Il existe parfois des intuitions qui se révèlent être de véritables fiascos ; et pourtant, à l’heure de désigner une équipe surprise de la saison, un programme m’est immédiatement venu en tête : Marquette.

A l’aube de la saison, toute l’équipe de Midnight On Campus s’est prêtée au traditionnel jeu des pronostics.  Si j’ai choisi Marquetten ce n’est pas simplement parce que le programme de Milwaukee est une référence ayant pour habitude de former d’excellents joueurs NBA parmi lesquels Dwayne Wade, Jimmy Butler ou encore Jae Crowder, mais aussi parce que Marquette possède l’un des tous meilleurs scoreurs du pays : Markus Howard.

Petit par la taille (mesuré à 1m80) mais vaillant, Markus Howard se révèle être un véritable poison pour les défenses adverses.

 

 

Face à Kansas State, pourtant classée 12ème équipe du pays avant d’affronter Marquette, il a plané sur la rencontre en inscrivant 45 points et en permettant à son équipe de réaliser un upset de qualité. 45 points et un titre de Joueur de la Semaine dans la conférence Big East pour conclure une semaine de rêve pour le meneur.

Pourtant, ce n’est en aucun cas un hasard.

 

Un attaquant racé, un défenseur à perfectionner

 

Il faut dire que la génétique a bien aidé le petit Markus.

Fils de Chuck Howard, ancien running back spécialiste des retours de coups de pieds pour les Hoosiers d’Indiana à l’échelon universitaire, Markus Howard poursuit aujourd’hui la dynastie familiale en faisant les beaux jours de Marquette en basketball. Hélas pour Chuck, son fils n’a jamais développé la même passion pour le football.

La chaleur de l’Arizona, où la famille avait emménagé alors qu’il n’avait que 3 ans, fut sans doute un facteur déterminant dans le choix de pratiquer un sport en salle.

Alors lycéen prometteur, Markus Howard aurait bien pu, comme son père, rejoindre Indiana. La famille des Howard tout entière fut invitée en 2015 sur le campus de Bloomington pour une visite non-officielle. Si le head coach de l’époque, Tom Crean, était enthousiaste à l’idée de pouvoir enrôler un tel talent, Chuck, lui, ne comptait s’en aller sans visiter les installations de football.

Markus Howard a finalement choisi Marquette, au grand dam de son paternel.

Markus Howard est un « baller » pour reprendre l’expression répandue outre-Atlantique afin de s’imposer sans l’ombre d’un doute comme l’un des meilleurs scoreurs de la nation. Auteur de 45 points cette saison contre Kansas State, il avait fait encore mieux l’an passé contre Providence en marquant 52 points, créant un réel buzz.

Principale force du joueur originaire de l’Arizona : la création de tir.

Markus Howard mise une grande partie de son jeu offensif sur un excellent travail de création de son propre tir. Avec sa vitesse et son centre de gravité bas, il n’a besoin que de peu d’espace pour le faire. Passé maître dans l’art du dribble, Markus Howard peut dynamiter une défense à lui tout seul, pour le plus grand plaisir des Golden Eagles.

Ce qui impressionne également chez lui, c’est sa panoplie de moves en attaque. Pour faire simple, Markus Howard possède absolument tout en magasin pour ce qui est nécessaire au bon fonctionnement d’une machine à scorer.

Si son défenseur souhaite le contenir en lui proposant une défense physique, il peut le sanctionner d’un step-back, lorsqu’il attaque le panier à toute vitesse il peut mettre son défenseur sur les talons d’un « in-and-out dribble ».

 

 

Tout y est dans cette vidéo. Drive vers le panier, pull-up, power layup : la panoplie de Markus Howard est totale et Bethune-Cookman en a fait les frais.

Mais il est surtout un excellent shooter.

Aux lancers-francs premièrement, il tourne ainsi à plus de 91% cette saison sur 6 tentatives de moyenne, ce qui est excellent. Plutôt shooter de série, Markus Howard demeure un shooter extérieur correct avec près de 44% en carrière derrière l’arc sur un très gros volume.

Il devra en revanche travailler sur le playmaking pour servir aux intérêts de son équipe, en profitant des nombreuses focalisations défensives qu’il provoque. Ses coéquipiers pourraient ainsi gagner en efficacité et l’équipe n’en serait que plus forte. Point positif, il est en net progrès dans ce domaine cette saison comme l’illustre ses 4,8 passes décisives de moyenne.

Comme bien souvent pour un joueur de son gabarit, Markus Howard est souvent ciblé par les attaques adverses.

Les adversaires des Golden Bears n’hésitent pas du pick-and-roll pour forcer Markus Howard à switcher sur un intérieur. Sur le pick-and-roll, il manque souvent d’assurance ne sachant pas toujours quoi faire. Si cette difficulté à changer sur les écrans ne semble pas rédhibitoire à l’échelon universitaire, elle devrait largement l’handicaper dans sa carrière professionnelle.

 

Scorer, scorer et encore scorer pour exister

 

Vous l’aurez compris, Markus Howard est un grand attaquant pour reprendre une expression popularisée par Jacques-Henri Eyraud. Sa carrière dépendra largement de sa capacité à scorer, c’est ce pourquoi il sera payé.

Il est encore trop tôt pour affirmer si Markus Howard, aujourd’hui junior, avec encore une année d’éligibilité universitaire, sera candidat à la Draft NBA prévue en juin prochain.

A vrai dire, il est probable que hormis une promesse de Draft en fin de premier tour, le petit Markus  Howard devrait rempiler pour une dernière danse à Marquette. C’est sans aucun doute le scénario attendu par tous les fans des Golden Bears et le plus intéressant pour lui d’un point de vue sportif.

On ne sait pas réellement si Markus Howard peut s’imposer en NBA dans les années à venir, l’environnement dans lequel il tombera sera déterminant. Quoiqu’il en soit, de part son talent et sa capacité de faire exploser des défenses, il devrait mener une longue carrière, en NBA où ailleurs.

Si vous n’avez pas eu l’occasion de regarder Marquette évoluer cette saison, n’hésitez plus.

Le style de jeu proposé par Steve Wojciechowski, mais aussi le nouvel écrin du Fiserv Forum, sont deux atouts séduisants proposés par le programme cette saison.

Mais surtout, Markus Howard est un joyau qui vaut le détour croyez-moi.