Nouvelle saison de basketball universitaire, nouvelle chronique chez Midnight On Campus. En plus des chroniques habituelles, on apporte cette saison un nouveau rendez-vous hebdomadaire (a minima) sur une découverte de la semaine, la “Gem of the Week“. Le principe ? Analyser en profondeur une équipe qui nous a impressionné au cours de la semaine, que ce soit une équipe issue du Power Six ou des Mid-Majors.

 

Le premier numéro de cette nouvelle chronique prend la direction de la conférence Pac-12 et notamment le campus de Washington, qui possède une équipe réellement sexy sur le papier et cela s’est vu lors du match d’ouverture face à Western Kentucky.

 

Retour sur les événements

 

Washington débute sa saison en étant classé dans l’AP Top 25, une première depuis 7 ans. De plus, le programme est l’un, si ce n’est le favori de la conférence Pac-12 cette saison. La pression était donc bien palpable avant ce match d’ouverture, face à une équipe de Western Kentucky qui s’inscrit dans l’élite des Mid-Majors.

Cela promettait un match délicat et la première période montre bien les difficultés des Huskies.

Les visiteurs insistent à l’intérieur en s’appuyant notamment sur leur freshman star, Charles Bassey. Mais en face, il y a du répondant en la personne de Noah Dickerson. Beau bestiau, très à l’aise offensivement, l’intérieur junior connait un peu plus de mal défensivement. Il prend rapidement deux fautes et verra son temps de jeu réduit sur le premier acte (seulement 6 minutes).

Sans son point d’ancrage, Washington bégaye un peu en attaque et le salut vient d’exploits individuels. On est bien loin des promesses d’un jeu collectif bien huilé. C’est simple : à la pause, les Hilltoppers sont devant de neuf points, face à une pale équipe de Washington.

 

 

La physionomie s’avère être complètement différente en seconde période : on reconnait enfin le visage tant espéré de Washington. Un jeu collectif qui revient, une défense de zone étouffante qui permet de développer un jeu en transition. Mais surtout, l’apport de Noah Dickerson change complètement l’issue du match.

Les Huskies s’imposent finalement sur le score de 73 à 55, avec une deuxième période de très haut niveau.

 

Des seniors au rendez-vous

 

Le trio de seniors des Huskies, composé de Matisse Thybulle, David Crisp et Noah Dickerson, a répondu présent.

Matisse Thybulle est un joueur extraordinaire, meilleur défenseur la saison dernière en Pac-12, et il lui manque juste un peu de confiance sur son tir en match pour passer un cap. On sait pertinemment qu’à l’échauffement ou à l’entraînement, il est capable de marquer sur un tir en suspension, mais il ne force jamais en match, préférant servir ses coéquipiers. Il se contente de finir près du cercle lors des phases de transitions, ce qui est assez frustrant quand on connait le potentiel du joueur.

 

 

David Crisp est le joueur élégant de l’équipe. C’est un fort scoreur, extrêmement doué en un-contre-un, qui peut sanctionner la défense dans n’importe quelle position sur le parquet. Oui, il a tendance à garder un peu trop le ballon pour jouer ses duels, mais dans un bon jour, il peut faire gagner son équipe en marchant.

 

 

Enfin, le dernier larron, Noah Dickerson, est le game-changer de l’effectif.

Il existe clairement une équipe quand il est sur le parquet et une autre équipe quand il est sur le banc. La preuve avec ce premier match de la saison, avec une pauvre prestation de l’équipe en première période et une démonstration lors du deuxième acte. Véritable point d’ancrage à l’intérieur, il n’est pas maladroit près du cercle, mais défensivement, il demeure un peu naïf (surtout à l’opposé du ballon). Nul doute qu’il corrigera ce problème au fil de la saison.

 

 

 

Jaylen Nowell, taille patron

 

Ancienne recrue 4-étoiles à sa sortie du lycée, Jaylen Nowell sort d’une saison freshman exceptionnelle avec plus de 16 points de moyenne.

L’un des meilleurs scoreurs de sa classe de freshman n’a pas connu de “rookie wall” et semble être parti sur les mêmes bases cette saison. Il termine le match avec 17 points, à 7/15 aux tirs. Ailier longiligne, il est naturellement attiré par le cercle mais il est aussi capable de marquer à trois points. Clairement, c’est un véritable poison pour les défenses adverses.

Cependant, défensivement, il ne fait pas trop les efforts, se contentant de son physique pour intercepter des ballons. D’ailleurs, il en tente beaucoup et forcément, quand il n’arrive pas à ses fins et surtout en défense de zone, met en difficulté ses coéquipiers. Ce fut bien mieux en deuxième période, à l’image de son équipe.

Il n’est qu’en deuxième année et il possède encore une belle marge de progression. Il sera l’un des piliers de Washington en 2018 et il vaut le coup d’oeil.

 

Le titre de la Pac-12 en ligne de mire ?

 

Qu’on se le dise, il faudra sortir le match de l’année pour aller gagner sur le parquet de Washington.

A domicile, l’ambiance dans les tribunes est incroyable avec une section étudiante proche du parquet, qui donne de la voix pendant 40 minutes. Toujours un plus d’avoir du soutien quand l’équipe est en difficulté.

Washington me fait penser à Villanova. Attention, les Wildcats restent quand même (largement) au-dessus mais au niveau de la philosophie de jeu, c’est identique. La défense de zone (3-2), avec les profils des extérieurs, est redoutable. Par contre, une fois passé ce rideau, cela devient porte ouverte (pour le moment, ce n’est que le premier match de la saison).

Offensivement, quand David Crisp ne joue pas les héros tout seul, c’est un régal à voir. Sur jeu rapide, les joueurs se trouvent les yeux fermés et même mieux encore, cela fait briller les coéquipiers avant que sa propre personne. On sent que c’est un vrai groupe, qui vit bien ensemble et qui partage la même vision du basketball.

Tout est réuni pour remporter la conférence Pac-12 et surtout pour aller loin à la March Madness. Washington est une équipe à suivre ; on vous a prévenu, inutile de faire les étonnés en mars.