Nouvelle saison de basketball universitaire, nouvelle chronique chez Midnight On Campus. En plus des chroniques habituelles, on apporte cette saison un nouveau rendez-vous hebdomadaire (a minima) sur une découverte de la semaine, la “Gem of the Week“. Le principe ? Analyser en profondeur une équipe qui nous a impressionné au cours de la semaine, que ce soit une équipe issue du Power Six ou des Mid-Majors.

 

Après des dossiers à propos de Washington puis Furman et Iowa, ainsi que The Citadel la semaine dernière, prenons rendez-vous avec la West Coast Conférence et notamment avec l’équipe en forme en Californie, San Francisco.

 

Un début de saison canon

 

San Francisco sort d’une saison moyenne (tout de même avec un bilan positif de 22 victoires pour 17 défaites) mais le groupe était relativement jeune. Cette saison, le noyau dur arrive à maturité et les attentes sont grandes pour le programme.

Dans une WCC dominée logiquement par Gonzaga, la lutte derrière s’annonce grandiose avec Saint Mary’s, BYU, Loyola Marymount et… San Francisco !

Nul doute que les Dons ne sont pas là pour faire de la figuration sur ce nouvel exercice et l’objectif est simple : aller à la March Madness.

Le début de saison va dans ce sens, avec un bilan de 8 victoires pour une seule défaite, contre la troisième meilleure équipe des Mid-Majors, Buffalo (85-81). Pourtant, le calendrier comporte quelques pièges, avec des rencontres contre des programmes comme Harvard, UC Irvine, LIU Brooklyn ou encore Stephen F. Austin. Des équipes taillées pour la grande danse de mars.

Ce programme intéressant pour les Dons se traduit par des démonstrations.

Hormis le match face à Harvard, qui se termine sur le score de 61 à 57, le reste des matchs sont tellement maîtrisés que le match est bien souvent plié après 30 minutes de jeu. Cette semaine, San Francisco se déplaçait sur le parquet de California pour le derby. Un match à l’extérieur, face à une équipe expérimentée de la conférence Pac-12, cela sentait le match délicat pour les Dons.

Mais la vérité du parquet fut toute autre : California n’a pas existé une seule minute dans cette rencontre. San Francisco étouffe littéralement l’attaque de Cal en première période, limitant les Golden Bears à 24 points inscrits lors des 20 premières minutes. Limiter une équipe de Power Six, sur son parquet, à si peu de points, c’est quand même une performance XXL réalisée par les Dons.

Mieux encore, San Francisco a limité California à 29 points inscrits… après 28 minutes de jeu, soit un point par minute sur son propre parquet !

Le match se termine sur le score de 79 à 60, avec les joueurs du banc qui terminent le travail sur les dix dernières minutes. Cette équipe de San Francisco est tout simplement incroyable et le prouve une nouvelle fois.

 

Mais, alors, pourquoi San Francisco est-il si fort ?

 

La réponse est simple et cela commence par une défense de fer.

San Francisco maintient l’adversaire à 26% derrière la ligne à trois points. Dans un championnat qui prône l’adresse à longue distance, les Dons possèdent un avantage non-négligeable. Il faut dire que le programme défend essentiellement en individuel, en switchant sur chaque écran, et en possédant des intérieurs longilignes capables de contester efficacement les tirs adverses.

De manière générale, l’équipe met une telle intensité sur le plan défensif que c’est un chemin de croix pour l’attaque adverse afin de prendre un tir dans les meilleures conditions. Forcément, quand vous avez une défense aussi redoutable, les matchs sont plus aisés.

Sur le plan offensif, San Francisco respire le jeu West Coast avec un jeu rapide et collectif redoutable.

On sent que les joueurs ont l’habitude de jouer ensemble et surtout, qu’ils ont envie de jouer ensemble. En effet, sur ce début de saison, sept joueurs sont à plus de 7 points inscrits de moyenne. Chacun sait ce qu’il doit faire et c’est un pur régal à voir sur un parquet.

Le cinq majeur apporte énormément avec des profils tous différend mais qui se complètent. On pense notamment au sénior Frankie Ferrari, un fort scoreur, qui malgré une panne sèche trois points, apporte son scoring. Il est là pour prendre les tirs en fin de possession (même s’il n’y en a pas beaucoup…) et c’est là où il excelle le plus, surtout sur des situations de catch-and-shoot.

Matt McCarthy est une machine à double-double en puissance mais qui préfère se mettre au service du collectif plutôt que de jouer sa carte personnelle. Mais la plus belle découverte de ce début de saison, c’est bien le sophomore Charles Minlend.

Après une saison de freshman prometteuse, il explose cette saison en étant le meilleur scoreur de l’équipe. Arrière athlétique, il a travaillé sur sa mécanique de tir cet été et il devient de plus en plus productif sur un parquet. Au lycée, il mettait des tirs mais on sait bien que l’adversité est plus conséquente en basketball universitaire.

Souvent, un joueur avec un tel profil a du mal, surtout face à de la défense en zone. Mais il profite de son potentiel athlétique pour casser la première ligne défensive, et ensuite soit s’arrêter pour prendre un tir ou pour finir près du cercle.

En somme, un joueur polyvalent qui apporte en défense, avec une bonne énergie sur le porteur de balle.

 

 

 

San Francisco est la belle découverte du début de saison. Le programme fait partie de ce vent de fraîcheur qui souffle sur les Mid-Majors et mérite que l’on s’y attarde un peu dessus.

Le calendrier hors-conférence semblait très solide sur le papier mais certains des meilleurs programmes vivent une saison de transition. Du coup, le CV n’est pas si excellent que prévu et c’est bien dommage.

La West Coast Conférence semble d’un niveau supérieur par rapport aux années précédentes.

En effet, on était plutôt sur une lutte à deux, entre Gonzaga et Saint Mary’s. Mais lors de cet exercice, des programmes comme BYU, Loyola Marymount ou encore nos Dons émergent et se mêlent à la lutte pour être le dauphin des Zags.

Sur un match, San Francisco peut ennuyer Gonzaga ; mais sur la durée, Gonzaga reste au-dessus dans la conférence.

En tout cas, cela fait plaisir de voir des “nouveaux” programmes au top dans les Mid-Majors. San Francisco mérite les spotlights et nul doute que le programme continuera à faire parler de lui sur la saison.