Drake à la March Madness dans quelques mois ? Cette hypothèse est entièrement envisageable à ce jour.

Certaines équipes peu connues (voire pas du tout) feront parler d’elles lors de la prochaine March Madness, si elles se qualifient, bien entendu. Nous avons vendu les louanges de UT-Arlington plus tôt dans la saison ; aujourd’hui, c’est au tour de la grande surprise d’une Missouri Valley Conference new look, l’Université de Drake.

Le grand patron de la MVC, Wichita State, n’étant plus au sein de la conférence, on assiste à une véritable redistribution des cartes. Avant le début de saison, on savait que la course pour le titre allait être passionnante et indécise.

Nous sommes en janvier et le moins que l’on puisse dire, c’est que le chaos règne au sein de la conférence !

La plupart des équipes qui luttaient avec Wichita State se trouvent en période de transition, comme Northern Iowa (autrefois le grand rival des Shockers, qui est bon dernier du classement avec 1 victoire pour 5 défaites) ou encore Illinois State (qui était l’outsider numéro 1, on se remémore les affrontements entre les Shockers et les Redbirds, un régal). Valparaiso, dernier venu et rookie dans la Missouri Valley Conference, dort en avant-dernière position du classement ; l’après Alec Peters est délicat pour les Crusaders.

Du coup, on se pose la question légitime de savoir qui domine à l’heure actuelle dans la conférence ? La réponse est sans équivoque : Drake. Pas le rappeur, non, le programme de basketball.

Les Bulldogs, qui jouaient le milieu de tableau lors des années précédentes, se retrouvent catapultés à la première place de la conférence, avec un bilan de 5 victoires pour 1 seule défaite. Leur revers est intervenu sur le parquet de Valparaiso, avec une petite valise au passage. Mais l’essentiel est ailleurs.

(N.B. : Drake a disputé deux matchs récemment : une défaite face à Northern Iowa et victoire face à Evansville. Le programme est toujours à la première place dans la Missouri Valley Conference mais ne compte plus qu’une victoire d’avance sur son dauphin.)

Drake réalise une saison dantesque, sa meilleure depuis l’exercice 2007-2008, époque où les Bulldogs ont remporté le titre de conférence. Pourtant, le bilan général du programme cette année (11 victoires pour 8 défaites) n’est pas sexy, mais il y a une cause pour ça : la première partie de saison proposait une forte adversité.

Du Colorado, du Minnesota, de l’Iowa ou encore du South Dakota et Wyoming, Drake n’a pas chaumé. Cette adversité a permis au groupe de se frotter avec plus fort et comme souvent, cela paye lors des matchs de conférence. Les statistiques face aux adversaires de la Missouri Valley Conference vont dans ce sens.

Meilleure attaque.

Meilleure équipe sur la ligne des lancers francs.

Meilleure équipe au niveau des passes décisives.

Meilleure équipe en terme de paniers à trois points inscrits.

Et plus important, meilleure équipe au niveau du ratio entre passes décisives et pertes de balles (1.3, ce qui est très bon).

Il fut dire qu’il y a eu du changement à Drake cette année. Déjà au niveau du head coach, Niko Medved a repris la tête du programme, après quatre saisons convaincantes du côté de Furman (il a été nommé entraineur de l’année dans la Southern Conference la saison dernière). Il apporte une touche de fraîcheur, profitant aussi d’un groupe quasi intacte par rapport à la saison précédente.

Lorsque vous regardez un match de Drake, vous voyez immédiatement Niko Medved très actif sur le banc, toujours debout, à donner ses consignes, à vivre le match tout simplement. Il apporte cette énergie, qui se transmet à ses joueurs, une onde positive qui fait du bien. Les spécialistes de la MVC sont unanimes : Drake est une nouvelle équipe. Ce n’est pas une question de système, mais de mentalité. Niko Medved est connu pour être un entraîneur qui prône surtout l’aspect défensif.

Dès le premier entraînement, l’accent a été mis sur cet aspect et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela marche.

L’année dernière, Drake encaissé 80.1 points par match. Cette saison ? 66.2. Il n’y a pas de secret, si on veut aller loin en basketball universitaire, il faut savoir défendre.

Le fait de jouer avec quatre extérieurs donne plusieurs options au niveau de la défense. Il existe davantage de prises à deux, que ce soit au poste bas ou dans le corner, avec une activité des bras intense. Certes, un désavantage certain demeure au niveau de la taille, mais cette saison, il n’y a pas énormément de bigmen dans la conférence. Un pari osé mais qui fonctionne.

Jouer petit est aussi un avantage sur le plan offensif, surtout quand les extérieurs adorent attaquer le panier. Cela provoque des fautes et cela se retrouve souvent sur la ligne des lancers-francs. Une tactique qui paye, d’autant plus quand vous êtes l’une des meilleures équipes du pays sur la ligne de réparation.

Greg Lansing, l’entraîneur d’Indiana State, résume bien la difficulté de défendre face à Drake.

“Ce fut un véritable cauchemar à défendre. Le fait de jouer avec quatre extérieurs, cela oblige nos joueurs à défendent de manière intensive chaques secondes. Je respecte énormément ce programme, c’est le jour et la nuit avec les saisons précédentes.

Ils ont de l’expérience sur les postes extérieurs, ils ont des gars qui peuvent mettre des tirs en sortie de banc. Je pense que c’est leur année, tout simplement.”

En effet, sur les cinq rotations extérieures qui possèdent Drake, quatre joueurs inscrivent pas moins de 40% de leurs points à trois points. On pense notamment à Graham Woodward, Ore Arodundade, Reed Timmer ou encore Nick McGlynn. D’ailleurs, ce dernier est la réelle bonne surprise de cette saison, lui qui a connu deux saisons précédentes très délicates, avec 2.4 points de moyenne sur la première année et 4.9 la saison précédente.

Il explose tout cette saison, avec 11.5 points et 5.4 rebonds de moyenne.

Positionné comme seul intérieur, Nick McGlynn possède cet avantage d’être plus vif, plus rapide que les intérieurs adverses. C’est un bon athlète de manière générale, qui n’est pas maladroit avec ses mains et qui est un grand travailleur. Il apporte une réelle plus-value et un soutient indéniable au leader incontesté, Reed Timmer.

Dans une Missouri Valley Conference qui connaît une saison historique au niveau du RPI, étant la 8ème meilleure conférence du pays, à cause du départ de Wichita State, est en train de surprendre tout le monde. Alors que l’on prédisait une descente aux enfers pour la conférence, la redistribution des cartes permet à certains programmes d’émerger, comme Drake. La conférence est plus homogène et l’Arch Madness (nom du tournoi de conférence de la MVC) risque d’être haletant cette saison.

Est-ce que Drake et son groupe expérimenté peut représenter la Missouri Valley Conference à la March Madness ? La réponse est oui.

Le travail en amont du nouveau coaching staff a déjà porté ses fruits et c’est prometteur pour les futures saisons, malgré les nombreux départs à prévoir. Comme quoi, le fait de changer d’entraîneur, en apportant une touche de “jeunesse” fait souvent du bien à un programme en perte de vitesse.