R.J. Barrett, Zion Williamson, Cameron Reddish.

Sauf si vous avez décidé de vous couper du monde ces dernières semaines, vous avez forcément entendu parler du trio de Duke. Au sein de cette armada, un autre freshman tire son épingle du jeu en ce début de saison : Tre Jones.

Petit frère de Tyus, autre meneur chapoté par “Coach K” et accessoirement MOP du Final Four 2015, Tre Jones, comme beaucoup de petit frère d’athlètes, a voulu suivre le parcours de son ainé. En rejoignant les Blue Devils, Tre veut réaliser ce que son frère a fait avant lui, c’est-à-dire emmener son équipe jusqu’au titre national.

(Crédit photo : Bob Donnan – USA TODAY Sports)

Au-delà même de la ressemblance physique évidente, Tyus et Tre Jones possèdent tous deux des qualités similaires. Ils sont tous deux d’excellents meneurs de jeu, ayant une approche très cérébrale du jeu. Deux très bons leaders capables de tirer le meilleur de leurs coéquipiers.

Enfant du Minnesota, où évolue aujourd’hui Tyus, Tre Jones a toujours clamé son désir de rejoindre les Blue Devils de Duke, bien avant même que son frère ne rejoigne le programme emmené par Mike Krzyzewski. Issu d’une famille de sportifs, puisque l’aîné de la fratrie, Jadee, fut également joueur à l’échelon universitaire (d’abord à Furman puis à Minnesota State-Mankato), Tre Jones a le basket dans le sang, et c’est peu dire que le basket le lui rend bien.

Élu “Minnesota Mr. Basketball” l’an passé après une saison solide à Apple Valley (22.7 points, 8.2 rebonds, 5.9 passes décisives) pour conclure son cursus en High School, Tre Jones réalise un excellent début de saison au sein d’une équipe de Duke très performante.

Au delà même des statistiques, c’est surtout l’impression visuelle laissée par le natif de St. Paul qui épate. Tre Jones est le chef d’orchestre d’un orchestre majestueux, mais que l’inexpérience pourrait faire vaciller.

 

Un simplificateur de jeu : petit par la taille mais grand par le talent

 

Ce qui est le plus marquant lorsque l’on voit évoluer Tre Jones, c’est son aisance.

L’enfant du Minnesota a acquis avec le temps toutes les qualités requises pour devenir un bon meneur de jeu. Sur le terrain, c’est un leader, le principal relais d’un coach sur le terrain, un petit général qui bien que petit par la taille peut changer la dynamique d’un match à lui tout seul.

Dans une équipe de Duke qui s’illustre par un jeu de relance, Tre Jones s’avère être un redoutable passeur, très vif et doté d’un très bon handle. Il peut ainsi trouver ses coéquipiers à pleine vitesse offrant ainsi de nombreux shoots ouverts en transition. Surtout, le meneur de jeu est très bon et très rapide dans la prise de décision, ce qui lui permet souvent de donner le ballon dans les bons espaces.

Très propre, il possède un excellent ratio de 33 passes décisives pour seulement 8 pertes de balles, des statistiques qui pourraient faire rougir un grand nombre de meneur de jeu.

 

 

Ambidextre, toujours plus avantageux dans le basket moderne, Tre Jones peut attaquer le cercle avec habilité sur ses deux mains. De plus, lorsque l’accès au cercle s’avère bouché, il peut se lever et planter une banderille à mi-distance ou même effectuer un step-back, arme qu’il utilisait régulièrement en High School.

Son shoot à longue distance est pour le moment efficace, comme l’en atteste un coquet 54,5% de réussite derrière l’arc. Cependant, celui-ci est à relativiser puisque Tre Jones ne prend que 1,8 shoots extérieur en moyenne par match. La consistance au shoot sera sans doute le point clé de l’évolution de sa carrière à Duke.

 

 

Moins surprenant à l’égard de sa petite taille, le petit frère de Tyus possède un centre de gravité très bas qui lui permet d’être en totale maîtrise de son corps même lorsqu’il subit un contact. Plus surprenant, Tre Jones est un assez bon rebondeur pour sa taille, avec 3,3 rebonds de moyenne sur le début de saison. Son sens du placement n’y est pas étranger.

Défensivement, sa taille est un réel handicap et s’il se faisait déjà souvent cibler en High School, la tendance ne devrait pas s’atténuer cette saison. Il n’est pas rare également de voir ses adversaires le défier sur des situations de “face up” pour profiter de leur avantage de taille.

Tre Jones a tout de même quelques atouts à faire valoir en défense comme sa mobilité et de la capacité de réaliser de très bons “close out”.

 

Déjà le joueur le plus important des Blue Devils ?

 

Au sein d’une fougueuse équipe de Duke, Tre Jones est comme un poisson dans l’eau. Ses excellentes performances à l’occasion du Maui Invitational ont prouvé que le freshman serait sans aucun doute le facteur X des Blue Devils cette saison.

Tout au long du tournoi, le meneur aura brillé par sa justesse de jeu, comme face à San Diego State où il compilait déjà 14 points à 6/7 au tir, impressionnant tantôt par sa capacité à finir près du cercle, tantôt en plantant de loin à deux reprises avec efficacité.

C’est également par lui qu’est venu le réveil des Blue Devils dans la finale face à Gonzaga, auteur de plusieurs paniers alors que le score fleuve pouvait laisser présager un blowout en faveur des Bulldogs, Tre Jones a tenu Duke en vie avec plusieurs paniers dont il a le secret.

 

 

Avec la focalisation des défenses sur les deux ogres R.J. Barrett et Zion Williamson, couplé au spacing qu’apporte Cam Reddish, Tre Jones aura l’opportunité d’apporter sa patte en attaque. Sans cela, Duke pourrait être en difficulté lorsque ses meilleurs éléments en attaque seront limités.

Signe encourageant, alors qu’il prenait moins de shoots qu’il ne faisait de passes décisives en préparation, il n’hésite désormais plus à prendre ses responsabilités en attaque comme en atteste ses 14 shoots tentés face à Gonzaga.

Tre Jones est en ce début de saison un élément vital au succès des Blue Devils et il sera une nouvelle fois intéressant d’observer son rendement dans le futur.

Quoiqu’il en soit, Tre pourrait bien imiter son grand frère Tyus, parti pour la NBA après une seule saison à Duke, en juin prochain. Retenez bien son nom : Tre Jones a le talent et le style de jeu pour faire une longue carrière à l’échelon supérieur.