Nouvelle saison de basketball universitaire, nouvelle chronique chez Midnight On Campus. En plus des chroniques habituelles, on apporte cette saison un nouveau rendez-vous hebdomadaire (a minima) sur une découverte de la semaine, la “Gem of the Week“. Le principe ? Analyser en profondeur une équipe qui nous a impressionné au cours de la semaine, que ce soit une équipe issue du Power Six ou des Mid-Majors.

 

Après un premier numéro sur Washington (qui n’a pas porté bonheur au programme…), cette deuxième édition de la chronique s’attarde sur un programme des Mid-Majors, qui connaît un début de saison exceptionnel : il s’agit des Paladins de Furman, représentant de la SoCon.

 

Retour sur les événements

 

Depuis maintenant deux ou trois saisons, la lutte pour le titre de conférence de la SoCon est dantesque. Une lutte à quatre (UNC Greensboro, Chattanooga, East Tennessee State et Furman) propose des matchs ainsi que des scénarios dingues dès le mois de janvier.

Ce sera bis repetita pour ce nouvel exercice, même si certains programmes majeurs connaissent une période de reconstruction. Ce ne sera pas le cas de Furman, qui a gardé son ossature de la saison dernière, tout en ajoutant de la jeunesse via la promotion de freshmen.

Un savoureux mélange qui marche à merveille, chacun dans son rôle, avec un début de saison très solide.

 

Il faut dire que le calendrier est assez abordable. Un match d’ouverture sans pression face à un programme de Division II, Bob Jones University, avec une victoire large à la clé (102-48). Puis, l’un des chocs de cette première partie de saison, avec un déplacement sur le parquet de Loyola-Chicago, apparu au Final Four la saison passée.

Le match est serré comme prévu mais un dunk au (quasi) buzzer du sophomore Clay Mounce permet aux Paladins de l’emporter sur ce match (60-58).

 

 

S’en suit une victoire après prolongation face à Gardner-Webb et… le match qui a affolé les aficionados de statistiques : la victoire face à North Greenville.

Oui, l’adversité n’était pas la même que sur les deux dernières confrontations, je vous l’accorde. Mais ce match a propulsé le programme de Furman sur le plan national. Le junior Jordan Lyons a égalé le nombre de tirs inscrits à trois points sur une rencontre, avec 15 réussites, pour un total de 54 points au compteur (soit la meilleure performance individuelle depuis 2009). Cette performance est assez incroyable, surtout quand on sait que le joueur sortait de deux saisons moyennes à Furman.

Il répond ainsi au joueur de Robert Morris, Josh Williams, qui, 24 heures auparavant, avait lui-aussi inscrit 15 tirs primés.

 

 

 

Furman ne se résume pas qu’à des artilleurs

 

N’ayant qu’un petit rôle en sortie de banc, Jordan Lyons a persisté pour rester sur le campus, avec la promesse d’un temps de jeu plus conséquent cette année. Le moins que l’on puisse dire c’est que son choix s’avère (déjà) payant. Pourtant, ce n’est pas la première option dans le système offensif des Paladins, mais son aptitude à prendre chaud derrière la ligne à trois points, avec Furman qui joue beaucoup sur jeu placé, lui permet d’être efficace.

Mais Furman, ce n’est pas qu’une équipe qui artille à trois points.

C’est avant tout une philosophie de jeu conforme aux attentes du basketball moderne que l’on observe actuellement en basketball universitaire.

Matt Rafferty est un intérieur très doué offensivement, notamment au poste bas, et est devenu le facteur X de cette équipe. Il peut scorer mais il peut aussi créer pour ses coéquipiers, quand l’équipe adverse décide de réaliser une prise à deux sur lui. N’oublions pas son compère à l’intérieur, le sophomore Clay Mounce, capable de s’écarter au large pour sanctionner une défense trop laxiste.

C’est surtout ce trio (Lyons-Rafferty-Mounce) qu’il faut surveiller chez les Paladins, le reste de l’effectif ayant un rôle un peu secondaire, celui de l’ombre.

 

Un futur concurrent sérieux dans la SoCon ?

 

A l’heure de l’écriture de cette chronique, nous sommes samedi soir.

Furman affronte Villanova dans quelques heures. Cela promet énormément mais, soyons honnête, les Widlcats sont largement favoris.

Cependant, cette équipe de Furman possède un bilan de 4 victoires en autant de matchs, soit un record depuis la saison 1988-89. Le calendrier avant d’arriver aux matchs de conférence est dantesque, avec Villanova, UNC Asheville, LSU ou encore UNC Wilmington. De quoi bien se préparer pour les matchs de la SoCon.

KenPom projette le programme de Furman avec un bilan final de 21 victoires pour 9 défaites, pour 12 victoires et 6 défaites dans la conférence. De quoi espérer une qualification à la March Madness ?

On peut mettre une pièce même si la concurrence s’annonce une nouvelle fois rude dans la conférence. En tout cas, Furman s’est (enfin) écrit un petit nom dans le paysage universitaire grâce au match historique contre North Greenville. Une telle performance permet de mettre en lumière le programme, qui mérite toute cette attention.

Il faudra confirmer, dorénavant, avec un nouveau statut (du moins sur les épaules de Lyons). A commencer par le voyage à Villanova ?