Richie Riley incarne le nouveau vent de fraicheur des entraineurs.

Ah, cela me fait toujours plaisir de parler d’un programme de la conférence Sun Belt, aussi connnue sous le nom de #FunBelt, l’une des conférences les moins médiatisées des Mid-Majors.

Après un dernier exercice très délicat, le programme de basketball de South Alabama est en train de revivre grâce à un homme : le nouvel head coach, Richie Riley.

Regarder un match de South Alabama, en pleine semaine, à 3h du matin, ne fut pas facile quand j’avais l’occasion de le faire. Il faut dire que le programme est un peu à la dérive, avec des finances plus ou moins bancales et une non-médiatisation due à la “pauvreté” de la Sun Belt (mot un peu dur, mais qui reflète le niveau actuel de la conférence).

Ceci dit, il faut rapidement monter dans le bandwagon des Jaguars puisque le programme de basketball attire l’attention, surtout médiatique, avec un mois de mai assez exceptionnel en matière de recrutement.

L’influence immédiate de Richie Riley

De plus, le jeune entraîneur Richie Riley arrive sur le campus pour insuffler un air de jeunesse, après deux saisons convaincantes avec Nicholls State, histoire d’être en adéquation avec son groupe.

On le sait bien, et surtout lorsque l’on parle d’un programme en reconstruction parmi les Mid-Majors, un changement d’entraîneur et de mentalité peut prendre du temps à mettre en place. Mais le temps, Richie Riley et son staff n’en n’ont pas.

Dès son intronisation le 15 mars dernier, il a réalisé un petit tour du marché des transferts, qui est le moyen le plus rapide et le plus sûr afin de construire rapidement une équipe pour les échéances proches.

Deux programmes excellent dans ce domaine : Nevada et New Mexico State. Et le “pire”, c’est que cette pratique fonctionne !

A vrai dire, c’est la philosophie idéale pour un tel programme. South Alabama se morfond depuis bien trop longtemps dans les abysses de la #FunBelt, atteignant que trop rarement la barre des 50% de victoires à la fin de la saison.

Les visages du futur des Jaguars

Nous sommes le 16 mai et le roster de South Alabama me vend une hype terrible.

La seule attraction de ce (très) jeune groupe : un certain Rodrick Sikes.

Pour sa première saison universitaire, après un début de carrière en Junior College (JUCO), il a réalisé une année dantesque avec une moyenne de presque 19 points. Bonne nouvelle, il sera de retour la saison prochaine, comme les trois quarts de l’effectif (4 départs de seniors).

La recrue phare en vue de la saison prochaine, Dion Wiley.

Après trois saisons chez lui, à Maryland, le prospect n’a jamais obtenu sa chance, malgré une saison dernière avec plus de 20 minutes de moyenne sur le parquet. Mais son implication dans les systèmes était bien faible et cela a frustré le joueur, qui a décidé de faire une dernière année autre part. Il pose ses valises à South Alabama et sera le fer de lance d’un backcourt détonant aux côtés de la star, Rodrick Sikes.

L’autre recrutement majeur et ce fut un véritable tremblement de terre, l’arrivée de l’un des meilleurs joueurs de la conférence Pac-12, Don Coleman.

Le leader de California sort d’une saison à 14 points de moyenne dans le néant des Golden Bears. Il a connu quelques coups de chauds, en passant régulièrement la barre des 30 points lors des matchs de conférence. Il devra rester sur la touche la saison prochaine mais il sera la principale attraction lors de la saison 2019-20.

Et pour finir, en fin de semaine dernière, c’est au tour de Andre Fox, le scoreur (15.7 points de moyenne la saison dernière) de High Point, de rejoindre South Alabama pour y finir son cursus universitaire.

Un autre arrière, un autre gros marqueur, je crois que les Jaguars évolueront avec trois arrières sur les postes extérieurs la saison prochaine… et cela risque d’être détonnant.

On sait bien que tout miser sur des joueurs en fin de carrière (universitaire) peut s’avérer très bancal. Il faut créer une alchimie entre les joueurs et il faut que le discours du coach passe bien. Et c’est là où le rôle de Richie Riley sera important.

Une telle pression, sur ses jeunes épaules (35 ans), va-t-il pouvoir la supporter ? Personnellement, j’y crois beaucoup.

Lorsque l’on regarde le succès du modèle de Nevada, qui mise chaque année sur des joueurs en manque de temps de jeu au sein de grands programmes, et qui malgré cela se qualifie à chaque fois à la March Madness et réalise un beau parcours, c’est encourageant pour South Alabama.

Déjà, le programme a réussi à attraper des prospects qui n’avaient que très peu de temps de jeu chez des équipes du Power Six, sans toutefois avoir le résultat escompté.

On pense notamment à l’intérieur Rozelle Nix, en perdition à Pittsburgh, et qui après une année en JUCO, ne s’est pas imposé la saison dernière, jonglant entre blessure et mauvais comportement. On attend énormément de lui la saison prochaine, sachant que le secteur intérieur des Jaguars est en perdition.

A cette même date l’année dernière, South Alabama bombardait sur la promotion de freshmen en utilisant la bagatelle de 6 bourses sur des premières années. Cette saison, on fait différemment en apportant ce qui manqua cruellement à l’équipe sur le dernier exercice : de l’expérience.

Est-ce que cela sera suffisant pour détrôner Louisiana et se rendre à la March Madness la saison prochaine ?

En tout cas, le processus de reconstruction ne stagne pas et avance à vitesse grand V. Comme quoi, la nouvelle génération d’entraîneurs est prometteuse et cela fait plaisir de voir un nouveau vent de fraîcheur.