Lorsque l’on suit le basketball universitaire d’assez loin, on se contente d’observer les équipes des différentes conférences du Power Six. Mais vous commencez à en avoir l’habitude, chez Midnight on Campus, nous aimons parler des pépites qui peuplent les Mid-Majors.

Aujourd’hui, Zooming On s’attarde sur un joueur talentueux en provenance de Murray State qui pourrait s’immiscer parmi les « lottery picks » à l’occasion de la prochaine Draft NBA. Et pour cause, Temetrius « Ja » Morant réalise un début de saison sophomore impressionnant au sein d’une équipe qui vise une seconde participation consécutive au NCAA Tournament.

Fils de joueur, son père, Tee, était lui-même un ancien prospect NBA avant d’abandonner son rêve pour élever son fils. Ja Morant est aujourd’hui classé aux portes du Top 15 dans la plupart des mock drafts.

Sur les conseils de son père, Ja Morant souhaite toutefois garder les pieds sur terre en déclarant publiquement qu’il avait les yeux fixés uniquement sur ce qu’il peut contrôler. En ouverture de saison, Murray State se mesurait à Wright State. Ja Morant a brillé avec 26 points et 11 passes, comme pour rappeler que son objectif principal était le mois de mars et non le mois de juin.

En sortie d’une intersaison où il a travaillé tout en participant au camp d’entraînement de la star NBA Chris Paul, Ja Morant s’affirme comme un prospect à surveiller tout au long de cette saison et bien au-delà.

 

Physique et playmaking déjà “élite”

 

Lorsque l’on regarde Ja Morant sur le parquet, il ne faut pas longtemps pour s’apercevoir qu’il est un phénomène physique.

Il domine physiquement ses adversaires que ce soit au milieu des Mid-Majors mais également face à une opposition plus forte. Il possède une détente impressionnante qui lui confère des facilités pour finir près du cercle ; une arme redoutable et même un peu plus lorsque l’on sait que ses appuis et sa vitesse lui permettent d’avaler les espaces.

 

Ne vous y trompez pas : malgré sa silhouette légère, il est capable de terminer près du cercle malgré le contact et est le joueur ayant bénéficié du plus de “and one” avec 17 à son actif. Ja Morant devance ainsi Trae Young, Collin Sexton ou encore Shai Gilgeous-Alexander, rien que ça.

 

 

S’il devra sans doute développer cet aspect du jeu à son arrivée à l’échelon supérieur, Ja Morant demeure un bon playmaker avec, dans son arsenal, une belle vision de jeu et des réactions rapides pour servir ses coéquipiers ouverts.

Les chiffres ne mentent pas : son ratio de 2,54 passes décisives pour 1 interception est impressionnant pour un joueur de son âge. Il se classait déjà premier parmi les freshmen possédant au moins 4 passes de moyenne par match et même 6ème parmi tous les joueurs possédant au moins 200 passes décisives.

Principal défaut du natif de Sumter en Caroline du sud, son shoot. Sa mécanique de tir laisse à désirer et à l’image d’un Markelle Fultz à son arrivée à l’échelon supérieur, il devra sans doute en changer pour dégainer plus vite et devenir plus difficile à contrer.

Il existe tout de même un point positif, Ja Morant tournait à 80,6% sur la ligne des lancers francs la saison dernière. Il ne tourne qu’à 25,9% sur les situations de catch-and-shoot, le chemin à parcourir est réel mais réalisable. Il sera d’ailleurs intéressant de voir s’il parvient à faire un bond en avant au-delà de l’arc cette saison.

Très peu de guards affichent un niveau d’athlétisme et de playmaking au niveau de ceux de Ja Morant, surtout à un si jeune âge.

S’il est difficile d’attirer les lumières sur un programme comme Murray State, le guard sophomore possède les clés de l’attaque de Matt McMahon et pourrait réaliser plusieurs cartons cette saison. Son efficacité diminuera probablement avec une utilisation accrue, mais il a toutes les armes de son arsenal pour poursuivre son développement en attaque cette saison.

 

Des atouts indéniables en défense, malgré le travail à abattre

 

Parfois, la jeunesse et la fougue peuvent tous deux être de biens vilains défauts, et ce n’est pas Ja Morant qui vous dira le contraire.

Malgré ses grandes capacités aléthiques, il demeure parfois un peu dissipé en défense. Il devra gagner en concentration pour compenser au moins son physique un peu fluet. De la même façon qu’il est un redoutable playmaker en attaque, sa vision de jeu lui permet de lire le jeu de façon optimale et de réagir en conséquence.

S’il n’est pas un grand voleur de ballon, Ja Morant est en revanche un très bon contreur ; ainsi, un seul autre freshman est parvenu à enregistrer au moins 180 passes décisives, moins de 90 pertes de balles et plus de 10 contres : un certain Lonzo Ball.

 

Au vu de sa mobilité, on peut dire que la nature lui a fait un beau cadeau. Son énergie est vitale à son équipe et dans un basketball de plus en plus porté sur la relance rapide, son profil est idéal. Même s’il n’est pas rare de le voir se trouer en défense, Ja Morant parvient souvent à se rattraper rapidement par sa lecture et son athlétisme.

 

Sa capacité à prendre beaucoup de rebonds pour sa petite taille relative n’est pas sans rappeler Terry Rozier. Gros moteur, il se distingue dans de nombreux domaines et l’énergie qu’il insuffle, souvent communicative, permet souvent de lancer des runs salvateurs pour son équipe.

En dépit de ses difficultés, certaines de ses faiblesses peuvent être transformées en forces avec un peu de travail. Encore trop nerveux, il reste une année de travail à Ja Morant pour s’affirmer et être fin prêt pour les exigences de la grande ligue.

Il sera intéressant de suivre sa progression cette année en défense, car ses responsabilités offensives accrues pourraient l’obliger à se reposer un peu plus en défense. Mais lorsque l’on connaît la motivation du garçon il serait surprenant de le voir se reposer sur ses lauriers, un peu plus encore lorsqu’il a affiché clairement son objectif, celui d’amener Murray State à la March Madness.

 

Le meilleur prospect de l’histoire de Murray State ?

 

Pour faire simple, Ja Morant a de grandes chances d’être le meilleur joueur que Murray State n’ait jamais produit, rien que cela.

Cameron Payne, Isaiah Canaan, Marcus Brown, Jeff Martin et Popeye Jones sont cinq joueurs référencés formés à Murray State, et tous ont connu une grande carrière universitaire. Mais aucun d’entre eux ne possédaient une hype similaire.

Isaiah Canaan a été le 34ème choix de la Draft NBA 2013, Cameron Payne, autre meneur phare du programme, était sélectionné en 14ème position de la Draft NBA 2015. Sophomore, comme Ja Morant cette année, il était devenu le joueur sélectionné le plus haut de l’histoire des Racers.

Ja Morant, s’il réalise une saison à la hauteur de son talent pourrait le détrôner.

Ne tardez pas trop pour regarder Murray State et ne perdez pas l’occasion de voir Ja Morant évoluer dans ce qui sera sans doute sa dernière saison à l’échelon universitaire.