Nouvelle saison de basketball universitaire, nouvelle chronique chez Midnight On Campus. En plus des chroniques habituelles, on apporte cette saison un nouveau rendez-vous hebdomadaire (a minima) sur une découverte de la semaine, la “Gem of the Week“. Le principe ? Analyser en profondeur une équipe qui nous a impressionné au cours de la semaine, que ce soit une équipe issue du Power Six ou des Mid-Majors.

 

Après des dossiers à propos de Washington puis Furman, ce nouveau numéro est consacré à la belle surprise de la conférence Big Ten, Iowa, qui vient de remporter le 2K Classic au Madison Square Garden.

Comme chaque début de saison, il est toujours difficile de prévoir quelque chose de précis pour l’exercice suivant de Iowa. À chaque fois que l’on attend le programme, il déçoit et inversement. Mais aujourd’hui, c’est ce deuxième cas qui est en train de se produire avec des Hawkeyes renversants durant le tournoi et forcément, la hype est de retour sur le campus.

 

Une défense retrouvée

 

La saison dernière a été très décevante pour Iowa : un bilan négatif (14 victoires pour 19 défaites), pas de tournoi de fin de saison (ni NIT, ni March Madness), le tout en faisant office de punching-ball à la conférence.

Et tout partait du niveau défensif, bien faible. Ce fut même le gros point noir de la saison, alors que l’on sait que le programme était réputé pour sa dureté défensive. On était bien loin de cette époque ; tout du moins, elle l’était puisque le tournoi au Madison Square Garden a mis en lumières une certaine solidité en défense.

Pourtant, le match d’ouverture contre #13 Oregon promettait d’être un enfer, avec notamment Bol Bol dans le camp d’en face. Le résultat ? Oregon a terminé le match avec 36% aux tirs et un Bol Bol absent lors des quatre dernières minutes du match pour cause de crampes. La défense de Iowa a étouffée l’attaque de Oregon en deuxième période, avec sa zone 3-2 matchup, le tout en limitant le jeu en transition (qui fut la force des Ducks lors du premier acte).

 

 

Lors de la finale, face à UConn, Iowa a limité l’apport des quatre extérieurs adverses avec la zone. On sait que UConn est adepte du drive avec une finition au panier ou à trois points. Le résultat ? 4/26 à longue distance sur cette rencontre.

Pour les amateurs de défense, comme moi, Iowa fut un régal à voir sur ces deux jours.

De l’application, de la dureté, de la patience et de l’envie, ensemble : voilà les ingrédients pour réussir dans ce domaine. Voilà deux performances qui raviront les fans de longue date du programme. Iowa defense is back !

 

Agressif en attaque, le plan de jeu (simple) de Iowa

 

Cela peut paraître simpliste, mais le plan de jeu d’Iowa pour ce début de saison est assez clair : être agressif vers le panier pour se retrouver le plus souvent possible sur la ligne des lancers francs.

Le junior et chef d’orchestre de l’équipe, Jordan Bohannon, ne s’en cache pas. C’est bien l’objectif numéro 1 des Hawkeyes :

“On a un but précis dès qu’on commence un match : être le plus agressif possible, que ce soit en attaque ou en défense. Il faut qu’on tire plus de lancers que notre adversaire, c’est aussi simple que ça.

On fait énormément de répétitions à l’entraînement concernant les lancers-francs et on veut devenir l’équipe la plus efficace dans ce domaine. Cela peut paraître bizarre pour certains mais cela marche pour le moment donc pourquoi changer ?”

Cela peut s’avérer être une faiblesse de miser essentiellement sur les lancers-francs, mais si l’on creuse un peu, ce n’est pas vraiment bête. En effet, si Iowa arrive rapidement au double bonus (deux lancers-francs pour chaque faute), cela provoque du coaching chez l’adversaire et forcément, les joueurs du banc mettent plus de temps à rentrer dans le match. Cela donne un avantage criant pour les Hawkeyes sur son adversaire.

Au niveau des chiffres, sur les deux rencontres : Iowa a tenté 153 lancers-francs pour 120 réussites. Les deux adversaires durant ce tournoi ? 67 tentatives… Cela fait une différence incroyable sortant lorsque l’on voit la réussite des Hawkeyes. Une tactique payante.

 

Des cadres revanchards

 

Déjà ce qui frappe cette saison chez Iowa, c’est la profondeur de banc.

On n’hésite pas à ouvrir le banc, même à un walk-on, dans un match comme celui d’Oregon. Le coaching staff possède une pleine confiance de son groupe et cela se voit D’ailleurs, chacun des joueurs qui a foulé le parquet connait parfaitement son rôle et c’est assez rare pour être souligné, surtout à ce stade de la compétition.

Dernière chose qui frappe concernant le banc, c’est l’envie de jouer ensemble, notamment entre cadres et joueurs de rotations. Il n’y a pas de différence et c’est la preuve que le groupe vit parfaitement bien.

La sensation du tournoi reste le sophomore Luka Garza.

Il a été excellent contre UConn en finale et a participé activement au succès contre Oregon avec notamment deux paniers importants dans le money time. Mais il fut précieux défensivement, surtout face à Bol Bol. C’est un couteau suisse, fort défenseur et capable de prendre la relève offensivement, pouvant sanctionner une défense trop laxiste à trois points sur un pick-and-pop. Titre du MVP du tournoi amplement mérité.

 

 

Nicholas Bear, l’ancien meilleur 6ème homme de la conférence, essaye de revenir à son niveau et on a pu entrevoir quelques bonnes choses le concernant. Il sort d’une saison frustrante, avec notamment une blessure qui l’a tenu loin des parquets sur une grande partie de la saison. Il a apporté son énergie et sa défense en complément de Luka Garza et c’est encourageant pour la suite de la saison.

Et que dire de la découverte Connor McCaffery, fils du head coach des Hawkeyes, Fran McCaffery.

Le natif de l’Iowa commence son cursus universitaire de la plus belle des manières. Il a pris la relève de Jordan Bohannon en sortie de banc quand ce dernier avait des soucis de fautes et a été impeccable dans son rôle.

Redshirt l’an passé, il a eu une année pour s’acclimater aux exigences du basketball universitaire, lui qui sortait d’un petit lycée sans aucune hype. Il s’avère qu’il aura un rôle intéressant cette saison avec ce qu’il a montré durant ces deux jours à New-York.

 

Doit-on s’emballer pour Iowa ?

 

Les erreurs des saisons précédentes nous diront de rester calmes concernant les chances d’Iowa d’aller à la March Madness.

Mais qui sait, le programmeraient de remporter un titre que personne n’avait prédit, gagne deux matchs qui aideront le CV concernant le Selection Sunday, le tout en étant toujours pas au complet (une absence et un retour de blessure).

Cependant, ce début de saison est un rayon de soleil pour les fans, surtout vu l’exercice précédent. Et c’est tant mieux car Iowa possède cette petite aura de sympathie. Vivement les matchs de conférence !