérieur le plus athlétique ni le plus flashy du pays, ceci est une certitude. Mais son jeu, sa connaissance au poste bas fait de lui une menace tellement difficile à contrer pour les intérieurs adverses (dans la SoCon). Il sait exactement où se placer par rapport au ballon et prendre l’ascendant sur son adversaire direct, usant son physique pour se créer la place nécessaire.

Il sent et lit parfaitement le jeu et c’est un régal pour ses coéquipiers, enfin quand ces derniers ne croquent pas (et cela un peu trop souvent à mon goût).

 

 

Ramon Vila s’épanouit enfin en NCAA et c’est un réel plaisir à voir. On sait que les Mid-Majors regorgent de pépites comme lui, qui ne feront pas une carrière en NBA mais plutôt dans un club respecté en Europe, avec pourquoi pas de l’Euroligue à la clé.

Dans un basketball moderne qui prône le potentiel athlétique chez les intérieurs, cela fait du bien de voir encore des prospects un peu old school, doué techniquement et avec des vrais fondamentaux.

Chattanooga n’est pas favori dans la SoCon mais affiche un visage plus séduisant depuis que Ramon Vila est éligible. On se pose alors la question du statut des Mocs, qui peuvent réellement faire quelque chose d’intéressant en cette deuxième partie de saison.

Pour une qualification inattendue à la March Madness ?

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