Quels sont les atouts de LIU Brooklyn pour la March Madness ?

Alors que la March Madness est sur le point de commencer, nous allons présenter en détails chaque  équipe qualifiée automatiquement concernant les Mid-Majors. Deuxième édition avec le représentant surprise de la conférence NEC, LIU Brooklyn, qui a battu le favori en finale, Wagner.

Retour sur la saison régulière

Après neuf saisons du côté d’UMass, Derek Kellogg a été forcé de trouver un nouveau job en basketball universitaire. C’est tout naturellement que son alma mater, LIU Brooklyn, a fait de lui une priorité. Peu de temps après l’annonce de son départ, le head coach officialise son arrivée sur le campus des Blackbirds.

« Je vais faire tout mon possible pour que LIU Brooklyn soit en mesure de se qualifier pour la March Madness, saison après saison. C’est mon but, c’est mon projet, je veux que mon programme soit compétitif immédiatement et vu le groupe que j’ai à disposition, je pense que l’on va faire un peu de bruit en mars ».

10 mois après cette conférence de presse, LIU Brooklyn se qualifie pour la March Madness.

Pourtant, la saison régulière a été très contrastée. Cela commence par deux défaites à l’extérieur, sur le parquet de Tulane (102-96) et Fordham (81-68). Les Blackbirds connaîtront leur premier succès de la saison pour la première à domicile, face à New Rochelle, équipe de Division II.

La première partie de saison ressemble tout de même à des montagnes russes. Incapable de gagner trois matchs consécutifs, LIU Brooklyn enchaîne cependant les défaites, face à des programmes de même facture.

Les matchs de conférence commencent et le programme affiche un bilan de 5 victoires pour 8 défaites.

L’équipe reprend la même dynamique, avec des victoires étriquées et des défaites tellement rageantes… Mais voilà, une petite dynamique positive à la mi-janvier avec trois victoires, dont une à domicile face à Wagner (69-67), permet de redonner espoir à l’équipe.

Encore une fois, LIU Brooklyn n’arrive pas à enchaîner, gagne deux matchs puis en perd trois… Les deux victoires pour conclure la saison régulière face à des adversaires directs font du bien et permet au programme de finir avec un bilan positif (10 victoires – 8 défaites) ainsi que de sécuriser le seed #4 du tournoi de la conférence NEC.

Le tournoi de conférence

Le premier tour face à St. Francis (NY) est une formalité tant la domination intérieure des Blackbirds fut outrageuse, face à un adversaire ne pouvant pas lutter dans ce domaine.

Par contre, ce fut une autre histoire en demi-finales face à Fairleigh Dickinson. Les deux équipes se trouvaient à une victoire chacune lors de leurs confrontations en saison régulière et à chaque fois, ce fut une véritable guerre des tranchées.

Et bien ce match fut dantesque, tout simplement. Fairleigh Dickinson gère à merveille la première période, creuse un écart confortable au retour des vestiaires et puis le réveil de Raiquan Clark et de Joel Hernandez pour LIU Brooklyn. Un comeback tonitruant de plus de 15 points, une équipe de Fairleigh Dickinson qui s’essouffle offensivement et LIU Brooklyn déroule.

Jashaun Agosto termine le travail sur la ligne des lancers-francs à 3 secondes de la fin et les Blackbirds gagnent le droit d’affronter le patron de la conférence, Wagner.

On ne donnait pas cher, moi le premier, de la peau de LIU Brooklyn fasse à Wagner. Et pourtant, c’est un véritable démonstration que propose les Blackbirds, tellement sereins, ne laissant aucune place à leur adversaire du soir.

+16 à la pause, le tout avec des fautes sur les cadres, le plus dur était fait pour LIU Brooklyn. Ces derniers, malgré un ultime comeback adverse, s’imposent sur le score de 71 à 61 et remporte le droit d’aller à la March Madness pour représenter la conférence NEC.

Que vaut LIU Brooklyn, concrètement?

LIU Brooklyn est une équipe qui joue dur, c’est la première chose qui frappe.

L’équipe possède deux talents offensifs en la personne de Joel Hernandez et Raiquan Clark, mais elle peut s’appuyer sur trois autres joueurs pour marquer des points et être efficace sur le parquet.

Derek Kellogg n’a pas eu vraiment le temps de chercher des talents sur la dernière promotion de freshmen ni même sur le marché des transferts. Cependant, le peu d’additions opérées ont été programmées surtout pour préparer l’avenir, non pas pour être productif dès cette saison.

C’est pourquoi les rotations sont limitées (24% du temps de jeu est pour les joueurs du banc, soit le 328ème pourcentage au sein du championnat…) et hormis le sophomore Jashaun Agosto, le head coach mise sur l’expérience.

Malheureusement, LIU Brooklyn possède un gros défaut, son manque de taille à l’intérieur.

Le plus grand joueur dépasse à peine les 2 mètres et c’est assez léger pour une équipe qui veut aller loin à la March Madness. Ce manque n’est pas criant lors des matchs de la conférence NEC, l’équipe compense avec une énergie débordante et surtout, les cinq joueurs sont au rebond. Une adaptation qui marche, mais cela va-t-il continuer face à des adversaires plus huppés ? J’en doute.

LIU Brooklyn est une équipe qui n’excelle pas dans un domaine en particulier, mais qui sait tout faire. C’est surtout défensivement que l’équipe est efficace, notamment sur la défense des tirs lointains. Un petit 32.7% de moyenne pour l’adversaire, soit la 48ème meilleure défense dans ce secteur de jeu.

Les Blackbirds défendent surtout en défense individuelle, en exerçant une pression sur le porteur de balle et en coupant les autres joueurs du ballon.

Du coup, la plupart des paniers sont inscrits en transition, LIU Brooklyn étant une équipe qui aime se projeter rapidement vers l’avant. Sur demi-terrain, sans une réelle présence à l’intérieur, c’est assez difficile, mais grâce aux pick-and-rolls, le jeu est plus fluide. Mais cela reste basique (encore une fois, c’est une saison de transition pour le programme).

Il faudra voir si l’équipe se rendra à Dayton pour le First Four ou obtiendra son ticket direct pour le 2ème tour. On mise plutôt sur la première option.

Un joueur de LIU Brooklyn à suivre : Joel Hernandez

Le senior et leader de LIU Brooklyn n’a pas connu un parcours universitaire de tout repos.

Une grave blessure lors de sa saison de freshman l’oblige à mettre un terme rapidement à sa saison. Cependant, il n’obtient pas le statut de redshirt et voit une année passée sans qu’il ne puisse faire quoi que ce soit.

Lors de sa saison de sophomore, il possède un petit rôle intéressant en sortie de banc, avant d’exploser une saison plus tard. En 2016-17, alors qu’il termine son cursus, le programme fait appel à la NCAA pour obtenir une cinquième année d’éligibilité au joueur à la suite à la grave blessure contractée lors de sa saison de freshman.

Le comité valide la demande et revoilà Joel Hernandez sur le campus cette saison.

Il devient la tête d’affiche du programme, prenant le rôle le capitaine et surtout, le leader de l’équipe. Derek Kellogg en fait son relais entre le vestiaire et le coaching staff et il lui donne carte blanche sur le parquet.

Le résultat ? Une saison à 20.9 points, 5.9 rebonds et 2.6 passes de moyenne, avec en point d’orgue, un tournoi de conférence NEC vraiment solide : il remporte le titre de MVP du tournoi avec 20.5 points de moyenne et une pointe à 32 points en finale face à Wagner !

La belle histoire qui se transforme en conte de fée, nul doute qu’il aura à cœur de porter son équipe lors de la March Madness.