En écrasant USC (49-14), #9 Notre Dame a intégré le Top 10 à l'AP Top 25 cette semaine. De quoi rêver des Playoffs ?

C’est sûrement l’un des programmes dont on parle le plus ces derniers jours. De manière justifiée, Notre Dame s’est en effet invité dans les discussions concernant le College Football Playoff.

Avec la perte de vitesse de quelques conférences clés (oui, on pense à vous la Pac-12) ou encore les défaites de quelques gros morceaux tels que Oklahoma et Oklahoma State, ou encore Clemson à juste mesure, des équipes à l’image du Fighting Irish ou de #4 TCU en ont ainsi profité pour semer le trouble.

Cependant, on le sait très bien, il est extrêmement compliqué pour un programme indépendant se qualifier en Playoffs. Encore plus lorsqu’il lui reste cinq gros tests à jouer. Mais Notre Dame a montré qu’il était dès à présent nécessaire de les prendre au sérieux au vue de leur bilan, d’autant plus que les performances réalisées seront leur seul moyen de pression pour finir dans les quatre à la fin de la saison.

Sur le terrain, c’est costaud

Qu’est-ce qu’elle paraît loin cette saison 2016 où Notre Dame a fini avec un bilan horrible de 4 victoires pour 8 défaites, le premier record négatif depuis 2007 (3-9). C’est effectivement le jour et la nuit.

A la traîne il y a un an, le jeu de course (317.86 yards, 6e du pays) et la défense (16.4 points encaissés, 12e du pays) se sont sublimés durant l’intersaison pour faire du programme une équipe ultra robuste et très difficilement jouable pour les adversaires.

Alors que le jeu aérien prend de plus en plus de place dans le monde du football, le Fighting Irish est donc revenu aux bases, à l’ancienne. Cela démarre tout d’abord par cet excellent jeu au sol, mené par l’incroyable Josh Adams. Le junior a complètement explosé cette saison, dépassant déjà ses totaux de l’année dernière (967 yards pour 8 TDs contre 933 yards et 5 TDs en 2016).

Il a d’ailleurs fait vivre un véritable calvaire au front-seven des Trojans, le transperçant quasiment à chaque portée.

Evidemment, il n’y a jamais de bon coureur sans une bonne ligne offensive. Et à Notre Dame, cela est bien sûr le cas puisque les linemen offensifs réalisent un travail monstre pour ouvrir des brèches à Josh Adams, notamment sur le côté gauche de la ligne où résident deux des meilleurs joueurs à leur poste : le left tackle Mike McGlinchey et le left guard Quenton Nelson.

De plus, le quarterback double-menace Brandon Wimbush sait utiliser de manière efficace son jeu de jambes. Absent la saison dernière, il a profité de cette coupure pour se forger un beau physique et travailler sa vitesse. Ainsi, il permet à Notre Dame de compter sur deux grosses menaces au sol puisqu’il est devenu un des quarterbacks les plus productifs à la course : 84.67 yards en moyenne par match (7e) et 10 touchdowns (6e).

Concernant le jeu aérien, ce dernier est logiquement moins utilisé mais pas délaissé pour autant.

Avec de très bons playmakers tels que Equanimeous St. Brown (18 réceptions pour 240 yards et 3 TDs) et Chase Claypool (13 réceptions pour 157 yards et un TD), le Fighting Irish peut effectivement faire appel à ce jeu de passe, notamment dans les moments clés comme contre USC où le programme indépendant a lancé pour deux touchdowns.

Un gros jeu au sol est souvent de pair avec une défense costaude. C’est de cette façon que le plan de jeu est construit du côté de l’Etat de l’Indiana. Sans véritable stars, la défense se repose sur un collectif dur sur l’homme, le tout contrôlé par le nouveau coordinateur défensif Mike Elko (précédemment à Wake Forest où il a brillé) qui a profité du ménage de l’été dernier dans le coaching staff pour s’installer comme l’élément clé du renouveau de l’université.

L’escouade de linebackers est la pierre angulaire du système, portée par trois seniors qui font jouer leur expérience (Greer Martini, Nyles Morgan et Drue Tranquill). Le pass rush est lui de nouveau de sortie sur le campus avec 18 sacks comptabilisés (contre 14 sur la totalité de la saison 2016) grâce à la vivacité de la ligne défensive tandis que le prometteur secondary sait créer les big plays nécessaires (7 interceptions et 33 passes défendues).

La recette du succès est simple mais terriblement efficace du côté de Notre Dame : courir, défendre dur et surtout, tout donner sur le terrain malgré le manque de talent sur certains matchups.

Concernant le calendrier, c’est encore plus costaud

Voici la raison qui pourrait refroidir pas mal d’analystes sur la capacité de Notre Dame à atteindre le College Football Playoff : le calendrier.

Bien que le Fighting Irish ait déjà écarté de sa route de manière impressionnante les équipes de USC (49-14), Michigan State (38-18), North Carolina (33-10) ou encore Boston College (49-20) et qu’il ait accroché #3 Georgia (19-20), actuellement classé en #3, le calendrier reste en effet très compliqué.

Comme chaque année, Notre Dame doit se confronter à des affrontements délicats et cette saison ne déroge pas à la règle, car le programme va devoir finir sa saison avec un calendrier monstre. Qu’est-ce qu’il fait mal.

Deux gros déplacements dont un à l’autre bout du pays au sud de la Floride puis en baie de San Francisco, un choc de haut niveau face à NC State et deux matchs pièges face à des poils à gratter. Voilà ce qui attend les hommes de Brian Kelly.

Certes, le bilan parfait semble très peu réalisable, mais la bye-week d’il y a deux semaines a permis aux organismes de se reposer et cette fraîcheur pourrait aider Notre Dame à enchaîner les victoires.

Un statut d’indépendant qui pourrait leur jouer des tours

Malheureusement, le football universitaire est très inégal notamment dans l’égalité des chances. Notre Dame pourrait finir cette saison avec une seule défaite et ne pas intégrer le Top 4. C’est en tout cas ce que de nombreux journalistes soulignent, car sans finale de conférence, le comité semblerait réticent à l’idée de les envoyer au College Football Playoff.

Cela avait déjà joué des tours à la conférence Big 12, qui encore avant cette année ne détenait pas de finale de conférence. La situation dans laquelle se trouve Notre Dame est non-négligeable pour le programme. Le scénario rêvé serait que la conférence Pac-12 continue de s’entretuer tout en espérant que l’ACC (et pourquoi pas la Big 12) fasse de même. La Big Ten et la SEC étant quasiment certaines de compter sur un représentant pour les Playoffs.

Vous l’aurez compris, l’avenir du Fighting Irish demeure extrêmement flou à ce jour, d’autant plus que le sprint final devrait produire encore pas mal de dégâts. Ce scénario pourrait profiter à Notre Dame si le programme continue sur cette belle lancée. Un nouveau bilan sera très certainement tiré après la réception de #14 NC State.