Les Tigers sont troisièmes en SEC derrière Tennessee et Kentucky (21-5, 11-2), mais jusqu'où iront-ils ?

C’est une évidence, il fallait du temps pour que cette jeune équipe de LSU se mette en place.

A l’aube de cette saison, LSU faisait figure de possible surprise dans la conférence SEC. Avec le meilleur meneur de la conférence dans ses rangs accompagné de freshmen aux dents longues, les Tigers semblaient parés pour faire tomber quelques favoris.

Mais les mois de novembre et décembre ont refroidi la hype qui entourait le programme. Les succès poussifs ainsi que les trois défaites face à Florida State (76-79, OT), Oklahoma State (77-90) et Houston (76-82) ont mis en lumière les défauts d’une équipe en manque de repères.

Offensivement, l’attaque manquait de constance tandis que la défense n’arrivait pas à tenir le rythme pendant 40 minutes.

Symbole de cette irrégularité criante, Tremont Waters n’a pas démarré sa saison comme il avait terminé la dernière. Après une saison freshman exceptionnelle (15.9 points et 6 passes), le meneur de jeu a eu du mal à répondre aux attentes.

L’incroyable transformation de Tremont Waters (stats jusqu’au 20/02)

En difficulté au shoot et littéralement absent un match sur deux, il a su réglé la mire pour propulser LSU sur une série folle de 14 victoires pour une défaite. Mais sa mauvaise passe en début de saison a été bénéfique pour ses coéquipiers.

L’effectif étant très jeune (1.09 année d’expérience en moyenne), les joueurs ont pu se responsabiliser très vite sans un Tremont Waters en grande forme. Dans la raquette, Naz Reid (13.8 points et 6.6 rebonds) a très vite pris ses marques. Le head coach Will Wade n’a pas hésité à créer des systèmes pour l’un des meilleurs ailers-forts de la classe de recrutement 2018.

 

 

Et cela a payé.

Naz Reid est excellent. A ses moves à l’intérieur, il s’appuie également sur un shoot plutôt fiable. C’est le profil type du stretch four, capable d’être une menace extérieure régulière (38.1% de réussite à 3-points).

A ses côtés, Kavell Bigby-Williams (7.6 points et 6 rebonds) et Emmitt Williams (7.6 points et 5.5 rebonds) peuvent ainsi marteler à l’intérieur avec plus d’espaces. La situation est identique au niveau du backcourt. Tremont Waters attire les meilleurs défenseurs, ce qui laisse Skylar Mays (13.2 points) et Ja’vonte Smart (10.2 points) avec plus de liberté.

Le jeu proposé par LSU n’est pas le plus beau à voir du pays, mais l’envie est présente à chaque possession. La bataille au rebond en est la preuve. Les Tigers se battent sur tous les ballons.

Des valeurs inculquées par Will Wade, pour un secteur de jeu auquel le head coach tient à cœur.

“C’est très simple. Tu dois te battre à chaque fois. Il faut aller au rebond 80% du temps même si il y a peu de chance de récupérer la balle. Si tu y vas juste, la balle tombera dans tes mains plusieurs fois. Le plus gros de la bataille, c’est de se mettre sous le panier et d’y aller à fond.”

Avec un jeu qui manque parfois de fluidité, les rebonds offensifs donnent des secondes chances précieuses. Surtout quand on se rend compte que LSU ne gagne jamais facilement ses matchs.

Les Tigers sont des spécialistes des duels serrés.

Les 5 prolongations jouées depuis le début de la saison en attestent. 3 des 5 overtimes ont été gagnés. C’est déjà un bon ratio pour une équipe aussi jeune, mais le fait que LSU soit performant lors de fins de matchs serrées est une bonne chose à l’approche de la March Madness.

Sauf que les rencontres remportées à l’arrachée posent aussi question : les Tigers jouent-ils à leur plein potentiel ou possèdent-ils une marge de progression ?

Si l’on regarde les classements statistiques, LSU n’a pas forcément de secteur fort comme la plupart des équipes classées dans le Top-10. Gonzaga s’appuie sur son attaque tandis que Michigan construit ses succès grâce à une défense exceptionnelle par exemple. Du côté des Tigers, les qualités individuelles sont évidentes, mais il manque une réelle identité collective.

Le succès face à Kentucky il y a une semaine (73-71) a prouvé que LSU n’était pas seulement une équipe de série. Les Tigers sont de vrais concurrents pour le titre dans la conférence SEC et ce ne serait pas surprenant de voir le programme aller loin à la March Madness.

Si vous n’avez pas encore eu l’occasion de voir les Tigers évoluer sur un parquet, la réception de #5 Tennessee ce samedi à 18h est à manquer sous aucun prétexte.