Comme je suis quelqu’un de parole et que nous avons passé la barre des 3.000 followers (d’ailleurs, un énorme merci aux personnes qui ont parlé de nous avant la March Madness), il est temps de parler de mon joueur préféré, cette saison, Zion Williamson.

Déjà, expliquons le pourquoi du comment « je n’apprécie pas Zion Williamson ».

La première chose, cette hype démesurée qui l’entoure. Je parle essentiellement Outre-Atlantique (même si on s’en rapproche en France), où la plupart des observateurs ne prennent en compte que les highlights (c’est une façon de voir les choses). Les lendemains de match de Duke, les réseaux sociaux sont envahis de dunks et une course aux retweets est engagée.

Et dernier fait en date : une caméra unique fixée sur Zion de la part de CBS. C’est en premier lieu très douteux de mettre en place une telle chose (demandez à Frank Kaminsky) mais cela montre la déconnexion de certains lorsque l’on parle de Zion Williamson.

Tu ouvres ce magnifique réseau social et tu prends une rafale de highlights, comme ça, sans rien demander, ce n’est pas top. Surtout que le basketball universitaire ne se limite pas à Duke, n’en déplaise à certains.

Personnellement, je préfère me focaliser sur les Mid-Majors depuis maintenant trois ans et forcément, cela me chagrine de voir une telle surexposition. Mais que voulez-vous, c’est la vie.

Je ne vous parle même pas de l’incident de la chaussure, qui a valu un déferlement de haine (le mot est un peu fort, mais, il fallait être solide pour lire certaines réactions) que l’on avait pu voir venir avant le début de la saison en cas de pépin physique de la superstar des Blue Devils.

Je trouve, à juste titre, que payer les joueurs comme s’ils étaient employés par l’université est une aberration. Ce sont avant tout des étudiants-athlètes ; bien que je sois en faveur de la rémunération du droit à l’image.

Cela tend à prouver que la fanbase de Zion Williamson est immense alors que le gamin n’a pas mis un pied en NBA. Cela promet pour la suite de sa carrière.

 

En même temps, Zion Williamson est un sacré OVNI

 

Le potentiel athlétique de Zion Williamson est hors-norme pour un joueur de son âge. C’est un véritable problème pour la défense adverse, surtout quand il est lancé vers la panier. La seule solution ? Commettre une grosse faute (et encore).

Cependant, cette March Madness montre une nouvelle fois qu’il possède des aspects de son jeu à travailler.

En défense, il excelle dans l’anticipation et, forcément, dans la protection du cercle. 2.2 interceptions et 1.8 contres de moyenne, c’est plutôt solide, on ne se le cache pas. Mais sur l’intégralité d’une rencontre, il lui arrive de penser à ses statistiques et donc d’oublier de défendre.

Enfin, pas de défendre, mais dans l’aide et à l’opposée du ballon. Il ne défend pas en équipe.

A l’inverse, sur ce domaine, il est prêt pour la NBA.

En attaque, il est évident que le prospect s’appuie essentiellement sur son physique pour dominer ses adversaires. Quand il enclenche un dribble pour aller vers le cercle, il est intraitable (et les nombreux highlights ne me contrediront pas, justement…). Cependant, l’une de ses faiblesses reste sur la ligne des lancers-francs et c’est problématique pour un joueur de son profil.

Nul doute qu’il doit bosser dur cet été avant d’arriver dans la grande ligue, sous peine de passer ses matchs sur la ligne de réparation. Son 123/190 sur la saison, soit un peu plus de 64% de réussite, et bien loin des standards actuels que l’on demandent à un prospect de son envergure.

Son contrôle de ballon reste perfectible, lui aussi, puisqu’il dribble souvent la tête baissée.

Au niveau de son tir, il reste encore perfectible dans ce domaine. 18/56 à trois points sur la saison, 27% de ses possessions en attaque se terminant par un tir en suspension. Cela manque d’options, mais, il est encore jeune et nul doute qu’il est assez intelligent pour développer sa mécanique de tir pour devenir encore plus productif à l’échelon supérieur.

D’une manière générale, le potentiel de Zion Williamson reste immense et la base de travail est conséquente s’il veut devenir une future superstar en NBA.

 

Zion Williamson a marqué l’histoire de la NCAA

 

Il lui reste encore quelques performances historiques à réaliser, tel que remporter le tournoi ou encore être sélectionné en 1ère position de la prochaine Draft NBA. S’il réalise un doublé, il pourrait entrer encore davantage dans la légende du basketball universitaire, et, dans un cercle très fermé de joueurs.

Il suit les traces d’un certain Anthony Davis, qui est le dernier joueur s’étant acquitté du titre de Joueur de l’Année, de la March Madness et du premier choix de la Draft NBA.

Il reste des points d’interrogations à propos de Zion Williamson, notamment avec son physique, sujet à des blessures avec la répétition des matchs. Mais, profitons encore quelques jours du phénomène.

On peut lui dire merci puisqu’il a mis en lumière le championnat, même s’il existe une minorité de personnes un peu trop centrées uniquement sur le joueur.

Si la NCAA doit percer en France, c’est avec ce genre de personnage.

Mais n’en faites pas trop, non plus. Il existe d’autres talents exquis en NCAA. Je sais que c’est tentant, mais Zion Williamson n’est pas seul en basketball universitaire. Je me répète, mais, c’est pour le bien de la visibilité du championnat en France.

Merci, monsieur Zion Williamson.

Malgré cette hype incroyable se cache une bonne personne qui veut juste profiter de son temps à l’Université et, surtout, jouer avec ses copains (et gagner le titre national). N’oublions pas qu’à cet âge-là, les prospects ont envie de jouer le plus possible, même si certains ne le comprennent toujours pas.

Merci à vous et bonne carrière professionnelle.