North Carolina s'extirpe d'une finale gâchée par les fautes et un niveau de jeu en berne pour empocher le sixième titre national de son histoire face à Gonzaga.

Kris Jenkins a crucifié North Carolina l’année passée, mais cette fois-ci, il regardait le match depuis les tribunes et ne pouvait empêcher les Tar Heels de rencontrer leur destinée.

Bien que la finale n’ait pas été un modèle du genre, ralentie si ce n’est altérée par les fautes sifflées en cascade (à tort ou à raison) par les arbitres, les deux équipes entrainent dans les derniers minutes au coude à coude. Nigel Williams-Goss contre Justin Jackson.

Mais le destin a décidé de prendre parti en faveur de l’ailier de North Carolina.

Le meneur de jeu de Gonzaga, héroïque pendant tout le Final Four, se tord la cheville à l’entame de la dernière minute alors mené d’un seul point (65-66). Isaiah Hicks réussit un lay-up sur l’action suivante pour mettre la pression sur les épaules de son adversaire. Nigel Williams-Goss tente par la suite un tir désespéré à 20 secondes du buzzer. Le ballon retombe dans les mains des Tar Heels et en contre-attaque, Justin Jackson scelle la victoire par un dunk ravageur.

North Carolina remporte de cette manière le National Championship Game sur le score final de 71 à 65 et empoche le sixième titre national de l’histoire de l’université ! Le head coach des Tar Heels, Roy Williams, rentre également dans la légende avec son troisième titre national, dépassant par la même occasion son mentor Dean Smith.

Joel Berry II (22 points à 7/19, 4/13 à 3-point) et Justin Jackson (16 points à 6/19, 0/9 à 3-point) ont porté North Carolina à la victoire malgré une adresse en berne, syndrome ayant touché tous les joueurs, sans exception, présents sur la parquet. Isaiah Hicks s’est réveillé au bon moment lors des dernières minutes (13 points) tandis que Kennedy Meeks (7 points, 10 rebonds) a joué un rôle crucial dans la pénombre, limitant énormément l’impact des joueurs adverses.

En effet, Przemek Karnowski a connu une rencontre catastrophique (9 points à 1/8, 9 rebonds, 4 turnovers) et peut se mordre les doigts d’avoir manqué un nombre incalculable d’opportunités à quelques mètres du panier. Zach Collins réalisait une nouvelle fois un bon boulot en sortie de banc (9 points, 7 rebonds, 3 contres) mais il a été forcé de quitter les siens définitivement pour 5 fautes très rapidement en seconde période. Notre français Killian Tillie a de ce fait obtenu beaucoup de temps de jeu, qu’il n’est pas arrivé à convertir en points significatifs (1 point, 9 rebonds).

Il ne restait plus que Nigel Williams-Goss afin de porter les “Zags”. Il noircit la feuille et semblait en bonne position pour jouer le héros (15 points à 5/17, 9 rebonds, 6 passes) ; malheureusement, ce n’était pas son meilleur jour. Il vendange quelques possessions cruciales et se blesse en fin de match.

Comme un symbole de la finale de Gonzaga.

Entre fautes en pagaille et manque d’adresse

D’entrée de jeu, North Carolina apparait en meilleure forme, mais il faut dire que la précision aux tirs est restée aux vestiaires des deux côtés. Ces quelques instants de flottement laisse rapidement place à ce que l’on pouvait attendre de la rencontre : une bataille de charcutiers dans la peinture.

Gonzaga crée le premier écart au moment où Nigel Williams-Goss commence à se chauffer avec le départ sur le banc de Theo Pinson, qui était en défense sur lui jusque là. Deux paniers et une réussite à 3-point de Josh Perkins plus tard, notamment, les Bulldogs prennent le large au bout de 10 minutes de jeu (21-14).

Bien que North Carolina manque cruellement de précision et de vista en attaque, la défense des Tar Heels limite très bien l’impact des “Zags” dans la peinture. Przemek Karnowski est très bien pris en tenaille par Kennedy Meeks et ne peut dérouler son jeu, au contraire de Josh Perkins. L’ailier connait une partie totalement différente de celle du Final Four et repousse l’escouade de Roy Williams de nouveau à 7 points (28-21) avec une troisième réussite à 3-point !

Mais les pensionnaires de la WCC manquent une belle opportunité d’enfoncer leur adversaire du soir. North Carolina revient petit à petit au contact grâce à une flopée de lancers-francs (plus ou moins mérités) et ne mène que de 3 unités à la pause, 35 à 32, alors que l’écart aurait pu être plus conséquent.

Turnover, turnover, contre et airball.

Le résumé de la première minute de jeu cauchemardesque des Bulldogs. Et comme si cela ne pouvait être pire, Zach Collins commet une troisième faute d’entrée de seconde période. Les Tar Heels n’en demandaient pas tant et prennent l’avantage (40-35) grâce aux erreurs en pagaille des “Zags” en l’espace de trois minutes.

Et puis, les arbitres ont décidé de mettre la main sur le match. Fautes incompréhensibles sifflées dans tous les sens et surtout, une quatrième faute fantomatique à l’encontre de Zach Collins qui change complètement la face de la partie.

North Carolina continue sa course en tête (47-46) à 11 minutes du buzzer, mais cela ne se remarque pas réellement sur le parquet tant le spectacle proposé est saccadé par les fautes incessantes et un niveau de jeu peu attirant. Le tempo du match, s’il y en avait un au préalable, est passé directement par la fenêtre.

Gonzaga est écrasé par les fautes et n’a pas marqué un field goal pendant plus de 8 minutes de jeu. Pourtant, de nulle part, Nigel Williams-Goss donne l’avantage aux “Zags” sur une panier longue distance à 4 minutes du terme de cette finale ! Ce petit plaisir ne sera que de courte durée puisque dans la foulée, Joel Berry II, possiblement le meilleur joueur de cette partie malgré deux chevilles douloureuses, répond à son adversaire avec lui-aussi une réussite à 3-points (62-60) !

Nigel Williams-Goss prend les choses en main et tracte littéralement son équipe en avant. En face, Justin Jackson s’occupe de répondre au meneur des Bulldogs et un cheveu sépare les deux équipes à 1min30 du buzzer, toujours à la faveur des Tar Heels (66-65). Et puis, Isaiah Hicks crée un premier break avec un lay-up réussi à 20 secondes de la fin.

Et puis Justin Jackson referme le couvercle quelques instants plus tard sur une contre-attaque terminée par un dunk ravageur, à la suite d’un tir manqué par Nigel Williams-Goss, qui a voulu jouer le rôle de sauveur avec une cheville blessée sur l’action précédente.

Un dunk représentatif de tous les maux connus par North Carolina depuis la cruelle défaite en finale contre Villanova l’an dernier. Aujourd’hui, les Tar Heels ont pris leur revanche et deviennent champions nationaux au nez et à la barbe de Gonzaga, sur le score de 71 à 65 !