La dernière chance de participer à la folie de mars doit se concrétiser cette année pour UT-Arlington.

Après quelques matchs dans cette nouvelle saison, certains programmes commencent (déjà) à s’affirmer et d’autres, au contraire, sombrent déjà.

Concernant les mid-majors, j’ai décidé de ressortir la chronique “A la recherche de Cendrillon”. Et pour cette première édition, c’est une petite université de la célèbre conférence Sun Belt (#FunBelt pour les intimes), UT-Arlington, qui se trouve sous les spotlights.

Lorsque l’on parle du Texas, immédiatement, on pense au football en High School, véritable institution dans ces contrées. Au niveau du basketball universitaire (et aussi du football), ce sont les Longhorns de Texas qui occupent les esprits, suivis depuis peu par Texas A&M. Mais un troisième programme essaye tant bien que mal d’exister.

Il s’agit de la University of Texas at Arlington.

Pourtant, fort de ses 41.000 admissions l’an dernier, l’université fait partie des meubles au Texas comme la quatrième plus grande de l’Etat. Mais niveau basketball, on entend très peu parler du programme.

Depuis 2013, UT-Arlington évolue au sein de la conférence Sun Belt. Cela fait deux saisons consécutives que le programme passe la barre des 20 victoires en saison mais échoue toujours de peu pour connaître la March Madness. Lors de l’exercice 2015-2016, l’équipe s’incline en demi-finale du tournoi de conférence face à UL-Monroe et se retrouve au CIT, où son chemin s’arrête après deux matchs.

La saison dernière, l’histoire se répète avec une nouvelle défaite en demi-finale, face à Texas State. Mais le bilan, de 25 victoires pour 8 défaites, permet au programme de figurer dans le très relevé NIT. Là, avec un seed bas, l’équipe sort BYU (105-89), puis Akron (85-69) avant de s’incliner en quart de finale face à CSU Bakersfield sur le fil (80-76).


J’ai réellement découvert cette équipe lors de leur parcours à ce dernier NIT. Ce petit poucet qui sort la machine de guerre qu’est BYU, puis cette petite balade face à Akron, j’étais un peu choqué. Mais force est de constater que cela joue plutôt pas mal, surtout offensivement.

Un jeu débridé qui roule à 100 à l’heure mais qui peut aussi poser le jeu sur demi-terrain. Défensivement, c’est clairement une autre histoire mais bon, on ne peut pas tout avoir.

Du coup, cette saison, je décide de jeter, de temps en temps, un coup d’oeil sur ces petits Mavericks.

Voici la situation de l’équipe à l’heure où j’écris ce dossier. Le programme vient de perdre de manière tellement frustrante sur le parquet d’Alabama, qui est occupe la dernière place du Top 25. Une défaite d’un petit point, sur le score de 77 à 76.

Un match d’ouverture à la maison, sur le papier, assez facile face à Loyola Marymount, équipe étant classée 237ème dans le classement de KenPom. Mais ce fut plus dur que prévu avec une victoire sur le fil. Là où cela devient intéressant, c’est face à BYU, qui est 81ème. L’histoire se répète avec des Cougars impuissants face à l’armada offensive des Mavericks.

Et enfin, ce quasi-upset face au Crimson Tide, qui rappelle celui face à St Mary’s la saison dernière.

Mais alors, pourquoi cette équipe d’UT-Arlington est aussi redoutable ? C’est grâce à ses seniors.

Sur les dix joueurs ayant foulé le parquet cette saison, sept sont dans leur dernière année universitaire. Et sur ces sept “vieux”, six étaient dans le groupe l’an dernier. On note une arrivée et non des moindres, avec Johnny Hamilton (10.3 points et 5 rebonds en moyenne) en provenance de Virginia Tech. En manque de temps de jeu (7 minutes de moyenne), il est en train d’exploser dans une équipe qui n’hésite pas à se servir de lui comme point d’ancrage à l’intérieur, chose qui manquait cruellement aux Mavericks.

Le 7-footer forme un duo ô combien redoutable avec le joueur de la conférence lors du dernier exercice, Kevin Hervey (25 points et 7.7 rebonds de moyenne). Et forcément, cela change la perspective de l’équipe d’avoir deux intérieurs aussi adroits.

Pour tout vous dire, UT-Arlington possède surtout du talent sur les postes extérieurs.


Lorsque vous avez un meneur de jeu comme Erick Neal aux commandes, c’est immédiatement plus facile. Le meneur de jeu tourne en double-double de moyenne (17 points et 11 passes), et encore, le joueur est en délicatesse avec son tir, surtout face à Alabama. Sa moyenne devrait s’améliorer au fil de la saison s’il retrouve son adresse générale. Mais Erick Neal reste l’un des meneurs les plus smooth du championnat et risque de frapper à la porte de la grande ligue cet été.

Maintenant, les chiffres purs et durs. Attention les yeux, il y a de la statistique qui va faire froid dans le dos.

Ce qui impressionne le plus sur ce début de saison, c’est que les joueurs de UT-Arlington sont à 50% de réussites à trois points ! (Ils tournent à 52.8% à deux points…)

Sur le plan offensif, c’est très propre, par contre, défensivement, c’est plus délicat. L’adversaire shoote à quasiment 60% à deux points et ce pourcentage est bien trop élevé. Idem concernant la réussite aux lancers francs, qui est assez dérisoire même si l’équipe ne passe pas énormément de temps sur la ligne de réparation.

Pour résumer brièvement, UT-Arlington est une équipe très offensive, qui prend beaucoup de tirs à trois points, qui fait vivre le ballon mais qui ne défend pas de manière optimale. Mais voilà, on sent que les joueurs de UT-Arlington maîtrisent parfaitement l’approche et le déroulement d’un match, merci l’expérience.

C’est une équipe qui joue simple, qui ne perd pas énormément de ballons, qui ne s’affolent pas quand l’adresse n’est pas au rendez-vous… Bref, c’est un régal pour les puristes. Quand on voit la copie rendue face à BYU et aussi face à Alabama, on s’imagine aisément ce groupe faire la même chose au mois de mars.

Les prochaines échéances qui arrivent pour UT-Arlington sont intéressantes sur le papier : un déplacement à Northern Iowa, une réception de Florida Gulf Coast et un nouveau déplacement sur le parquet de Creighton. Trois tests avant de commencer les matchs de conférence (le reste du calendrier est indécent de facilité).

Les Mavericks peuvent se projeter sur une saison à plus de 20 victoires et une participation à la March Madness. Mais voilà, étant une école des mid-majors, il va falloir remporter le tournoi de conférence puisque même ce début de saison en boulet de canon ne suffira pas au comité de sélection.

C’est la dernière chance pour cette bande d’ami de connaître les joies de mars. Ce serait une juste récompense et une belle histoire de les voir réaliser ce vœu. En tout cas, on y croît dans la rédaction.