Ah, les enseignements des deux premières semaines de compétition, c’est toujours un régal.

Deux cas se présentent : soit on voit une équipe trop belle, soit on s’affole pour peu quand un programme enchaîne deux défaites. Mais quand une conférence commence un nouvel exercice avec ses favoris qui enchaînent les galères contre d’autres programmes plus faibles (sur le papier), forcément, cela fait parler.

Et sur ce début de mois de novembre, l’Atlantic 10 est en difficulté. Petite analyse sur la situation actuelle de l’une des meilleures conférences des Mid-Majors.

 

Quand l’Atlantic mise sur la jeunesse

 

Il faut dire que l’Atlantic 10 est en pleine reconstruction cette saison.

La génération dorée de Rhode Island n’est plus là, des équipes comme Dayton, St. Bonaventure ou encore Richmond amorcent une période de refonte de leur programme de basketball. Pourtant, la conférence était revenue dans le paysage universitaire au début des années 2010 mais trois ans plus tard, le trio qui était la tête d’affiche de la conférence, Xavier, Temple et Butler, ont migré vers d’autres conférences.

Après cet exode, l’Atlantic 10 a misé sur la jeunesse, notamment sur les entraîneurs. La conférence a formé des head coaches comme Shaka Smart, Will Wade ou encore Archie Miller, qui sont maintenant dans des équipes du Power 5.

Désignée comme une conférence “tremplin”, l’Atlantic 10 souffre, comme les autres programmes issus des Mid-Majors, de snobisme par les instances de la NCAA ainsi que les programmes du Power 5. Cela se répercute lors du Selection Sunday mais ceci est un autre débat dont on a l’habitude…

Le problème majeur de la conférence Atlantic 10 est que les meilleures équipes du pays ne veulent pas programmer des rencontres lors des matchs hors-conférences. D’ailleurs, le head coach de Davidson a résumé la situation avant le début de saison sur ce problème majeur :

“Leur plan est simple : les programmes du Power 5 essayent de protéger les programmes du Power 5. Ils n’aiment pas quand un programme comme Loyola-Chicago, Butler ou encore VCU soient à la March  Madness. Cela enlève des spots pour leurs programmes alors que certains de nos programmes méritent plus. On nous demande de programmer des rencontres face à du Kansas, Kentucky & co mais personne ne veut nous affronter. Cela nous pénalise fortement.”

C’est ce dernier point qui est important dans cette histoire.

En effet, les programmes de l’Atlantic 10 n’ont pas le droit à l’erreur sur les matchs hors-conférences et doivent remporter les fameux “buy games” du début de saison. Mais c’est bien le souci sur cette première semaine de compétition : la conférence a perdu six matchs “abordables” et qui plus est, ce sont des favoris pour le titre à la fin de saison régulière.

George Washington n’a pas gagné un match de la saison, avec trois défaites (Stony Brook, Sienna et #5 Virginia), tout comme La Salle ou George Mason. Ces derniers partaient favoris pour le titre de conférence (avec Saint Louis) mais c’est bien trois défaites en trois matchs cette saison.

Rhode Island et son jeune groupe son aussi en difficulté. St. Bonaventure vient de chuter face à Niagara et avec son revers face à Buckell, c’est déjà deux défaites au compteur qui feront mal au CV du programme.

 

Faut-il vraiment s’inquiéter pour le futur de la conférence ?

 

Malgré tout, certains programmes sont au rendez-vous, du moins sur le plan comptable.

Saint Louis, notre favori du début de saison, est à trois victoires en autant de matchs mais concernant le niveau du jeu, c’est encore bien loin des espérances. Trois rencontres serrées, face à des adversaires bien moins clinquants, mais les Bilikens s’en sortent avec le strict minimum.

Le trio de Dayton, Davidson et VCU suivent la cadence mais là-aussi, au niveau du jeu, c’est assez pauvre.

La seule équipe qui m’a impressionné (le mot reste fort quand même) est Saint Joseph’s. Deux victoires convaincantes face à Old Dominion et Monmouth, deux programmes populaires chez les Mid-Majors. Le programme hors-conférence reste solide, avec des matchs contre Wake Forest, Temple, Villanova ou encore Princeton.

On s’inquiète sûrement pour rien mais on sait bien qu’une équipe des Mid-Majors, afin de pouvoir espérer une place à la March Madness, doit remporter le tournoi de conférence. Pour les autres, il faut être irréprochable lors des matchs hors-conférences et avoir un bilan très bon pour avoir une maigre chance. Certains programmes, sur ce début de saison, ont perdu gros avec ce genre de défaite.

Cette saison, ce sera dur de voir deux ou trois représentants lors de la grande danse de mars pour l’Atlantic 10 et c’est bien dommage car centaines équipes pratiquent un jeu attrayant (pas sur ce début de saison, par contre).

L’Atlantic 10 reste l’une des meilleures conférences des Mid-Majors malgré le départ de certains. Cette conférence, qui fait découvrir les joueurs de demain et surtout les entraîneurs, doit se renouveler tout les 4-5 ans et cela tombe pile en cette saison.

Cependant, les matchs de conférences s’annoncent dantesques encore une fois. Enfin, il va falloir que certains se remettent vite de ce début de saison catastrophique pour espérer quoique ce soit en fin de saison.