Après une semaine assez light pour cause d’examens pour les étudiants-athlètes, ce samedi marquait la “renaissance” du basketball universitaire avec un programme très alléchant, et de bonne heure qui plus est.

Pour l’occasion, on sort cinq enseignements de la rencontre entre #6 Miami, qui se déplaçait à George Washington. Tout était réuni pour que ce soit un match piège (et qui le fut presque, petite victoire 59 à 50 des Hurricanes).

1. Miami est une équipe up-tempo, point.

Regarder Miami sur le terrain est un pur régal, clairement. Cela court dans tous les sens, cela joue up-tempo avec des athlètes à chaque position et cela fait même le spectacle. Et si vous laissez Miami dicter son tempo en attaque, vous allez passer une sale soirée.

George Washington a mis une période pour le comprendre. Aucune pression sur le porteur, des contres-attaques qui fusent sans la moindre adversité. Il faut dire aussi que le jeu en transition de “The U” est l’un, si ce n’est le meilleur du championnat. L’envie de partager le ballon est bien présente, ce qui est un grand plus dans ce genre de système.

Mais voilà cela se corse quand on passe sur l’attaque demi-terrain. Peu d’inspiration, du pick and roll à foison, c’est même assez limité à vrai dire.

George Washington revient dans le match grâce à ce manque, en limitant le jeu en transition de Miami. Il faudra être prêt pour la suite car on ne gagne pas un titre national en se limitant qu’à faire des picks and rolls et courir (fort heureusement…).

2. Il manque cruellement un intérieur dominant à Miami.

Alors oui, le sophomore Dewan Huell peut être cet intérieur dominant pour Miami. Mais il manque une autre présence physique à l’intérieur et Anthony Lawrence est bien loin des attentes.

George Washington termine le match avec 17 rebonds offensifs, ce qui est un chiffre assez hallucinant. Pourtant, GW n’est pas reconnu pour être une équipe qui possède un secteur intérieur dominant, loin de là. Mais juste avec du cœur, de l’envie, les intérieurs des Colonials ont gagné leur duel face à leur adversaire du soir.

C’est assez inquiétant pour la suite concernant Miami. Cela risque de devenir compliqué à gérer face à des équipes qui possèdent au moins un intérieur de talent. De plus, Dewan Huell n’est pas un grand défenseur, il sera souvent ciblé par l’adversaire et cela peut devenir catastrophique pour Miami.

Surtout que derrière, c’est un peu le désert mis à part le junior Ebuka Izundu, qui grappille du temps de jeu de temps en temps et qui est toujours aussi efficace malgré un temps de jeu limité.

3. George Washington est toujours aussi imprévisible à domicile.

Il y a deux saisons de cela, George Washington s’était fait un nom assez rapidement en battant Virginia. Un upset retentissant, à domicile, qui a provoqué quelques réactions assez épiques à l’époque.

Deux ans après, rien n’a changé.

La “petite” enceinte des Colonials est toujours aussi redoutable pour l’équipe qui s’y déplace. Une ambiance atypique, une équipe qui joue avec son coeur, poussé par un public à 300% derrière eux. Cela fait déplacer des montagnes. Et ce fut le cas sur ce match.

La première période a été calamiteuse pour les locaux avec seulement 15 points inscrits seulement, un spectacle bien loin des attentes. Et puis, une belle série défensive qui se traduit au tableau d’affichage dès la sortie des vestiaires, dans une ambiance dingue.

Résultat ? Un deuxième acte bien plus serré entre les deux formations, un peu entre le jour et la nuit.

Le public est un réel atout en basketball universitaire et ce match le prouve une nouvelle fois.

4. L’ajustement défensif en seconde période de George Washington.

Comme expliqué précédemment, George Washington n’y était pas défensivement en première période. Aucune pression sur le porteur, aucun repli ou alors à deux à l’heure, ce qui a permis à Miami de mettre en place son tempo assez rapide. Forcément, les visiteurs s’éclatent quand cela joue comme ça et les Colonials n’ont rien pu faire.

Mais dès le début du deuxième acte, on a vu une autre équipe de George Washington.

Déjà, dès le premier panier inscrit, Ils installent une “zone press” tout-terrain. Ce n’était pas forcément pour récupérer des ballons mais plus pour ralentir la remontée de balle. Cela a fonctionné admirablement sur les six premières minutes, ce qui permet aux locaux de revenir au score.

Dans le premier acte, la défense de zone de George Washington était une vaste blague. Miami arrivait à passer le premier rideau en deux dribbles, souvent en prenant le milieu. Or, c’est interdit lorsque l’on défend en zone, surtout avec les athlètes qu’il y a en basketball universitaire.

Le passage en 3-2, avec plus de dureté, a permis de stopper l’hémorragie, malgré quelques exploits individuels des joueurs de Miami. Un ajustement tactique qui permettra à George Washington d’espérer jusqu’à la fin à la victoire.

5. Lonnie Walker, ce vent de fraîcheur à Miami

Cela fait longtemps que je veux écrire sur Lonnie Walker.

Totalement sous-médiatisé dans cette promotion de freshmen, le prospect possède pourtant du talent plein les mains. Très athlétique, il est capable de se montrer sous d’autres facettes, notamment à mi-distance ou alors à trois points. Mais ce qui le caractérise le mieux, c’est son potentiel athlétique. Il est un formidable athlète.

Il est capable de porter son équipe à bout de bras, notamment sur son match face à Boston College où il termine à 26 points à 5/7 à trois points. Mais il connaît actuellement une baisse d’adresse.

Il faut dire aussi qu’il n’est pas l’option numéro une en attaque pour Miami, qui possède du talent sur les postes extérieurs. Cependant, il arrive à se rendre utile même s’il est sous-utilisé et c’est un grand avantage pour son équipe. Même quand il ne brille pas, Miami gagne.

En tout cas, le prospect est à suivre avec attention, et pas seulement à cause de sa coupe de cheveux.

Crédit photo : Eric Espada/Getty Images