Après des années de décadence, Florida A&M joue enfin pour quelque chose : le titre de conférence MEAC.

Florida A&M renaît de ses cendres après un lourd passif peu glorieux depuis une dizaine de saisons.

Il y a de cela quelques temps, on avait du mal à parler des Rattlers en basketball. Le gymnase de Florida A&M était surtout connu pour être un point de rendez-vous des dealers du coin (avec les violences qui accompagnent). Pendant des années, le programme a été abandonné, réalisant des saisons pitoyables avec des joueurs rarement concernés.

L’image était ternie mais le directeur athlétique, qui aime la filiale de basketball des Rattlers, a tapé un grand coup de pied dans la fourmilière et a décidé de faire peau neuve.

En mai 2017, Robert McCullum devient le head coach après 3 saisons en tant qu’assistant à Oregon. C’est sa première réelle chance en tant qu’entraîneur principal, après des passages à San Francisco, UCF, South Florida ou encore South Alabama et même en Chine. L’éternel assistant prend du grade et atterrit à la tête d’un programme en déroute.

La tâche s’annonce rude et longue, mais c’est ce qui le motive le plus.

 

Un groupe émerge (enfin) pour les Rattlers

 

Pour sa première saison à Florida A&M, les Rattlers terminent avec un bilan de 9 victoires pour 25 défaites, ce qui est déjà mieux que lors du dernier exercice (seulement cinq victoires lors de la saison).

Lors de l’intersaison, une petite partie de l’effectif s’en va et le coaching staff doit amener un peu de jeunesse dans ce groupe. Deux freshmen arrivent sur le campus : Michael Randolph Jr. et Randall Leath Jr.

Ils viennent garnir un jeune groupe, composé essentiellement de juniors et surtout de sophomores. L’attente est grande concernant ces deux jeunes pépites, qui font partie intégrante du projet de reconstruction de Florida A&M. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les attentes sont respectées.

Michael Randolph Jr. est devenu le deuxième meilleur marqueur des Rattlers, avec 8 points de moyenne (précision : Florida A&M est l’une des pires attaques du pays, classée 302ème par KenPom). En apportant une dureté défensive et des capacités de slasher en attaque, il est une véritable option en sortie de banc et s’épanouit dans son rôle d’électron libre.

L’un des deux seuls seniors de l’effectif, Justin Ravenel, est le leader de cette équipe.

Plus de 15 points de moyenne, formidable scoreur à mi-distance et à trois points, il est le fer de lance de Florida A&M. Mais son apport ne se limite pas à ses statistiques. En effet, le capitaine est un relais entre le vestiaire et le coaching staff et il essaye de guider les jeunes pousses.

N’oublions pas le sophomore Kamron Reaves, qui après une saison de freshman très délicate, apporte sa qualité de passe et inscrit quelques points (7.6 de moyenne). Le dernier larron est l’intérieur senior Isaiah Martin, une machine à double-double. Il reprend le rythme petit à petit, après une blessure qui lui a valu un début de saison en décembre, et il monte en puissance (15 points, 10 rebonds et 5 contres lors du dernier match).

 

Florida A&M toujours en cours pour le titre de MEAC

 

En 2018-19, Florida A&M possède pour l’instant un bilan de 9 victoires pour 14 défaites. Le bilan lors des matchs de conférence, de 6 victoires pour 2 défaites, permet au programme de rester au contact du leader incontesté, Norfolk State (deux victoires d’avance seulement).

Tout reste possible pour les Rattlers et qui sait, sur le tournoi de conférence, une surprise peut vite arriver.

C’est déjà une belle chose de voir le programme sur de bonnes bases. Le travail du coaching staff commence à porter ses fruits et vu l’effectif, on attend avec impatience la saison prochaine qui s’annonce très prometteuse. Mais la plus belle chose, c’est de voir la disparition de cette image dégradante qui collait à la peau de Florida A&M. Un grand coup de chapeau à la direction athlétique.

Comme quoi, on peut être l’une des pires attaques du pays (58% aux tirs, 46% à deux points, même NC State fait mieux) et croire en ses chances pour la March Madness. La beauté des Mid-Majors.