Gonzaga est le spécialiste dans le recrutement international : polonais, français, lithuanien, serbe et même japonais avec Rui Hachimura. 

Le Japon n’est pas un pays particulièrement connu pour sa passion envers la balle orange. Et pourtant, au nord-ouest des Etats-Unis, un Nippon est actuellement en train de se faire un nom dans le domaine : Rui Hachimura.

Né à Toyama, d’une mère japonaise et d’un père béninois, il a intégré les rangs de Gonzaga il y a maintenant trois ans.

A son arrivée sur le campus de Spokane en 2015, il est devenu le cinquième joueur né de l’autre côté du Pacifique à fouler les parquets universitaires américains. L’intérieur des Wildcats a été découvert un peu par hasard lors du championnat du monde u17 qui se tenait à Dubai en 2014 et où se trouvait un entraineur assistant de l’université, Tommy Lloyd. Il était alors dans sa troisième année à Meisei High School, un lycée de Tokyo.

Il a dominé ce tournoi en affichant une moyenne de 22.6 points par match, ce qui faisait de lui le meilleur scoreur du championnat. Cependant, il n’avait pu offrir qu’une seule victoire à son équipe. Le Japon avait terminé le tournoi avec une fiche d’une victoire pour six défaites.

 

 

Ensuite, tout est allé très vite pour Rui Hachimura même si une seule université lui a donné une chance : Gonzaga.

Après que Tommy Lloyd ait découvert le joueur, l’université de Spokane lui offre une bourse quelque temps plus tard. En mars 2015, le joueur donne sa parole aux Wildcats et quelques mois plus tard, le Japonais arrive aux Etats-Unis… sans parler un mot d’anglais.

Durant sa première saison avec Gonzaga, Rui Hachimura avait donc deux missions : apprendre la langue de Shakespeare et le playbook de Mark Few.

C’était fun et très utile pour beaucoup de choses sur le terrain et à côté,” reconnait-il au Gonzaga Bulletin. “J’étais un gars qui ne parlait pas un mot d’anglais l’année dernière [saison 2016-17 ; ndlr] mais mes coéquipiers m’ont bien aidé pour progresser.”

Mais l’intégration de Rui Hachimura à l’équipe fut difficile. Lors des premiers entraînements, il ne comprenait pas grand chose aux consignes de son nouvel entraîneur.

C’était fou parce que je n’avais aucune idée de ce que voulait dire les mots.”

Finalement, lors de sa première saison avec Gonzaga, Rui Hachimura jouera quand même 28 matchs mais ne prendra seulement 53 tirs. Une saison pendant laquelle il jonglait entre le basket et l’apprentissage de l’anglais. Ce qu’il fera en parlant régulièrement avec ses coéquipiers et les membres du staff… tout en regardant Vampire Diaries.

D’une moyenne de 2.6 points, 1.4 rebonds en 4.6 minutes de temps jeu en étant freshman, Rui Hachimura se voyait confier un vrai rôle par Mark Few lors de sa saison sophomore, en dépassant une vingtaine de minutes (20.7) sur le parquet avec une moyenne de 11.6 points (58% de réussite au tir) et 4,7 rebonds. Des performances qui l’emmènent à être nommé dans la All-WCC First Team.

Aujourd’hui, le Nippon commence sa troisième année avec les Wildcats et son rôle a encore une fois évolué. Il profite également de la blessure de Killian Tillie, qui, de son côté, ne rejouera qu’à partir de la fin décembre-début janvier 2019.

Les Zags ont pour le moment joué deux matchs cette année, lors desquels Rui Hachimura a dominé inscrivant coup sur coup 33 points puis 17 points.

 

 

Néanmoins, la route est encore longue pour Rui Hachimura et Gonzaga avant de pouvoir défendre leurs chances à la prochaine March Madness.

Un temps durant lequel le joueur japonais va continuer à apprendre ; apprendre sur le terrain avec Mark Few et ses coéquipiers et en dehors en continuant de regarder des séries afin d’améliorer son anglais. Un double apprentissage qui pourrait bien rapidement l’emmener au niveau supérieur.