Moritz Wagner réalise la meilleure performance de sa carrière face à Louisville et permet à Michigan de continuer sur sa folle lancée.

Personne n’a oublié la finale nationale de 2013, et surtout pas Michigan, héros malheureux. Cette rencontre du Second Round faisait office de revanche. Les Wolverines n’ont pas manqué l’opportunité de sortir leurs bourreaux d’il y a quelques années.

Derrière la magnifique symphonie composée par Moritz Wagner (26 points à 11/14), meilleure performance en carrière, Michigan surgit de l’arrière en seconde période et valide sa qualification à son premier Sweet 16 depuis 2014. L’ailier fort d’origine allemande devient ainsi le premier Wolverine depuis Chris Webber en 1993 à inscrire plus de 25 points à 75% de réussite lors de la March Madness.

Michigan n’a pas délivré son meilleur match, mais son efficacité et sa solidité mentale dans les moments chauds leur a permis de prendre les devants et de ne plus lâcher les rennes de la rencontre. Moritz Wagner a martyrisé la défense intérieure de Louisville, tour à tour aidé par D.J. Wilson (17 points), Zak Irvin (11 points) et Derrick Walton Jr. (10 points, 7 rebonds et 6 passes), relativement discret mails ultra-clutch avec un panier scellant le sort de la partie à 30 seconds de son terme.

Mangok Mathiang (13 points, 4 rebonds), véritable force dans la peinture pour les Cardinals, s’est retrouvé longtemps scotché sur le banc à cause de fautes et cette absence a couté chère en seconde période. Deng Adel (16 points, 5 rebonds) et surtout Donovan Mitchell (19 points, 7 rebonds, 5 passes) ont tenu la baraque mais ils ont été bien esseulés. La performance cataclysmique délivrée par Quentin Snider (0 point à 0/9, 0/7 à trois points) et les actions vendangées dans les dernières minutes ont possiblement coûté la victoire à Louisville.

Malgré l’horaire matinale de la rencontre, les deux équipes proposent un jeu plaisant et s’attaquent chacune avec succès. Louisville et Michigan développent leur jeu de manière plutôt identique, entre succès dans la peinture et quelques tirs extérieurs venant compléter la note. Louisville mène les débats (17-14) après 8 minutes de jeu, mais les adversaires se tiennent vraiment en peu de choses.

Puis les hommes de Rick Pitino mettent tranquillement leur machine en route. La défense des Cardinals resserrent les rangs, limitant les espaces pour Derrick Walton, toujours muet à ce moment de la partie, et le secteur intérieur commence à prendre petit à petit le dessus, entre contres d’un côté du parquet et rebonds offensifs de l’autre. Le senior Mangok Mathiang domine notamment sous le cercle en cette première partie de mi-temps, mais il doit sortir du terrain à cause de deux fautes commises. Et comme cela était prévisible, Louisville a du mal sans un point d’ancrage à l’intérieur.

La paire d’intérieurs de Michigan, D.J. Wilson et l’allemand Moritz Wagner, garde les siens au contact à quelques points de retard seulement (18-21). L’intensité est quelque peu retombée mais il faut attendre le poster-dunk monstrueux du sophomore de Louisville Deng Adel pour faire lever les foules à Indianapolis ! A partir de là, les dernières minutes avant la pause seront assez fun.

Moritz Wagner continue sa représentation, ramenant les Wolverines à égalité à 1min39 de la mi-temps, avant que Louisville réalise son spécial. Donovan Mitchell puis Deng Adel réussissent deux tirs à 3-points dans la foulée ; ce dernier ajoute deux lancers-francs dans les ultimes secondes (avec l’aide de quelques décisions arbitrales plus ou moins douteuses). Finalement, les Cardinals galèrent face à Michigan mais repartent aux vestiaires avec une avance de 8 points (36-28).

John Beilein continue de s’appuyer sur le match-up intéressant entre Moritz Wagner et Deng Adel. Ce one-on-one tourne logiquement à l’avantage du jeune ailier fort allemand, qui poursuit son récital tout en grace et en technique dans la peinture. Mais l’efficacité offensive et le retour de Mangok Mathiang permettent aux Cardinals de conserver un avantage quasi-identique (45-36). Cependant, en l’espace de deux minutes, le réveil de Zak Irvin et ses six points marqués ramènent Michigan à une possession de retard (46-49) avec 11min30 à l’horloge.

C’est à ce moment-là que le mano-a-mano débute entre les deux universités. Le retour de Michigan se précise et les Wolverines reprennent même la tête de la rencontre pour la première fois depuis 2-0 à moins de 9 minutes du buzzer final (55-53). Les hommes de John Beilein continuent leur forcing plus les minutes passent. La sensation du match, Moritz Wagner, et Derrick Walton enfilent chacun un tir longue distance afin de prendre une avance de 6 points (63-57) !

L’intérieur allemand est littéralement inarrêtable et se joue de la défense de Louisville si facilement, elle qui est pourtant si solide à l’habitude. Mangok Mathiang, Deng Adel et Donovan Mitchell gardent le bateau des Cardinals à flot, mais le retard pris au fil des minutes est difficile à rattraper. Les espoirs sont définitivement enterrés avec une réussite clutch de Derrick Walton à 30 secondes du terme, suivi par une fiche parfaite de D.J. Wilson sur la ligne des lancers-francs.

Michigan ne tremble pas, au contraire de Louisville, et se qualifie pour le Sweet Sixteen aux dépends des Cardinals (73-69). Le comeback mené en seconde mi-temps par la meilleure performance en carrière de Moritz Wagner permet ainsi aux Wolverines de prendre une revanche méritée.